Genre : Comédie dramatique

Pâques sanglantes : entre tragédie antique et western conventionnel

Le cinéma néo-réaliste de Giuseppe de Santis exalte la choralité et le lien cosmique entre les paysages ruraux du Latium et leur population vivant en complète autarcie et dans un enracinement profond à une terre inhospitalière. D’amples travellings et mouvements d’appareil à la grue assument cette transition entre le décor naturel agreste et les protagonistes en proie à des luttes intestines ou des rixes claniques. Dernier volet de la trilogie paysanne de Giuseppe de Santis, Pâques sanglantes est une tragédie grecque au dénouement cathartique. Relecture ..

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Riz amer : noirceur paysanne et sex-appeal hollywoodien

Dans un mélange des genres, « Riz amer » offre une plongée documentaire sur la condition sociale des mondines, cette corporation d’ouvrières agricoles saisonnières exploitées de la plaine du Pô. Scénariste sur le tout premier opus néo-réaliste: Les amants maudits (Ossessione-1943) de Luchino Visconti, Giuseppe de Santis plante le décor sur fond de rizières tout en composant avec le réalisme soviétique et les recettes du film noir américain. Rembobinage et sociologie de ce film phare…

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Stalag 17. Sortie DVD/ Blu Ray chez Rimini Editions

Plus qu’un film de guerre (puisque l’action se passe dans un camp de prisonniers de guerre en Autriche fin 1944), Stalag 17 est une comédie à suspense, la question étant de démasquer un mouchard qui, dans une baraque d’Américains, travaille pour les geôliers nazis. Le coupable ne sera pas forcément celui que tout paraissait désigner, mais au contraire le moins soupçonnable des détenus. Nouvel opus très brillant de Billy Wilder.

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La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

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Le fleuve de la mort : une vendetta mexicaine

Dans ce film de commande de « derrière les fagots », Luis Bunuel revisite, pour mieux les exorciser, les rancunes ancestrales qu’assouvissent deux clans familiaux, ennemis irréductibles, dans un village mexicain arriéré. Par-delà la morale éthique sous-jacente qui consacre l’éducation comme le meilleur remède à l’ignorance et l’illettrisme, le cinéaste interroge la religiosité de la mort.

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Seijun Suzuki, chantre de l’ultra violence parodique

Dans le Japon de l’expansion économique fulgurante des années 60, Seijun Suzuki fait figure de rebelle iconoclaste incompris. Sous contrat depuis 1956 avec la plus vieille major japonaise , la Nikkatsu, il réalise une 40aine de films avant d’ être écarté en 1968. S’ensuit un procès au long cours qu’il finira par gagner en 1976. Entre 1963 et 1967, il pourfend le mythe traditionnel du yakuza au gré d’ une série de films avant-gardistes du genre « pulp ». Il y insuffle une veine originale corrosive, volontiers disruptive voire destructive par endroits. Il déconstruit les codes à la frontière de la vie et de la mort dans ce microcosme de dérision que compose le milieu réactionnaire des yakuzas. Immersion dans 4 de ses réussites les plus marquantes..

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Ginza cosmetics ou quand une femme refuse de monter l’escalier

« Ginza cosmetics » dépeint les tribulations d’une quarantenaire esseulée, geisha flanquée de son rejeton dans l’après-guerre, qui a du mal à joindre les deux bouts et doit composer avec son quotidien dans le quartier commerçant tokyoïte de Ginza en pleine reconstruction. Mikio Naruse signe là une tranche de vie tout en retenue émotionnelle qui est un reflet fidèle, méticuleux de raffinement sentimental et quasi documentaire, de l’ethnicité japonaise comme art de vivre. Inédit et incontournable …

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Les filles de Sumitra Peries: aspirations contrariées au féminin

Pionnière du cinéma srilankais, Sumitra Peries livre avec Les Filles une première oeuvre initiatique d’une intense et magistrale sensibilité féminine. Dans un lyrisme sans frein des images et une aura de pessimisme , la cinéaste interroge la frustration et le cheminement et renoncement d’apprentissage de la vie de sa jeune héroïne rurale Kusum . Infériorisée par une extraction sociale modeste, elle renoncera à s’émanciper du joug patriarcal rigide. Un pur joyau exhumé et restauré « in extremis » à partir de nitrates soumis autrement à la détérioration inexorable du temps. Autopsie d’un petit chef d’oeuvre intimiste..

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Le destin : « bûcher des vanités »

Le Destin est un biopic allégorique dont l’argument évoque une tranche de vie du philosophe, juriste, théologien et médecin Averroès au XIIéme siècle. Youssef Chahine se fait conteur et fabuliste dans un genre cinématographique didactique où il excelle à recréer une mémoire historique par le divertissement « kitsch » en utilisant les ressorts d’un spectacle populaire agréable et poétique. Décryptage de ce « brûlot  » qui dénonce toute intolérance religieuse..

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Diamanti

Hommage aux femmes, aux actrices, au cinéma et à la haute-couture, ce film est un bijou froufroutant et mélancolique.

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Le Cid : l’envers du décor pharamineux

Le Cid est à (re)voir comme l’une des dernières superproductions épiques à grand spectacle qu’il est et non pour sa stricte conformité à une véracité historique. Les décors extérieurs sont de toute beauté déployant des paysages à couper le souffle à même enseigne que les décors intérieurs exquisément enluminés et les costumes rutilants et chatoyants; le tout dénotant indéniablement d’un souci extrême de la reconstitution flamboyante . On peut déplorer certains anachronismes et enjambements et un casting qui détonne par endroits. L’occasion de se pencher sur le revers de la légende et l’envers du décor..

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Le quai des brumes ou « la grande désillusion »

Au qualificatif de « réalisme poétique » que la critique accola un peu trop complaisamment pour son goût à ses films, Marcel Carné préférait la notion de « fantastique social » emprunté à l’oeuvre forgée par Pierre Mac Orlan entre expressionnisme allemand et surréalisme français dont Jacques Prévert et lui-même adaptent librement  » Le quai des brumes » en 1938. Y est dépeinte une atmosphère viciée de grisaille et de spleen, avant coureuse d’une guerre latente. L’oeuvre rencontra des déboires avec la censure. Leur collaboration fructueuse mènera ce pessimisme foncier à son aboutissement l’année suivante dans « Le jour se lève ». Relecture..

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L’étrange obsession: l’emprise du désir inassouvi

« L’étrange obsession » autopsie sans concessions et de manière incisive, comme au scalpel ,la vanité et le narcissisme à travers l’obsession sexuelle et la quête vaine de jouvence éternelle d’un homme vieillissant, impuissant à satisfaire sa jeune épouse. En adaptant librement l’écrivain licencieux Junichiro Tanizaki, Kon Ichikawa signe une nouvelle « écranisation » littéraire dans un cinémascope aux tons de pastel qui navigue ingénieusement entre comédie noire provocatrice, farce macabre et thriller psychologique hitchcockien. Analyse quasi freudienne d’un cas de dépendance morbide à la sensualité..

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Les derniers jours de Mussolini: un baroud du déshonneur

« Les derniers jours de Mussolini » adopte la forme d’un docudrame ou docufiction pour, semble-t-il, mieux appréhender un imbroglio et une conjonction de faits complexes à élucider au gré de thèses contradictoires encore âprement discutées par l’exégèse historique et les historiographes. Dans quelles circonstances Benito Mussolini a-t-il été capturé pour être ensuite exécuté sommairement avec sa maîtresse Clara Petacci avant que leurs dépouilles mortelles et celles de dignitaires fascistes ne soient exhibées à la vindicte populaire et mutilées en place publique ? Le film-enquête suit pas à pas la traque inexorable d’un tyran déchu, lâché par ses anciens affidés, refusant la reddition sans conditions et acculé à une fuite en avant pathétique autant que désespérée. Rembobinage…

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Une journée particulière (Ressortie)

Une journée particulière opère la fusion parfaite entre drame existentiel, critique sociale et reconstruction historique. En mémorialiste désabusé qui porte un regard humaniste sur son pays, Ettore Scola laisse libre cours à sa mélancolie et son proverbial « pessimisme gai » qui sait admirablement inscrire la petite histoire dans la grande. Le cinéaste offre un film réduit à sa plus simple expression, dépouillé de tous ses oripeaux sinon ceux, omniprésents, des régimes fascistes et nazis unifiés pour l’occasion. Relecture ..

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Cycle Yasuzo Masumura : entre érotisme transgressif et esthétisme expressionniste

Dans la constellation des cinéastes japonais de la génération de l’après-guerre, Yasuzo Masumura est une figure transgressive à l’esthétisme remarquable . Au plus fort de cette mouvance avant-gardiste que représenta rétrospectivement la nouvelle vague japonaise, il tranche par une forme d’extravagance et d’affranchissement aux codes revendiqués. Entre le radicalisme progressiste de Nagisha Oshima, l’onirisme et l’émotion esthétique de Kon Ichikawa, l’univers psychanalytique de Shohei Imamura ,le cinéma de Masumura est intimement féministe, introspectif et expressionniste dans le même temps. Zoom…

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