Moi, Abou T, migrant, PD, menacé de mort

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Le nouveau film de Rémi Lange, seulement en DVD, fait froid dans le dos et fait sourire cependant…

Dystopie déjantée

Avec son nouveau film, Rémi Lange aborde cette fois la dystopie mais sur un mode léger, quasi burlesque, une néo-pagnolade puisque le film se déroule à Marseille juste après que l’extrême droite, en raison sans doute de l’inanité de la gauche depuis vingt ans en France, est arrivée au pouvoir et traque le moindre migrant. La ville portuaire en héberge quand même quelques-uns, notamment Abou, homosexuel et noir de surcroît, d’une grande douceur et habité d’une sorte de fatalisme africain. Il rencontre dans son drame plusieurs personnes souvent très empathiques, ou d’autres qui le sont moins. On lui conseille d’aller dormir dans les calanques pour ne pas se faire repérer par la milice mais il est finalement obligé de passer sous les fourches caudines de l’administration et se faire héberger par des bénévoles estampillés pour pouvoir être certifié « bon » migrant prêt à être intégré. La musique de Vivaldi que Pier Paolo Pasolini avait choisie pour Mamma Roma retentit dans le film de Lange et lui apporte un plus spiritualiste qui semble voulu.

 

Des acteurs récurrents

On reconnaît la petite troupe d’acteurs qui habite ses films depuis qu’il habite Marseille et qui leur confère un petit air de famille à la Guédiguian. Réalisé avec trois francs six sous, le film réussit à donner vie au drame que vivent les migrants depuis des décennies en Europe, et propose une analyse du phénomène de l’extrême droite qui a été utilisée et usée par tous les gouvernements pour continuer à faire n’importe quoi. Remi Lange fait froid dans le dos, en même temps qu’il nous amuse car les situations sont souvent soit volontairement caricaturales, comme la séquence qui se passe chez l’homme d’extrême droite qui prend en otage certains migrants pour les tuer, jusqu’à la petite grand-mère qui profite de la situation (c’est la même actrice et dans le même genre de rôle que dans son film précédent, Renaître en 2025) en passant par cet hébergeur qui se fait passer pour handicapé afin d’esclavagiser le jeune Abou que les autorités lui ont confié pour le mettre aux normes. Bref, un portrait de l’humanité pas très reluisant avec une fin surprenante que j’ai promis bien sûr de ne pas spoiler. Le tout en DVD à commander sur Amazon par exemple, au prix de 20,00 euros.

Description du DVD

En 2029, l’Europe est sous domination de régimes d’extrême droite. En France, le Parti National vient d’accéder au pouvoir. L’homosexualité est criminalisée partout en Europe, sauf en France. Abou, migrant gay, arrive à Marseille pour demander l’asile. Livré à la rue, il subit la violence de la précarité. Lorsqu’il parvient enfin à contacter la seule association autorisée par le régime à aider les migrants, il se heurte à une réalité brutale ; un parcours administratif presque inaccessible et humiliant, révélateur de la dérive autoritaire du pays… « Chose rare dans le cinéma français, ce onzième long métrage de Rémi Lange s’impose comme un cauchemar dystopique implacable et nécessaire, qui fait écho à la montée des extrêmes droites dans le monde et vous poursuit longtemps après la projection. » (Bernard Sikolowski / cinemakontemporain.blogspot.com).

Bonus : débat après la première projection du film au Festival « Écrans Mixtes 2026 » (en présence de Rémi lange, Abou Doumbia, Manuel Blanc, Laurent Borel) + critique du film.

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Durée : 98 mn


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