Catégorie : Actualités

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..

Zoulou (Coffret : Blu Ray + Livre 80 pages sortie RIMINI EDITIONS).

Le réalisateur américain Cy Endfield), exilé en Grande-Bretagne suite à la « chasse aux sorcières » au temps du maccarthysme, a réalisé avec Zoulou un film de guerre rare et d’une réelle valeur artistique, avec Michael Caine qui y a trouvé son premier grand rôle, même si l’on peut s’interroger sur l’absence de discours réellement critique sur l’impérialisme et le colonialisme européen à la fin du XIXe siècle.

L’Entente. La face cachée d’Alexandrie

Dans une Egypte rarement montrée ainsi, industrielle et polluée, corrompue et minée par le trafic de drogue, Mohamad Rashad développe une belle histoire d’amour entre deux demi-frères, sublimée par la photographie et des décors très photogéniques, et soutenue discrètement par la sombre musique de Tony Overwater.

Le fleuve de la mort : une vendetta mexicaine

Dans ce film de commande de « derrière les fagots », Luis Bunuel revisite, pour mieux les exorciser, les rancunes ancestrales qu’assouvissent deux clans familiaux, ennemis irréductibles, dans un village mexicain arriéré. Par-delà la morale éthique sous-jacente qui consacre l’éducation comme le meilleur remède à l’ignorance et l’illettrisme, le cinéaste interroge la religiosité de la mort.

Ginza cosmetics ou quand une femme refuse de monter l’escalier

« Ginza cosmetics » dépeint les tribulations d’une quarantenaire esseulée, geisha flanquée de son rejeton dans l’après-guerre, qui a du mal à joindre les deux bouts et doit composer avec son quotidien dans le quartier commerçant tokyoïte de Ginza en pleine reconstruction. Mikio Naruse signe là une tranche de vie tout en retenue émotionnelle qui est un reflet fidèle, méticuleux de raffinement sentimental et quasi documentaire, de l’ethnicité japonaise comme art de vivre. Inédit et incontournable …

Sur le sentier

Sur le sentier de randonnée GR 34 près de Saint-Malo, un vieil astrophysicien resté adolescent de coeur revient dans la petite maison de vacances où cinquante ans plus tôt il avait rencontré Marie, son premier amour. Mais que reste-t-il de nos amours ? Aragon l’a écrit : « Est-ce ainsi que les hommes vivent, et leurs baisers au loin les suivent… »

Les Rayons et les Ombres

Le film entend retracer la trajectoire de deux amis : le journaliste Jean Luchaire (et sa fille Corinne) et Otto Abetz, devenu en 1940 ambassadeur d’Hitler à Paris. C’est une plongée dans la déchéance, à laquelle le réalisateur Xavier Giannoli tente en vain de trouver quelque chose qui ressemblerait à des circonstances atténuantes.

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