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Catégorie : Chroniques

La vie criminelle d’Archibald de la Cruz

La période mexicaine de Luis Bunuel, cinéaste expatrié, contient en germe les obsessions qui irriguent l’intégralité de ses films. L’occasion de réévaluer la vie criminelle d’archibald de la Cruz à l’aune de sa restauration. Tragi-comédie triviale de la frustration à mi-chemin entre cruauté primitive et urbanité patricienne, l’œuvre, mésestimée, procure un frisson d’horreur mêlé de volupté coupable. En version restaurée…

La Règle du jeu

Violemment controversée lors de sa première sortie en juillet 1939, « La règle du jeu » est une comédie des manières autour de riches mondains et leurs serviteurs. Aussi, une pochade visionnaire, entre amusement et cynisme, magnifiée par ses trouvailles
visuelles. En grattant le vernis aristocratique sourd un désespoir écrasant et un hédonisme coupable que l’œil roublard de Jean Renoir décrit avec une compassion manifeste envers ses personnages sur le déclin. Un must en version restaurée…

Les onze Fioretti de Saint François d’Assise

A notre époque où tout est désacralisé, (re) voir « les onze fioretti de St François d’Assise » produit un effet revigorant, quasi cathartique,pour l’esprit. En quelques saynètes panthéistes dans un paysage moralisé, Rossellini brosse le tableau naïvement évangélique de la geste de St François et sa fraternité pour atteindre au sublime. En version restaurée 4K…

La nuit des femmes

« La nuit des femmes », quatrième film de Kinuyo Tanaka, renvoie dans son inversion syntaxique aux “Femmes de la nuit”(1948) de Kenji Mizoguchi dont la description de la noirceur de la condition sociale d’une frange de prostituées était poussée à l’extrême dans un Japon alors défait et hébété par les séquelles mortifères de l’immédiat après-guerre.

Lettre d’amour

« Lettre d’amour » inaugure chronologiquement un cycle inédit de six films réalisés entre 1953 et 1962 par Kinuyo Tanaka, icône légendaire de l’âge d’or du cinéma japonais par ailleurs. Il y est question de la difficile réinsertion des veuves de guerre dans le Japon de l’immédiat après-guerre.

Chronique d’un amour

Premier long métrage de fiction de Michelangelo Antonioni, « Chronique d’un amour » renaît littéralement de ses cendres tel le phénix ; le négatif original ayant été détruit dans un incendie. Film mythique et embryonnaire, il amorce le thème essentiel de la
geste antonionienne : l’ennui engendré par l’inaptitude au bonheur. En version restaurée.

Le Désert rouge

Avec “Le désert rouge”, Michelangelo Antonioni décrit le symptôme d’un monde en mutation à travers l’aliénation de Giuliana, femme au bord de la crise de nerfs, qui ne l’appréhende plus que par le prisme des couleurs d’une névrose compulsive autant qu’obsessionnelle. Un premier opus en couleurs superbement remasterisées dans sa version restaurée 4K.

Le mari de la femme à barbe

Le mauvais goût affiché est le révélateur des noirceurs humaines semble nous dire en substance Marco Ferreri dans ce pamphlet sulfureux où il impose une vision d’intense émotion dans la soumission excessive de Maria, la femme à barbe, devenue un phénomène de foire par la cupidité de son dresseur de mari. Un film-évènement en version restaurée 4K.

Le Messager

Il faut courir revoir “Le Messager” qui retrace somptueusement la trajectoire initiatique du jeune Leo Colston tiraillé dans l’Angleterre victorienne et sa perte d’innocence par l’apprentissage prématuré des interdits de l’âge adulte. En version restaurée 4K.

Le lit conjugal

« Le lit conjugal » est une farce grinçante sur le contrat matrimonial dans l’Italie du “miracle économique”. Marco Ferreri, déjà licencieux mais encore dans les prémices de ses provocations iconoclastes à venir, moque la bigoterie ambiante qui participe de la vie maritale d’un couple issu de la petite-bourgeoisie romaine. En version restaurée 4K.

5 films de Roberto Gavaldon

Au coeur de l’oeuvre filmographique de Roberto Gavaldon se bousculent les obsessions extravagantes et les désirs obnubilés de ses protagonistes dans l’expression d’un kitsch ébouriffant porté à l’incandescence d’une flamboyance mélodramatique. “Les films du Camélia” nous offre l’opportunité de nous projeter dans son univers post-expressionniste à l’occasion du mini-cycle que ce distributeur lui consacre.

Derniers Chrysanthèmes

« Derniers chrysanthèmes » fait implicitement allusion à la floraison tardive dans son épanouissement qui se fane avec le temps selon un processus irréversible d’étiolement. La métaphore porte ici sur une communauté d’anciennes geishas qui ne sont plus dans “la fleur de l’âge”; ravivant leurs nostalgies dans le Tokyo désenchanté d’après-guerre. Aperçu…

A l’approche de l’automne

« A l’approche de l’Automne » est une oeuvre singulière dans la production narusienne, l’échappée initiatique d’un jeune provincial obligé d’en découdre avec le monde cruel des adultes sur la toile de fond de l’urbanisation galopante de Tokyo. Inédit en version restaurée 4K.

Falbalas

Dans « Falbalas », Jacques Becker sonde un microcosme en marge, celui de la haute-couture au coeur du Paris frivole de l’Occupation. Ce milieu évolue dans le factice, l’artificialité, l’imaginaire fétichiste. Son protagoniste principal, forge “de toutes pièces” ce rêve insensé d’idéal féminin et brûle sa vie à ses créations comme autant de conquêtes insatisfaites qu’il laissera derrière lui. Ressortie en version restaurée 4K.

Le ciel est à vous

Cinéaste du prolétariat urbain avec sa conscience de classe, Jean Grémillon s’identifie à son public qui lui-même se personnifie dans les acteurs populaires. Le peuple devient le seul acteur porté par un même élan. Son oeuvre est parcourue par l’exercice d’un tragique quotidien où le drame personnel côtoie la grandeur surhumaine des événements. Focus sur la ressortie 4K du “Ciel est à vous”.

La Chasse à l’homme

Ciné-Sorbonne ressort en version remastérisée 4K un petit brûlot anti-nazi qui, bien que circonstanciel et de plain-pied avec les événements de la seconde guerre mondiale, résiste à l’épreuve du temps. Relecture…

La lune s’est levée

Sur les brisées du maître minimaliste Yasujiro Ozu, “la lune s’est levée” est une intéressante déclinaison féministe d’ un microcosme familial déjà balisé. Dans les limites qu’elle se fixe avec une sincère humilité, Kinuyo Tanaka, icône du cinéma japonais d’auteur, parvient à nous rendre perceptibles les passions exacerbées de ces femmes à marier de l’après-guerre. Inédit en version restaurée 4K.

La vengeance d’un acteur

C’est la figure du double qu’interroge Kon Ichikawa dans ce remake éblouissant d’un film de Teinosuke Kinugasa de 1935. A la théâtralité empesée et hiératique du kabuki, le cinéaste répond par une virtuosité cinématographique sans égale. A la tradition sur le déclin répond la modernité flamboyante. Inédit dans sa version restaurée 4K.

Une vie difficile

Avant “Nous nous sommes tant aimés” de Ettore Scola dans une oeuvre chorale, “Une vie difficile” cristallise le destin d’un personnage déphasé, victime de ses idéaux d’opposition dans l’Italie de l’immédiat après-guerre et du boom économique. Dino Risi signe ici une comédie à l’italienne inoubliable à la fois corrosive et attachante.

I vitelloni

Dans “i Vitelloni” s’affirme le penchant fellinien prononcé pour le grotesque et la veulerie attendrissante de cette clique provinciale hybride de “bouvillons” ou de “grands veaux” qui vêlent encore sous la mère ; occupés qu’ils sont à regarder passer le train de l’existence qu’ils se refusent résolument de prendre à une exception. A redécouvrir d’urgence…

La mère

“La mère” est un mélo qui tient jusqu’au bout la gageure de ne pas verser dans le larmoyant par les notations drolatiques qui émaillent ses épisodes agencés comme autant de “haikus”, ces poèmes insignifiants à la forme brève. Mikio Naruse rejoint Yasujiro Ozu dans la sobriété d’un récit édifiant. Emouvant en version restaurée.

La Fille à la valise

Il faut courir revoir “La fille à la valise” pour son noir et blanc somptueux et ses clairs-obscurs caravagesques qui sculptent les corps et les regards. Cinéaste du spleen existentiel, Valerio Zurlini allie la rétention des sentiments à l’intimisme psychologique de ses protagonistes. Le must incontournable de cette réouverture des salles.

Les Lézards

Prolongement moderne des “petits veaux” (Vitelloni) de Federico Fellini, “i basilischi”, ces petits rois fainéants ou “lézards”, nous transportent dans l’Italie profonde du sud où le temps s’est suspendu comme le christ s’est arrêté à Eboli. Film-découverte.

Le Magicien d’Oz

Sorti au début de la seconde guerre mondiale, « Le Magicien d’Oz » demeure encore aujourd’hui l’une des incarnations de la fabrique à rêves américaine de cette époque.

Providence

Avec “Providence”, Alain Resnais convoque un onirisme hallucinatoire, celui d’un vieil écrivain épicurien taraudé par la maladie dans une comédie grinçante sur fond de dystopie.

Rêves

« Rêves » est un condensé d’aberrations et de chimères que se forge Akira Kurosawa au tournant crépusculaire de sa carrière. Ces projections visuelles, tour à tour agitées et apaisées, viennent assaillir sa mémoire résiliente.

Hiroshima

Avec son réalisme cru, « Hiroshima » recrée les conditions du largage de la première bombe atomique à l’instant “t” et le chaos schizophrénique qui s’ensuivit l’instant d’après. Il exhibe les stigmates de la radioactivité comme une plaie béante impossible à refermer. Film-évènement.

Qui a tué le chat?

Après “l’argent de la vieille”(1972) et avant “le grand embouteillage”(1979), Luigi Comencini se commet dans une satire implacable qui vise à débrouiller l’écheveau des travers de la société de son temps. Sous le vernis de la farce à l’absurde déjanté s’écaille une vision lucide et décomplexée. Décapant.

Casanova, un adolescent à Venise

“Casanova, un adolescent à Venise” dépeint une tranche de la vie picaresque de l’auteur-mémorialiste libertin de “Histoire d’une vie”, Giacomo Casanova. Cinéaste de “l’innocence perdue”, Comencini s’inspire des tableaux de genre du peintre vénitien Pietro Longhi pour leur insuffler le mouvement comme autant de saynètes croquant les moeurs dissolues de l’aristocratie de la république vénitienne au siècle des lumières le tout somptueusement enchâssé sur la toile de fond en trompe-l’œil de la lagune.

Où est la liberté?

Tamasa distribue en digipack blu-ray/dvd la seule comédie néo-réaliste italienne signée Rossellini sortie en France en 1961 et peu vue depuis : “Où est la liberté ?”. Une curiosité au burlesque tragi-comique…

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