Note : 4 étoiles

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

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Drunken noodles

Drôle de drame mêlant l’art, la tapisserie et l’homosexualité dans un New York presque campagnard…

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Le fleuve de la mort : une vendetta mexicaine

Dans ce film de commande de « derrière les fagots », Luis Bunuel revisite, pour mieux les exorciser, les rancunes ancestrales qu’assouvissent deux clans familiaux, ennemis irréductibles, dans un village mexicain arriéré. Par-delà la morale éthique sous-jacente qui consacre l’éducation comme le meilleur remède à l’ignorance et l’illettrisme, le cinéaste interroge la religiosité de la mort.

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Seijun Suzuki, chantre de l’ultra violence parodique

Dans le Japon de l’expansion économique fulgurante des années 60, Seijun Suzuki fait figure de rebelle iconoclaste incompris. Sous contrat depuis 1956 avec la plus vieille major japonaise , la Nikkatsu, il réalise une 40aine de films avant d’ être écarté en 1968. S’ensuit un procès au long cours qu’il finira par gagner en 1976. Entre 1963 et 1967, il pourfend le mythe traditionnel du yakuza au gré d’ une série de films avant-gardistes du genre « pulp ». Il y insuffle une veine originale corrosive, volontiers disruptive voire destructive par endroits. Il déconstruit les codes à la frontière de la vie et de la mort dans ce microcosme de dérision que compose le milieu réactionnaire des yakuzas. Immersion dans 4 de ses réussites les plus marquantes..

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Yellow Letters

Comme avec « La salle des profs », İlker Çatak décortique la politique et nos sociétés de plus en plus liberticides.

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The cruise : travelogue circulaire dans Manhattan

A l’image du travelling circulaire à 360 ° qui serait le leitmotiv de l’étourdissement rhétorique de Timothy « Speed » Levitch, guide touristique déjanté pour sa ville de New York, The cruise est un travelogue, un circuit itinérant, un carnet d’impressions prises sur le vif de la « grosse pomme ». C’est avant tout un exercice de style documentaire à la caméra numérique à l’épaule de Bennett Miller qui restitue l’attraction-répulsion exercée par « la ville qui ne dort jamais » dans un noir et blanc granuleux gonflé en 35 mm. Suivons le guide dans sa virée inspirante..

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La famille Homolka ou le quotidien ordinaire comme source d’aliénation

Puissants marqueurs de leur époque sous la chape d’airain du joug militaire soviétique, les cinéastes de la » jeune vague tchécoslovaque » affirment une contre-culture avant-gardiste à l’éclosion du Printemps de Prague (5 janvier 1968 -21 août 1968). Jaroslav Papousek, surtout connu pour avoir été le scénariste de Milos Forman et Ivan Passer, restitue, dans une trilogie populaire, le quotidien comme source d’aliénation d’une famille tchèque ordinaire : la famille Homolka . A travers ce microcosme de la société tchécoslovaque, il matérialise l’échec de l’espoir réformateur. Analyse..

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Le destin : « bûcher des vanités »

Le Destin est un biopic allégorique dont l’argument évoque une tranche de vie du philosophe, juriste, théologien et médecin Averroès au XIIéme siècle. Youssef Chahine se fait conteur et fabuliste dans un genre cinématographique didactique où il excelle à recréer une mémoire historique par le divertissement « kitsch » en utilisant les ressorts d’un spectacle populaire agréable et poétique. Décryptage de ce « brûlot  » qui dénonce toute intolérance religieuse..

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The Mastermind

Toujours surprenante, Kelly Reichardt nous plonge avec nonchalance et nostalgie dans un film de casse d’une réelle ampleur.

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Miroirs no 3

Avec un art subtil, accompagné par la merveilleuse musique de Ravel qui donne son nom au film, Miroirs no 3 montre la rencontre de deux femmes désespérées, qui va les mener toutes deux sur le chemin de la rédemption. C’est un nouveau grand film du réalisateur Christian Petzold.

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Diamanti

Hommage aux femmes, aux actrices, au cinéma et à la haute-couture, ce film est un bijou froufroutant et mélancolique.

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Feux dans la plaine : dans l’enfer de la jungle philippine

Feux dans la plaine retrace un épisode dantesque des ultimes soubresauts des forces japonaises exsangues sur le territoire philippin en prélude à l’humiliante capitulation sans condition de 1945. Sombre et sublime à la fois, l’oeuvre graphique est farouchement antimilitariste. D’une crudité hallucinante, son hyperréalisme suinte la désespérance humaine et le défaitisme. La déshumanisation est extrême qui illustre magistralement l’agonie de ces bataillons décharnés sur fond de paysages apocalyptiques à travers l’itinéraire macabre d’un troupier halluciné.

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Le Cid : l’envers du décor pharamineux

Le Cid est à (re)voir comme l’une des dernières superproductions épiques à grand spectacle qu’il est et non pour sa stricte conformité à une véracité historique. Les décors extérieurs sont de toute beauté déployant des paysages à couper le souffle à même enseigne que les décors intérieurs exquisément enluminés et les costumes rutilants et chatoyants; le tout dénotant indéniablement d’un souci extrême de la reconstitution flamboyante . On peut déplorer certains anachronismes et enjambements et un casting qui détonne par endroits. L’occasion de se pencher sur le revers de la légende et l’envers du décor..

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Le quai des brumes ou « la grande désillusion »

Au qualificatif de « réalisme poétique » que la critique accola un peu trop complaisamment pour son goût à ses films, Marcel Carné préférait la notion de « fantastique social » emprunté à l’oeuvre forgée par Pierre Mac Orlan entre expressionnisme allemand et surréalisme français dont Jacques Prévert et lui-même adaptent librement  » Le quai des brumes » en 1938. Y est dépeinte une atmosphère viciée de grisaille et de spleen, avant coureuse d’une guerre latente. L’oeuvre rencontra des déboires avec la censure. Leur collaboration fructueuse mènera ce pessimisme foncier à son aboutissement l’année suivante dans « Le jour se lève ». Relecture..

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L’Eden

Dans un Moyen-Orient assez peu édénique, trois hommes veulent la paix…

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Amrum

Aux confins occidentaux de l’Allemagne, sur une petite île frisonne perdue où la nature flamboie au printemps 1945, Fatih Akin filme l’agonie du IIIe Reich et la prise de conscience d’un jeune garçon : lui qui vient de Hambourg, il se rend compte qu’il n’est qu’un étranger pour les habitants de l’île et que la propagande à laquelle il a été soumis (de la part de ses parents nazis entre autre) n’était que mensonge. Violence et beauté du monde cohabitent dans un film infiniment poétique.

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Bardot

La vie de celle qui fut adulée, puis détestée et à qui Gainsbarre avait dédié sa plus belle chanson, « Initiales BB »…

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Les derniers jours de Mussolini: un baroud du déshonneur

« Les derniers jours de Mussolini » adopte la forme d’un docudrame ou docufiction pour, semble-t-il, mieux appréhender un imbroglio et une conjonction de faits complexes à élucider au gré de thèses contradictoires encore âprement discutées par l’exégèse historique et les historiographes. Dans quelles circonstances Benito Mussolini a-t-il été capturé pour être ensuite exécuté sommairement avec sa maîtresse Clara Petacci avant que leurs dépouilles mortelles et celles de dignitaires fascistes ne soient exhibées à la vindicte populaire et mutilées en place publique ? Le film-enquête suit pas à pas la traque inexorable d’un tyran déchu, lâché par ses anciens affidés, refusant la reddition sans conditions et acculé à une fuite en avant pathétique autant que désespérée. Rembobinage…

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Le Rendez vous de l’été

« Valentine Cadic nous rappelle que ce ne sont pas les épreuves des JO qui font l’histoire mais les rencontres qu’elles produisent, les amitiés qu’elles créent et les émotions qu’elles suscitent. »

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All about Eve: la vie est une scène de théâtre

Il est des films impérissables ancrés dans la mémoire cinéphile qu’on ne se lasse pas de redécouvrir. « All about Eve » est de ceux-là où les artifices du cinéma révèlent la vérité du théâtre dans une satire cinglante autant que dévastatrice. Où la comédie des faux-semblants donne le change aux feux de la rampe. Où ne plus avoir de vie privée est la rançon de la célébrité. Nominé 14 fois aux oscars, il rafla la mise en en remportant 6. Relecture d’un succès sans équivalent dans les annales du cinéma hollywoodien.

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