Incubus. Sortie Blu-ray chez Rimini Editions.

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Une succession de meurtres et de viols sème la terreur dans une petite ville : une spirale d’épouvante rondement menée.

Une bourgade américaine apparemment paisible gérée par un bon vieux shérif, une série de meurtres sanglants, d’autant plus atroces lorsqu’ils ont pour victimes des femmes préalablement violées, le surnaturel évoqué comme piste principale ; Incubus affiche toutes les promesses d’une bonne recette à la Stephen King. Pas étonnant car il s’agit là de l’adaptation du roman éponyme  de Ray Russel, l’une des sources d’inspiration du grand maître de l’épouvante. Derrière la caméra, on retrouve John Hough qui, à défaut de marquer de son empreinte le cinéma d’horreur, ne manque pas de savoir-faire en matière de frissons. Comme dans sa plus belle réussite, Les Sévices de Dracula (1971, chez la Hammer), le Gothique constitue une belle aire  de jeu, son  décorum  – vieille maison isolée, ambiance nocturne, superstitions – : une terre de cauchemar fertile. Grâce aux prérequis du genre – le grand studio cité précédemment a bien fixé les règles – l’ambiance est très vite plantée. D’ailleurs, tout va à cent à l’heure dans cette intrigue qui ne se perd jamais en conjectures, car si les différents protagonistes – police, médecin, justice – sont noyés dans le doute, l’urgence les plonge en permanence dans l’action. En sus de ses vertus rythmiques, le montage nerveux opacifie le mystère en réduisant les apparitions du monstre à des éclairs de violence sanguinaire. L’effroi et les stigmates corporels qui s’abattent sur les victimes produisent bien plus d’effets que la silhouette d’une créature plus difficile à animer. Très adroitement, la mise en scène alterne et multiplie les techniques pour nous placer au plus près des carnages sans voir un centimètre du monstre, suivant ainsi les pas d’ Alien (Ridley Scott, 1979).

Du Gothique, Hough reprend les antagonismes entre le puritanisme sociétal  les pulsions sexuelles. Désir totalement légitime entre Jenny Cordell (Erin Noble), toute auréolée de ses dix-huit printemps, et le Boy Next door.  Générant, si besoin était, un attitude protectrice, plus pernicieuse de la part du père, le médecin en chef Sam Cordell (John Cassavetes) envers la seule femme de sa vie (son épouse étant décédée quelques années auparavant). Des allusions bien senties, mais surtout, l’ambiguïté qui habite en permanence le visage de Cassavetes fait froid dans le dos. Cet effroi dépasse le cadre sexuel, le doute s’installe sur son implication dans le carnage. Nous avons tous en mémoire son personnage « bienveillant » de Rosemary’s baby (Roman Polansky, 1968). Le comédien en joue à merveille,  avec un malin plaisir, il dessine des sourires inquiétants, s’agite plus que nature, convoque des traumas antérieurs, se freine étrangement face aux avances de la belle journaliste (Kerrie Keane).

Dans la description des viols, des autopsies, l’obscénité s’affiche ostensiblement, suite aux autopsies on insiste sur la quantité et la nature – couleur rouge –  du sperme retrouvé dans l’utérus des victimes. Plus largement, la violence est crue et ne choisit pas ses victimes sur des critères affectifs ou moraux. Les effets sont saisissants et sont encore scotchants plus de quarante après la sortie du film.  Sans se situer dans un registre purement organique, sans se vouloir ouvertement provocateur, Incubus se révèle suffisamment dérangeant pour dépasser le stade des frissons bien dosés, son aspect vénéneux et sa noirceur marquent indéniablement les esprits.

Du Gothique, Hough reprend les antagonismes entre le puritanisme sociétal  les pulsions sexuelles. Désir totalement légitime entre Jenny Cordell (Erin Noble), toute auréolée de ses dix-huit printemps, et le Boy Next door.  Générant, si besoin était, un attitude protectrice, plus pernicieuse de la part du père, le médecin en chef Sam Cordell (John Cassavetes) envers la seule femme de sa vie (son épouse étant décédée quelques années auparavant). Des allusions bien senties, mais surtout, l’ambiguïté qui habite en permanence le visage de Cassavetes fait froid dans le dos. Cet effroi dépasse le cadre sexuel, le doute s’installe sur son implication dans le carnage. Nous avons tous en mémoire son personnage « bienveillant » de Rosemary’s baby (Roman Polansky, 1968). Le comédien en joue à merveille,  avec un malin plaisir, il dessine des sourires inquiétants, s’agite plus que nature, convoque des traumas antérieurs, se freine étrangement face aux avances de la belle journaliste (Kerrie Keane).

Dans la description des viols, des autopsies, l’obscénité s’affiche ostensiblement, suite aux autopsies on insiste sur la quantité et la nature – couleur rouge –  du sperme retrouvé dans l’utérus des victimes. Plus largement, la violence est crue et ne choisit pas ses victimes sur des critères affectifs ou moraux. Les effets sont saisissants et sont encore scotchant plus de quarante après la sortie du film.  Sans se situer dans un registre purement organique, sans se vouloir ouvertement provocateur, Incubus se révèle suffisamment dérangeant pour dépasser le stade des frissons bien dosés, son aspect vénéneux, sa noirceur marquent indéniablement les esprits.

Incubus. Sortie Blu-ray chez Rimini Editions.

 

 

 

 

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Durée : 92 mn


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