La guerre des gangs (Mediabook BluRay + DVD + CD (BO du film) Master 2K restauré chez Artus Films)

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L’ unique et saisissante incursion dans le néo-polar du prince de l’épouvante Lucio Fulci.

Suite à la mise en échec de l’une de leurs opérations de contrebande de cigarettes, Micky  l’un des deux frères Di Angelo, est assassiné au cours d’un guet-apens. Le cadet de la famille, Luca, n’a plus qu’une seule idée en tête, retrouver le coupable pour se faire justice lui-même. Commence alors une guerre de pouvoir impitoyable, sanglante et sans limites. La trame du scénario, des plus classiques, repose sur l’antienne, notamment au cœur du Parrain de Coppola, qui oppose deux visions du crime organisé. D’un côté, une association de malfaiteurs bien intentionnée, régit par un sens de la famille et de la morale, les contrebandiers de cigarettes dont le commerce permet à 200 000 de vivre décemment, de l’autre des affairistes et meurtriers sans scrupules qui veulent empoisonner la ville avec leurs cargaisons de drogue.

Dans cette guerre des gangs, notre préférence s’impose sans hésitations. Une immersion dans la douce intimité de la famille  Di Angelo, leur belle petite blonde. Le charisme des comédiens, le très magnétique Fabio Testi (Luca) et la très belle Ivana Monti (Adèle). Mais déjà, dans ces doux moments de bonheur simple,  une menace sourde s’invite, très efficacement mise en scène  par des jeux de regard, des échanges équivoques et  une tension dans le montage. Entre les deux belligérants, le choix des armes diffère. Chez les contrebandiers, on discute avant de tirer, on ne s’en prend qu’au seul coupable, qu’on affronte en face à face. Du côté du Marseillais (Marcel Bouzzufi), on flingue avant de parler, on détruit tout ce qui peut l’être, et on s’en prend sauvagement aux plus faibles de la famille -femme, enfant. Trahisons, fusillades, attentat … l’ampleur de la violence augmente crescendo, à un rythme certes soutenu mais jamais au détriment de la force de l’intrigue.

Contrairement à un bon nombre de Polizieschi (néo-polars transalpins) la violence présente un caractère répulsif : visages tuméfiés, corps-à-corps besogneux, douloureux. Fulci se défend, à juste titre d’en faire l’apologie. Grâce aux  interventions -une forme running gag- de Don Morrone ,le Parrain Napolitain retraité sur le qui-vive, l’opposition entre les deux écoles de la violence s’enrichit d’une savoureuse dose de légèreté. L’ancien monde n’a pas tiré sa révérence.

La singularité la plus forte du film, sa grande force, repose sur son tropisme horrifique. Symbolisé par sa figure du Mal. Corrupteur, destructeur, Le Marseillais est un corps étranger maléfique, une figure chère au cinéma d’horreur. Une puissance animale, on devine sa présence grâce son parfum musqué. Une force quasiment indestructible, il n’est assisté que de très peu d’hommes de main pour venir exterminer les organisations mafieuses locales.  Une atmosphère irréaliste magnifiée par des lumières blafardes, des rues  baignées dans des volutes glaçantes où les hommes errent entre la vie et la mort tels des zombies. Le teint vampiresque de  Perlante « associé et ami » de Luca. Le teint de ce dernier qui perd beaucoup de sang tout au long des affrontements est tout juste un peu moins inquiétant. Dans la scène finale, baignée dans une lumière jaune et chaude, Luca semble émerger de l’au-delà pour assouvir sa vengeance (Superbe image reprise en première de couverture du coffret).

Les maquillages réalisés avec peu de moyens par Franco Di Girolamo sont exceptionnels. Complice de Fulci sur Le Venin de la peur et La longue nuit de l’exorcisme, il imprime aux sévices, meurtres, explosions des chairs, une dimension gore saisissante. Comme il l’avait déjà  fait avec le Western dans Les quatre de l’apocalypse, Lucio Fulci transpose dans un autre genre son imagerie horrifique et apocalyptique. Pour moi, il s’agit probablement des plus belles réussites de son auteur, auquel Artus Films consacre une collection dont nous avons  abordé précédemment deux autres titres Murder Rock et Le Miel du diable.

Le coffret proposé par l’éditeur est une réussite totale. La beauté de son contenant, la richesse de ses contenus. Le livre qui nous permet de (re) découvrir un pan du genre policier transalpin, une présentation de La guerre des gangs. En plus des DVD et Blu- Ray, quelle belle initiative que de nous offrir le CD de la B.O signée Fabio Frizzi. Un score dont nous n’avons pas abordé ici l’importance, mais pourtant…

La guerre des gangs (Mediabook 80 pages de Stéphane Lacombe et Lionel Grenier : 20 nuances de Poliziottesco + BluRay + DVD + CD (BO du film) Master 2K restauré chez Artus Films)

Suppléments dans les supports bluray et DVD

Présentation du film par Olivier Père

Entretien avec Fabio Testi

Diaporama d’affiches et de photos

Film-annonce original

 

Titre original : Luca il contrabandierre

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Durée : 96 mn


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