Sky Dome 2123

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Quand la dystopie sur la fin du monde n’est plus de la science-fiction !

Pas nette la planète

Ce nouveau film est-il un film de science-fiction ou une dystopie comme on dit maintenant ? Il est difficile de trancher sur cette question. En effet, même si les auteurs le qualifient eux-mêmes de film de science-fiction, on peut se poser toutefois la question de savoir si elle existe encore, au point de non-retour où sont arrivées nos civilisations. La dystopie correspondrait mieux ici car les réalisateurs de ce film nous amènent à réfléchir sur l’état de la Terre et à nous poser des questions du style : devons-nous repenser urgemment notre manière de traiter la planète ? Sky Dome 2123 nous donne une idée de ce qu’il se passera si nous ne le faisons pas d’une manière urgentissime. Du coup, avec ce énième film, les prédictions de films antérieurs comme Fahrenheit 451 (François Truffaut, 1966) et Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973) s’avèrent tellement prégnantes qu’on ne saurait les appeler encore science-fiction. C’est de la dystopie et, pour certains des aspects qu’ils dénoncent, de la réalité à peine exagérée.

Nouveau film en rotoscopie

Maintenant un mot sur la manière dont ce film d’animation a été réalisé. Il s’agit de rotoscopie, qui a fait ses preuves pour deux autres films remarqués et remarquables : Valse avec Bachir (Ari Folman, 2008) et La jeune fille et les paysans ( Hugh Welchman et Dorota Kobiela, 2024). Ce procédé consiste à filmer normalement les acteurs et à les redessiner manuellement. Les deux réalisateurs de Sky Dome 2123, Sarolta Szabó et Tibor Bánóczki, insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un procédé numérique. « Notre technique de rotoscopie n’est pas digitale : elle n’est pas effectuée par un logiciel, déclarent-ils dans le dossier de presse du film. Tout est dessiné à la main par une équipe d’artistes, qui s’inspirent de l’animation 2D traditionnelle. Les décors de Sky Dome 2123 sont construits en 3D. Tous les arrière-plans ont des textures réalistes, qui reposent sur une bibliothèque de photos d’objets naturels et de matières que nous avons photographiées et collectées au cours de ces dernières années. L’utilisation de la photographie avec des couleurs et des effets spéciaux (sable, pluie, poussière, etc.) crée un environnement spectaculaire, mêlant une sensation réaliste et une forte touche artistique. » Ce procédé, en plus d’être très esthétique, apporte au film une touche indéniablement arty qui amplifie l’ambiance cauchemardesque post-apocalyptique de l’histoire. 

Devenir arbre ?

En effet, de quoi s’agit-il ? En 2123, dans un futur où la sécheresse a ravagé la Terre, l’humanité est contrainte de sacrifier une partie de la population : toute personne de plus de 50 ans sera transformée en arbre. La société est régie par des règles impitoyables. Le jour où Stefan voit sa femme condamnée prématurément par le système, il décide de prendre les plus grands risques pour changer son destin. S’ensuit alors le récit d’une sorte de road-movie qui montre le héros tenter de sauver sa femme de la transformation en arbre prématurément avant l’âge de 50 ans ainsi que l’a institué la dictature. Ce film n’a pas certes la prétention de changer le monde : cela semble maintenant quasiment impossible. Son but n’est pas simplement de nous faire visiter Budapest et d’autres lieux dévorés par la mort et un modernisme mortifère, mais simplement d’éveiller les esprits. Si seulement à l’issue de ce film d’animation, des citoyens en profitaient pour organiser des débats et tentaient d’éviter l’inexorable.

Titre original : Müanyag égbolt

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Durée : 112 mn


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