Un pistolet pour Ringo/Le dernier jour de la colère : deux combos Blu-Ray/DVD chez Artus Films.

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Musique d’ Ennio Morricone pour l’un, scénario de Sergio Leone pour l’autre, et en vedette le bondissant et irrésistible Giuliano Gemma. Deux succulents westerns spaghetti à déguster sans modération

À partir du mitan des années soixante, le Western européen et plus spécifiquement le Western italien (d’où l’appellation de Western-Spaghetti) va venir démystifier les grandes figures et les épopées de l’Ouest. Plus de 700 films vont déferler sur les écrans pour le plaisir de tous les amateurs de cinéma bis, voire d’autres cinéphiles plus exigeants en ce qui concerne les meilleurs titres. En ce mois d’avril, Artus film réédite deux véritables pépites du genre. Dans de très belles éditions, comme il sait si bien le faire.

Un pistolet pour Ringo (Una pistola per Ringo, Duccio Tessari, 1965).

Pour déloger une bande de hors-la-loi sanguinaire qui a pris en otage tous les membres d’une hacienda après avoir braqué une banque, le shérif de Quemado embauche Ringo (Giuliano Gemma), un brigand notoire,  pour sauver la situation. Véritable modèle du genre, Un pistolet pour Ringo méritait indéniablement le succès public qui a suivi sa sortie, et dégage encore aujourd’hui un pouvoir d’attraction sans faille. Sur une scénario qui reprend une partie de l’argument de Pour une poignée de dollars (Sergio Leone, 1964) – un mercenaire s’amuse de l’opposition entre deux groupes – se multiplient les rebondissements riches d’action et de tensions, au diapason de la partition enlevée du grand Ennio. .Les bandits mexicains sont ignobles, mais terriblement humains, les deux héroïnes  sont séduisantes à souhait, et dotées d’une personnalité bien trempée. L’humour irrévérencieux vient titiller les valeurs morales du Western Classique : la légitime défense se dégaine plus vite que les pétoires. En tête d’ une distribution qui prend – et donne  surtout- beaucoup de plaisir à cabotiner, Giuliano Gemma emporte tout sur son passage. Charmeur, athlétique, malicieux, il joue dans la même cours  que notre Bébel national au temps des Cartouche (Philippe de Broca, 1962) et Les mariés de l’an II (Jean-Paul Rappeneau, 1970). Son impertinence et sa promptitude à sortir la machine à claque en font un précurseur de Trinita, Gemma étant beaucoup plus raffiné que Terence Hill. L’acteur qui s’était illustré jusque là dans des péplums et autres films d’action, tout en apparaissant dans Le guépard (Luchino Visconti, 1963,) va voir sa carrière décollée grâce à cette deuxième collaboration avec Duccio Tessari – la première étant Les titans en 1962). Tessari, un  très habile « faiseur d’aventures  » qui nous offre ici  un spectacle tout simplement jubilatoire.

Le dernier jour de la colère (I giorni dell’ira, Tonino Valerii, 1967.)

Voilà l’occasion de découvrir deux nouveaux visages de Giuliano Gemma. Dans la peau de Scott, orphelin d’une prostituée, il apparait dans un premier temps en larbin lourd et pleutre chargé de récupérer les pots de chambre des habitants de sa bourgade. En le prenant sous son aile,  le roi de la gâchette Talby (Lee Van Cleef) va le transformer en un impitoyable associé. À part une tendance à ne pas cacher  la crasse et la lâcheté dans lesquelles  ces « glorieux » cowboys ne manquaient pas de patauger,  Le dernier jour de la colère se trouve plus proche du western Hollywoodien que du caractère débridé des productions de notre continent. Dans la verve crépusculaire du genre qui va se développer à partir de la fin des années soixante, ce scénario de Tonino Valerii et Sergio Leone, annonce celui de leur anthologique collaboration pour Mon nom est personne (1973). Récit de transmission, Scott possède ici deux mentors aux valeurs diamétralement opposées. Tuer le père pour se faire un nom qui impose le respect partout où l’on passe, l’apprentissage se décline en plusieurs leçons données « généreusement » par un Lee Van Cleef qui vampirise tout sur son passage.  Si elle aurait gagné à être un plus resserrée, cette belle mécanique dont Tonino Valerii tient également les rennes joue sur du velours. Du grand spectacle qui ravive les regrets de cette époque dorée des divertissements populaires de qualité.

Un pistolet pour Ringo/Le dernier jour de la colère : deux  sorties combos Blu-Ray/DVD chez Artus Films en ce mois d’avril.

 

 

Titre original : Una pistola per Ringo/I giorni dell'ira

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Durée : 115/98 mn


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