Madame Hofmann

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Joies et stress d’une infirmière à l’hôpital Nord de Marseille.

Pendant la pandémie

Pendant et après la crise du covid, le réalisateur aux douze documentaires a eu envie de donner à voir un portrait, celui d’une femme au moment crucial de sa vie où elle va partir à la retraite. « Bienvenue dans ma vie », cette phrase, Sylvie Hofmann la répète à longueur de journée ou presque. Elle est cadre infirmière depuis quarante ans à l’hôpital nord de Marseille. Sa vie, c’est courir. Entre les patients, sa mère, son mari et sa fille, elle consacre ses journées aux autres depuis toujours. Et si elle décidait de penser un peu à elle ? De partir à la retraite ? En a-t-elle le droit, mais surtout en a-t-elle vraiment envie ? 

Un casting impressionnant

La directrice de casting, Cendrine Lapuyade, a cherché la ou les personnes qui pourraient se prêter au jeu pour ce projet de film. Sur les réseaux sociaux, la responsable du casting a rencontré Sylvie simplement parce qu’elle devait lui donner des contacts pour d’autres infirmières. Le premier jour de rendez-vous avec elle, le réalisateur raconte qu’il a eu comme une sorte de coup de foudre pour cette femme naturelle, sans filtre, une Marseillaise typique au franc parler et il déclare qu’il s’est agi d’une sorte de rencontre amoureuse. « J’ai rencontré Sylvie par hasard pendant le casting. L’idée du film a d’ailleurs précédé notre rencontre. J’avais envie de faire le portrait d’une femme en lutte dans le monde de l’hôpital. Après la première année de pandémie, je trouvais intéressant de me rapprocher de l’hôpital pour voir comment la crise y avait été vécue, pendant et après. Au départ, on ne savait pas si ce casting serait possible, si on nous laisserait entrer dans les hôpitaux pour rencontrer le personnel soignant. Pendant le covid, l’hôpital était une forteresse, les personnes extérieures n’avaient pas le droit d’y entrer. »

Soleil rayonnant

Le résultat est un film magnifique, un très beau portait de Madame Hofmann comme l’indique presque cérémonieusement le titre du film. Mais Sylvie est tout sauf une madame prétentieuse et guindée. On la découvre telle une femme forte et généreuse que ce soit dans son travail difficile qui l’oblige à supporter la mort et la douleur, mais aussi à jongler avec le manque de moyens dont souffrent les hôpitaux gérés par des libéraux sans pitié, mais aussi dans sa vie, son couple et auprès de sa mère dont elle doit s’occuper. C’est presque comme un moderne Elle court, elle court la banlieue (Gérard Pirès, 1973), tout aussi gai, humain et poignant à la fois. Sylvie Hofmann est vite devenue le centre du film, comme un soleil rayonnant qui donne à la fois espoir face à la dureté du monde et de la vie et se penchant vers les autres pour les guider et les aimer. « Elle m’a séduit tout de suite, et en continuant le casting, je n’arrivais pas à me la sortir de la tête. J’ai dit à Cendrine : J’ai besoin de la revoir mais j’aimerais le faire dans le cadre de son travail, tu crois que c’est possible ?. On nous a autorisé à aller dans son service, j’ai rencontré toute son équipe et j’ai vu Sylvie au travail. Ça a confirmé mon intuition. Elle a quarante ans de métier et ça se sent. Sa conscience, son corps, ont été imprégnés par toutes ces années, ça l’a constituée, y compris dans son rapport à la vie et à la mort. » Un film qui rend hommage à celles et ceux qui souffrent dans leur métier tout en leur apportant noblesse, rigueur et humanité. 

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Durée : 104 mn


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