Select Page

Palmarès Ciné de la décennie 2010-2019

Article écrit par

Le palmarès des meilleurs films de la décennie 2010-2019, par les membres de notre rédaction.

Une nouvelle décennie vient de commencer. L’occasion d’un bilan à l’échelle de ces dix dernières années. Comme promis à la suite de notre palmarès cinématographique de l’année 2019, voici donc, d’après la rédaction de Il était une fois le cinéma, la liste des dix meilleurs films sortis sur les écrans français entre 2010 et 2019. Plus bas vous sont proposés quelques commentaires et éclairages, suivis des listes individuelles de nos rédacteurs.

Toute l’équipe de la rédaction vous adresse ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année et cette nouvelle décennie !

 

Le palmarès 2010-2019 de la rédaction, avec les liens vers nos critiques publiées à l’époque :

1) Mad Max : Fury Road (George Miller, 2015)

2) Interstellar (Christopher Nolan, 2014)

3) Melancholia (Lars von Trier, 2011)

4) The Tree of Life (Terrence Malick, 2011)

5) Mommy (Xavier Dolan, 2014)

6) Mektoub my Love : Canto Uno (Abdellatif Kechiche, 2018)

7) Parasite (Bong Joon-Ho, 2019)

8) Cold War (Pawel Pawlikowski, 2018)

9) Only God Forgives (Nicolas Winding Refn, 2013)

10) Carol (Todd Haynes, 2015)

Un mot sur notre méthodologie de vote. C’est naturellement le nombre de citations de chaque film qui a servi de référence. Or, pas moins de trente-trois longs métrages ont été mentionnés au minimum deux fois par la quinzaine de rédacteurs qui se sont exprimés ; l’éparpillement considérable des voix s’est accompagné d’un grand nombre d’égalités. Pour départager celles-ci et rester cantonné à un total de dix films, nous avons pris en compte le positionnement des œuvres dans chaque classement individuel. Précisons par ailleurs que le premier film de notre liste n’a rassemblé que cinq voix ; le deuxième et le troisième, quatre voix ; du quatrième au sixième : trois voix. Les vingt-sept films restants ont cumulé deux voix seulement ! C’est dire que l’arbitrage final s’est joué à peu. Parmi les longs métrages qui ont frôlé une présence dans notre palmarès, citons Vice Versa, Dunkerque, Django Unchained, The Strangers, ou Drive.

Une telle part de contingence invite à la plus extrême modestie concernant non seulement la valeur absolue de notre palmarès (toujours sujette à caution par son principe-même), mais aussi sa représentativité par rapport aux collaborateurs de notre webzine, certains rédacteurs ne s’étant pas exprimé et d’autres ayant pu, de leur propre aveu, privilégier tel film plutôt que tel autre en fonction de l’humeur du moment.

Il importe donc de prendre cet exercice pour ce qu’il est : un jeu sans véritable enjeu, si ce n’est celui d’inviter à la discussion, aux débats, toujours stimulants dans le cadre d’une équipe aussi variée et éclectique que celle de Il était une fois le cinéma !

Sur les lignes de force et les questionnements qui se dessinent à l’aube de cette nouvelle décennie, nous vous invitons à consulter nos précédents palmarès annuels, notamment celui de 2019 et celui de 2018. Nous allons ici nous contenter de quelques mots sur les films émergeant du vote de nos rédacteurs – en gardant bien à l’esprit qu’aucune ligne de force évidente ne se dégage, et que l’éclatement des voix reflète aussi bien l’absence de consensus que la diversité et la richesse d’une décennie cinématographique où chacun a manifestement su, en fonction de ses goûts et sensibilités, trouver son compte.

Émiettement et variété marquent en effet notre palmarès, au risque d’une hétérogénéité peu propice à une exégèse synthétique. Il est cependant remarquable de constater que les deux premiers films de notre top se font écho, de même d’ailleurs que les deux suivants. Au-delà du fait qu’ils relèvent du genre de la science-fiction futuriste et apocalyptique, mettant explicitement en jeu l’avenir de la planète et du genre humain (écho flagrant aux inquiétudes collectives de ce début de siècle), Mad Max : Fury Road et Interstellar témoignent de deux approches à certains égards opposées du récit cinématographique, dessinant deux voies possibles pour les grands films d’auteur populaires de la décennie qui débute.

D’une part, dans Interstellar, Christopher Nolan explicite systématiquement les évènements et enjeux de la narration, quitte à sur-écrire son récit, à faire de son film une simple illustration de ses scripts minutieusement élaborés – quoique non exempts de trous ou d’incohérences – et à tomber dans le syndrome de la « radio filmée » : la critique de Fabien Legeron publiée à l’époque pointe ces défauts avec acuité. Mais si le film s’est imposé dans nos votes comme le meilleur Nolan de la décennie (face à Inception (2010), The Dark Knight Rises (2012) et Dunkerque (2017)), c’est qu’il n’est pas dépourvu de qualités éminentes, en premier lieu la magnifique musique de Hans Zimmer (quand bien même est-elle très inspirée du Philip Glass de Koyaanisqatsi). On ne peut faire abstraction non plus d’une interprétation magistrale (Matthew McConaughey en tête), ni surtout d’un concept central aussi beau que fragile, qui présente une simple bibliothèque d’enfant, symbole de l’amour entre un père et sa fille, comme la clef de voûte d’une odyssée spatiale où se joue rien de moins que l’avenir de l’humanité. Ce télescopage entre le micro- et le macroscopique, s’inscrivant dans le prolongement des préoccupations humanistes et environnementales les plus contemporaines, est réellement poignant et explique sans doute que le film ait à ce point marqué les esprits. Dès lors, à la fois monumental et sentimental au risque du déséquilibre, Interstellar est sans doute à ce jour, si ce n’est le plus parfait, du moins le film le plus beau, audacieux et complet de son auteur.

Aux antipodes, George Miller présente une odyssée en apparence plus simple et circonscrite, via un film d’action à l’efficacité ébouriffante, dont la puissance cinétique et charnelle jure avec l’aseptisation numérique de la plupart des blockbusters hollywoodiens de la décennie. Or, Mad Max : Fury Road est bien plus encore. Grand film féministe et écologiste, dénonciation puissante des dérives du patriarcat, ce Fury Road donne l’impression d’être encore en avance sur notre temps. C’est que George Miller nous offre avant tout une leçon de mise en scène, en se montrant capable de poser un univers, suggérer des ramifications psychologiques, sociales et dramatiques, bref développer une narration à la richesse inouïe non par les dialogues – comme le font la plupart des films à gros budget contemporains, en particulier ceux de Nolan, pourtant au-dessus du lot – mais par ses seuls procédés cinématographiques (regards, cadrage, montage, photographie, narration environnementale…). Le film est à cet égard bien plus riche et subtil qu’il ne le paraîtrait à un spectateur pressé, plus habitué à écouter les films qu’à y être attentif visuellement – tropisme malheureusement aussi fréquent aujourd’hui que par le passé. Notre rédacteur Fabien Legeron a su en parler avec ferveur au moment de la sortie du film. Bref la première place du film de Miller ne nous semble avoir rien d’un accident ou d’un pis-aller.

Il est par ailleurs intéressant de constater que pour son dernier film à ce jour (Dunkerque), Christophe Nolan s’est essayé lui aussi à une approche plus mutique et purement cinématographique de la narration, mais à notre sens avec moins de bonheur – même si là encore, les avis au sein de notre rédaction ont pu diverger .

Pour conclure notre tour d’horizon du palmarès, on se réjouira de la variété des auteurs cités, au-delà d’une prévisible prédominance anglo-saxonne, et on regrettera surtout l’absence des deux grands auteurs mexicains de la décennie (Alfonso Cuarón avec Gravity ou Roma, et Alejandro González Iñárritu, avec Birdman ou The Revenant) ainsi que celle de réalisateurs états-uniens presque unanimement reconnus, tels que David Fincher (The Social Network ou Gone Girl), Paul Thomas Anderson (The Master ou Phantom Thread), Quentin Tarantino (Django Unchained), voire Damien Chazelle (Whiplash, La la Land ou First Man). L’éparpillement des voix a empêché leurs films d’émerger, mais on ne les retrouve pas moins dans les tops individuels, comme beaucoup d’autres auteurs ne déméritant pas moins. Le temps étant le principal allié des grands films, il serait intéressant de vérifier ce que donnerait un tel exercice après quelques années de sédimentation supplémentaires… Rendez-vous est donné !

 

Les tops individuels 2010-2019 de chaque rédacteur (par ordre alphabétique)

Antoine Benderitter

1) Roma – Alfonso Cuarón

2) The Master – Paul Thomas Anderon

3) The Tree of Life – Terrence Malick

4) Birdman – Alejandro González Iñárritu

5) Faust – Alexandre Sokourov

6) The Social Network­ – David Fincher

7) La la Land – Damien Chazelle

8) Mad Max : Fury Road – George Miller

9) Boyhood – RIchard Linklater

10) Aquarius – Kleber Mendonça Filho

 

Corentin Destefanis

1) La Grotte des rêves perdus – Werner Herzog

2) Les Mille et une nuits – Miguel Gomes

3) The Tree Of Life – Terrence Malick

4) Leviathan – Lucien Castaing Taylor et Verena Paravel

5) Melancholia – Lars Von Trier

6) Cemetery of Splendour + Oncle Boonme – Apichatpong Weerasethakul

8) L’Apollonide, Souvenirs de la maison close – Bertrand Bonello

9) Mektoub My Love – Canto Uno – Abdellatif Kechiche

10) Good Time – Ben et Joshua Safdie

 

Emeline Pradines

1) Interstellar, Christopher Nolan, 2014 -> un pur chef d’œuvre remettant en cause notre conception de l’univers

2) Lion, Garth Davis, 2016 -> une histoire profondément touchante

3) Inception, Christopher Nolan, 2010 -> une maîtrise exceptionnelle de l’espace/temps et de la notion de rêve

4) Intouchable, Olivier Nakache et Eric Tolédano, 2011 -> une œuvre d’humanité et d’altruisme

5) Tu ne tueras point, Mel Gibson, 2016 -> un exemple de valeur morale et d’héroïsme

6) Une merveilleuse histoire du temps, James Marsh, 2014 -> le tragique récit biographique d’un génie de la physique

7) 120 battements par minutes, Robin Campillo, 2017 -> une œuvre engagée, véritablement bouleversante

8) Joker, Todd Phillips, 2019 -> une adaptation comics toute en relief, interprétée avec brio

9) The Danish Girl, Tom Hooper, 2015 -> une prise de conscience émouvante sur la question de l’identité

10) Grave, Julia Ducourneau, 2016 -> un film de genre à la mise en scène divinement déroutante

 

Jean-Max Méjean

1)  Synonymes – Nadav Lapid

2) A la merveille – Terrence Malick

3) Into The Wild – Sean Penn

4) Halte – Lav Diaz

5) Vodka Lemon – Hiner Saleem

6 ex aeq) Lazzaro felice – Alice Rohrwacher

6 ex aeq) Des hommes et des dieux – Xavier Beauvois

7) Faute d’amour – Andreï Zviaguintsev

8) Sieranevada – Cristi Puiu

9) The square – Ruben Östlund

10) Manchester by the sea – Kenneth Lonergan

 

Jean-Michel Deroussent

1) Take Shelter (2011)

2) Le discours d’un roi (2011)

3) Ex aequo : Mad Max Fury Road (2015) et Sicario (2015)

4) Ex aequo : Django Unchained (2012) et Les huit salopards (2015)

5) Ex aequo : Blade Runner 2049 (2017) et Interstellar (2014)

6) Dallas Buyers Club (2013)

7) The Revenant (2015)

8) Blue Jasmine (2013)

9) Melancholia (2011)

10) Ex aequo : Ave, César! (2016) et Café Society (2016)

 

Jean-Michel Pignol

1) Carol – Todd Haynes

2) The Strangers – Na Hong-jin

3) Amour – Michael Haneke

4) Only God forgives – Nicolas Winding Refn

5) The Grand Budapest Hotel – Wes Anderson

6) Boyhood – Richard Linklater

7) Roma – Alfonso Cuarón

8) Frantz – François Ozon

9) Phantom Thread – Paul Thomas Anderson

10) Grave – Julia Ducournau

 

Josianne Martin

1) Parasite

2) Le grand Bain

3) Moi Daniel Blake

4) Paterson

5) Mustang

6) Mommy

7) Neuf mois ferme

8) Drive

9) La part des Anges

10) Intouchables

 

Justin Kwedi

The Social Network – David Fincher

Your name – Makoto Shinka

Le Loup de Wall Street – Martin Scorsese

Moonrise Kingdom – Wes Anderson

Under the skin – Jonathan Glazer

Interstellar – Christopher Nolan

Vice Versa – Pete Docter

Mademoiselle – Park Chan Wook

Carol – Todd Haynes

La la land – Damien Chazelle

Les Enfants loups – Mamoru Hosoda

Une affaire de famille – Hirozaku Kore-eda

 

Lucile Marfaing

1) Dunkirk – Christopher Nolan

2) Mad Max : Fury Road – Georges Miller

3) Mommy – Xavier Dolan

4) The Tree of life – Terrence Malick

5) A most violent year – J.C Chandor

6) The Neon demon – Nicolas Winding Refn

7) Phantom Thread – Paul Thomas Anderson

8) Melancholia – Lars Von Trier

9) Mademoiselle – Park Chan wook

10) Aquarius – Kleber Mendonça Filho

 

Marie d’Espinose

1) Cold War – Pawel Pawlilkowski, 24 octobre 2018, 88 min

2) Juste la fin du monde – Xavier Dolan, 21 septembre 2016, 99 min

3) Whiplash – Damien Chazelle, 24 décembre 2014, 107 min

4) Tom à la ferme – Xavier Dolan, 16 avril 2014, 102 min

5) Les petits mouchoirs – Guillaume Canet, 20 octobre 2010, 154 min

6) Tomboy – Céline Sciamma, 20 avril 2011, 82 min

7) Dunkerque – Christopher Nolan, 19 juillet 2017, 107 min

8) Joker – Todd Phillips, 9 octobre 2019, 122 min

9) The house that Jack built – Lars Von Trier, 17 octobre 2018, 155 min

10) Love – Gaspard Noé, 15 juillet 2015, 140 min

 

Marion Roset

Les mystères de Lisbonne, Raul Ruiz

J’ai rencontré le diable, Kim Jee-woon

Holy Motors, Leos Carax

Mad Max : Fury Road, George Miller

Mektoub my love, Abdelatif Kechiche

Gravity, Alfonso Cuaron

Under the skin, Jonathan Glazer

The strangers, Na Hong-jin

A ghost story, David Lowery

Parasite, Bong Joon-ho

 

Matthias Turcaud

Une valse dans les allées, Thomas Stuber

Vice-Versa, Pete Docter

Timbuktu, Abderrahmane Sissako

Grigris, Mahamat Saleh Haroun

L’institutrice, Nadav Lapid

Toni Erdmann, Maren Ade

L’autre côté de l’espoir, Aki Kaurismäki

En guerre, Stéphane Brizé

Rafiki, Wanuri Kahiu

Les Misérables, Ladj Ly

 

Maxime Lerolle

1) Interstellar – Christopher Nolan

2) Drive – Nicolas Winding Refn

3) Mad Max : Fury Road – George Miller

4) Django Unchained – Quentin Tarantino

5) The Revenant – Alejandro González Iñárritu

6) Logan – James Mangold

7) Mommy – Xavier Dolan

8) Premier contact – Denis Villeneuve

9) It Follows – David Robert Mitchell

10) Your Name – Makoto Shinkai

 

Paul Courbin

1) La bataille de Solférino – Justine Triet (2013)

2) Cold War – Pawel Pawlikowski (2018)

3) L’apollonide: souvenirs de la maison close – Bertrand Bonello (2011)

4) La vie d’Adèle – Abdellatif Kéchiche (2013)

5) No home movie – Chantal Akerman (2015)

6) Black swan – Darren Aronofsky (2011)

7) Melancholia – Lars Von Trier (2011)

8) Trois souvenirs de ma jeunesse – Arnaud Desplechin (2015)

9) Le livre d’image – Jean-Luc Godard (2018)

10) Mademoiselle – Park Chan Wook (2016)

 

Théodore Anglio-Longre

1) Only God Forgives – Nicolas Winding Refn

2) Twin Peaks: The Return – David Lynch

3) The Raid 2 – Gareth Evans

4) Passion – Brian De Palma

5) Mektoub My Love – Canto Uno – Abdellatif Kechiche

6) Hacker – Michael Mann

7) Good Time – Ben et Joshua Safdie

8) Holy Motors – Leos Carax

9) The House that Jack Built – Lars Von Trier

10) Paterson – Jim Jarmusch

 

 


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Le photographe

Le photographe

Ritesh Bafa nous livre ici un quatrième long métrage dans la lignée de sa production indienne précédente sans se répéter pour autant.

La Victime

La Victime

« La victime » tient une place et un statut à part dans la cinématographie britannique. L’ oeuvre dénonce l’hystérie
paranoïaque d’une « chasse aux sorcières » menée à l’encontre de la communauté homosexuelle. Le film favorisa la jurisprudence en faveur d’un amendement voté en 1967 dépénalisant l’homosexualité.