Un public averti en vaut deux

Sushi Typhoon est un studio Japonais voué corps et âme au cinéma d’exploitation dans ses formes les plus décomplexées et extrêmes. Elephant films réunit pas moins de quatorze titres qui ont contribué à sa naissance, à son succès, à le rendre cultissime.
Autant le dire de suite, ce coffret s’adresse quasi essentiellement à un public averti, aux fans de série Z, à tous ceux, et ils sont nombreux, qui raffolent de délires gores, d’humour potache, action survitaminée, de fantaisies scénaristiques poussées à l’extrême. Certes, certains titres sont plus soft, on n’ira pas quand même jusqu’à les qualifier de mainstream.
Pour les non-initiés, dont je fais partie, le label Grindhouse nous évoque une partie de l’univers de Quentin Tarantino et de son compère Robert Rodriguez. Si les deux réalisateurs ont frappé un bon coup dans la fourmilière avec les Kill Bill, Planet Terreur, Une nuit en enfer…, ils donnent l’impression d’être des sages produits Disney au regard des films de la Box Sushi Typhoon proposés ici. Plus particulièrement en comparaison des métrages comme The Machine Girl, Tokyo Gore Police, RoboGeisha, Samurai Princess. Les scénarios – minimalistes à souhait – font la part la part belle à la loi du talion, autorise la vengeance sous toutes ses formes. Occasion de multiplier à l’infini l’usage le plus improbable qui soit d’armes démesurées et cocasses, un seul but faut que çà explose, ça gicle. De quoi régaler les fans d’excès graphiques et chorégraphiques.
Variété des genres

Si les ingrédients de base, du trash, du sang, de la violence, de l’humour au second degré, des allusions en dessous de la ceinture sont le substrat de chaque programme, leurs proportions différent parfois. Ainsi, des aventures frappadingues comme Tomie Unlimited, Yakuza Weapon, Dead Ball gardent une place importante au récit, à l’émotion, ou à l’humour. Dans Tomie Unlimited, l’histoire d’une jeune fille décédée qui revient dans son foyer familial réserve quelques moments touchants. La parodie se fait délirante dans Yakuza Weapon, Dead Ball. Palme de la parodie pour ce dernier titre, où un ex-champion de base-ball, au look de Clint Esatwood dans ses westerns spaghettis – en poncho et santiags-doit amener ses compagnons de bagne vers la victoire. Avec Gothic & Lolita Psycho, ces trois titres sont probablement les plus légers et rafraîchissants du coffret, des divertissements plus grand public, en quelque sorte.
Films de Zombies, de Yakuzas, de police, de samurai, de science-fiction, de fantômes… Sushi Typhoon colonise une multitude de genres ou sous-genres prompts à accueillir des héros, des hors-la loi, des sadiques, des dégénérés toujours prêts à tout zigouiller sur leur passage. Immersion subversive et totalement déjantée dans la culture pop japonaise, univers manga shôjo et seinen mis à feu et à sang dans Vampire Girl vs Frankenstein Girl.
Les moyens de production limités sont compensés par des maquillages et trucages dont l’imagination n’a pas de limite pour créer des effets chocs, et offrir un open bar pour l’hémoglobine. Les décors souvent minimalistes sont compensés par des atmosphères qui peuvent êtres arides, brumeuses, nocturnes selon la teneur des récits. Donnant des résultats assez saisissants, plus particulièrement dans l’inquiétant Death Trance. Faisant de cette Box Sushi un écrin de terreurs.
Sushi Typhoon – Edition spéciale – Coffret 14 DVD chez Elephant Films.
Death Trance, RoboGeisha,The Machine Girl,Tokyo Gore Police, Samurai Princess,Vampire Girl vs Frankenstein Girl,Helldriver, Dead Ball,Zombie Ass,Dead Sushi,Gothic & Lolita Psycho, Karate-Robo Zaborgar : Tomie Unlimited, Yakuza Weapon.





