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Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?

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Ce Carnet d’Afrique n´est pas une comédie, c’est un documentaire personnel et intimiste.

Quel est le point commun entre John Huston, Pier Paolo Pasolini et Ettore Scola ? The African Queen (Huston, 1951), Appunti per un Orestiade africana (Pasolini, 1970) et Nos héros… (Scola, 1968) ambitionnent de se perdre au détour d’une « orestie filmique » au sein d’anciennes colonies européennes d’Afrique Noire. Nos héros… s’apparente ainsi à une épopée africaine davantage humaine que filmique.


Cependant à l’inverse de ses deux confrères, Ettore Scola décide résolument d’aborder ce voyage sous le trait de la comédie. Genre particulièrement en vogue à l’époque, Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? se perd dans une trame narrative légère. Fausto Di Salvio (Alberto Sordi), éditeur de livre, obséquieux et un brin loufoque, décide de partir avec son chambellan comptable (Bernard Blier), étrangement transparent dans le film, afin de retrouver un ami disparu en Afrique. Une quête des mystères de la civilisation africaine guide indubitablement la balade de Fausto et de son comptable. Son peuple, sa nature, son climat, sont autant d’acteurs qui forment le large casting du documentaire-fiction. Toutefois cette découverte apparaît par moment secondaire, eu égard à la quête plus initiatique du « feu follet » Fausto.

Cette envie de découverte captive l’attention du spectateur. La mise en scène s’en retrouve des plus désuètes. Le carnet de voyage ressemble davantage à un brouillon composé d’esquisses qu’à un véritable guide détaillé. Ainsi, malgré l’excellence d’Ettore Scola en la matière, le scénario s’efface derrière quelques farces convenues comme la scène où le guide fait croire à nos explorateurs qu’il meure atteint d’une flèche d’indien.

La légèreté apparente de cette comédie n’est qu’un leurre. Le film devient l’occasion pour son auteur d’aborder un véritable tournant personnel. Ainsi, le synopsis semble symptomatique du besoin personnel d’Ettore Scola de fuir l’hypocrisie de la vie romaine d’époque qui trouve son apothéose dans la scène finale. La douceur des images n’efface pas ce conflit permanent entre la superficialité du personnage de Fausto, et la sensibilité de Oreste Sabatini, le mystérieux ami disparu. Son nom évoque d’ailleurs celui d’Oreste, fils d’Agamemnon et de Clytemnestre. Après un bannissement, il s’exile dans un voyage expiatoire voire prophétique. Oreste Sabatini ressemble un peu à ce héros tragique. Le thème de la dramaturgie ne quittera pas son esprit, déjà présent dans C’eravamo tanto amati (1974), il trouvera son paroxysme dans des films sensibles comme La Terrazza et surtout dans Che ora è ? (1989).

En somme, le propos est maladroit dans sa forme. Toutefois, le visage sensible que prend cette remise en cause inspire un profond respect. Le metteur en scène débute un virage dans la façon de diriger ses films, passant du lyrisme à la tragédie, de la légèreté à l’émotionnel. Ce Carnet d’Afrique n’est pas une comédie, c‘est un documentaire personnel et intimiste.

Titre original : Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa?

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Durée : 130 mn


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