Entre la vie et la mort

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Thriller convenu et compliqué, le film rate sa cible

De très bons acteurs

Ce film présenté dans la sélection officielle de la deuxième édition du festival Reims Polar aurait pu devenir un bon polar justement. Mais il s’empêtre trop vite dans des situations rocambolesques, ce qui lui ôte à la fois toute crédibilité et surtout tout intérêt puisqu’on décroche assez vite. Pourtant servi par des acteurs hors pair – dont certains, telle Marine Vacth, sont quand même sous-utilisés en raison d’un scénario trop alambiqué – comme Olivier Gourmet et surtout Antonio de La Torre, ce film de Giordano Gederlini se veut témoignage de l’errance, de ces personnes perdues entre racines et origines dans des villes trop grandes et impersonnelles, un peu comme lui, ainsi qu’il le confie au dossier de presse du film : « C’est une histoire originale, écrite à partir d’éléments qui trottaient dans ma tête. Je vis à Bruxelles, mais je suis né au Chili, j’ai vécu à Barcelone et en France. J’ai toujours été étranger dans les métropoles où je me suis installé. J’avais envie de parler de ces gens un peu décalés, pas tout à fait à leur place. » Qu’aurait fait Simenon avec une base de départ aussi riche ? On peut bien sûr se le demander, même si ça ne sert pas à grand-chose.

Un scénario trop alambiqué

Il reste ici un salmigondis de situations ni cocasses, ni horrifiques, seulement assez plates et convenues, si bien que le film devient vite le parangon de ce qu’il ne faut pas faire pour tenir son public en haleine jusqu’au bout. Pourtant, les personnages sont soignés et leur traitement assez maîtrisé. Ainsi le personnage principal, Espagnol égaré en Belgique qui se retrouve on ne sait trop pourquoi conducteur de métro et, en plus, presque obligé par un destin tragique de rouler sur le corps de son fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps mais qui a eu le temps de glisser dans sa main la vidéo du braquage sanglant auquel il a participé, avant que les méchants ne lui courent après pour le tuer. Nous tentons de résumer pour que cela donne un aperçu de la complexité de cette histoire, à moins que nous n’ayons pas tout compris finalement.

Une belle photo pour immortaliser Bruxelles

En termes de photographie, Christophe Nuyens s’en est donné à cœur joie avec des couleurs froides nocturnes, pour donner encore plus de charme vénéneux à la ville de Bruxelles, qu’on ne connaissait pas encore sous ce jour très noir. La scène finale près de l’Atomium avec attaque d’un véhicule par un bus massacreur et massacré aurait pu devenir un moment d’anthologie, mais c’était sans compter sans l’usure de la patience des spectateurs déjà partis ou endormis. Hélas, malgré toutes ces qualités ratées, le film reste quand même comme un hommage à Bruxelles, ce qui semble a priori être le projet du réalisateur ainsi qu’il s’en est expliqué : « J’adore Bruxelles. Je crois que c’est la première fois qu’on filme l’Atomium, un monument que les Belges n’osent pas filmer parce qu’il leur paraît très laid. Il semble sorti de nulle part, il est posé là, entouré de parkings… Bruxelles est très cinématographique, très porteuse d’énergie de cinéma. C’est une ville très « anglo-saxonne », avec des immeubles en briques, des quartiers abandonnés, d’autres refaits, c’est mal foutu… »

 

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Durée : 95 mn


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