Peut-on rester ado à soixante ans passés ? C’est en tout cas la situation de Paul, astrophysicien réputé (il a sa fiche Google !) mais resté amoureux d’une jeune fille (Marie) fréquentée lors d’un bref été 1973, quand tous deux avaient 15 ans, et perdue de vue depuis.
Cela se passe aujourd’hui en Bretagne sur le sentier du GR 34, près de Saint-Malo, où Paul revient occuper la petite maison familiale. Lui qui n’a sans doute pas eu de vie sentimentale depuis, le souvenir de cette romance adolescente alors l’envahit : il se croit poursuivi par les fantômes de cet été 1973 et relit avec passion le journal de vacances (illustré d’aquarelles) que lui avait laissé Marie avant de partir pour l’Inde avec sa famille (sans plus jamais lui donner ensuite de ses nouvelles).
Certains hommes restent accrochés à leurs premiers émois amoureux, quand la Terre n’a pourtant cessé de tourner depuis et que l’objet de leur passion les a depuis longtemps oubliés (Ettore Scola en a merveilleusement parlé dans Nous nous sommes tant aimés). Paul, lui, reste accroché à son rêve : il écoute toujours la musique pop des années 70 (Smoke on the Water de Deep Purple), et se met à espionner comme un gamin une femme qui habite sur un îlot à côté et s’appelle également Marie (Florence Branger). Elle réalise des aquarelles comme Marie…mais n’est sûrement pas Marie (elle acceptera cependant de bonne grâce de se prêter au jeu de Paul et de dîner avec lui, amusée par son innocence juvénile).
Voilà toute l’histoire de ce petit film aux notations qui se voudraient burlesques et qui se termine en queue de poisson. Rien que de plus normal (la queue de poisson) : on est en bord de mer (qui est le vrai personnage principal, avec la beauté de la côte bretonne).
Sur le sentier se résume à une chimère adolescente dans l’esprit d’un baby-boomer. Filmé maladroitement par Gérard Jumel (qui est Paul), sans vrai rythme, ce film risque de ne pas laisser grande trace dans la mémoire du spectateur.





