R.I.F. (Recherches dans l’Intérêt des Familles)

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Sur l´écran, les vacances d´Yvan Attal tournent au cauchemar, pendant que dans la salle, on attend avec impatience la fin de son calvaire (et du nôtre).

Sur le papier, R.I.F. fait rêver : un casting prestigieux, un réalisateur, Franck Mancuso, qui après avoir signé le scénario de 36, quai des orfèvres et s’être attaqué à la réalisation de Contre-enquête s’est fait un nom dans le monde du polar français… Seulement, on a dû oublier trop vite qu’il faut toujours un deuxième essai pour confirmer le premier et qu’un casting de rêve ne suffit pas à sauver complètement un film. Scénario banal, personnages caricaturaux, dialogues peu travaillés, incohérences dans le rythme, manque de dynamisme dans la mise en scène… autant de points qui font que R.I.F. n’arrive pas à la cheville du premier essai (très) réussi de Mancuso. Dommage.

Sans comparer ce qui n’est pas comparable, un constat s’impose dans le genre du film policier français : depuis 36, quai des orfèvres d’Olivier Marchal, il ne se passe plus grand chose. Quasi tous les films du genre restent au stade de pâle copie de ce dernier : savant mélange d’intrigue psychologique et d’action, lumière bleue et glaciale, personnage principal de flic torturé avec barbe de trois jours et cernes jusqu’aux joues, ton grave et inquiétant…

R.I.F. n’échappe pas à la règle et applique à la lettre la panoplie du polar français à la Marchal. Yvan Attal, barbe de trois jours, yeux injectés de sang, a la tête d’un condamné à mort de la première à la dernière minute du film, les seconds rôles sont caricaturés à en perdre toute crédibilité entre le pote flic de Paris qui s’active comme un drogué en manque et le gendarme (Pascal Elbé) qui suit la règle à la lettre. Le traitement des images n’arrange pas le sort de R.I.F. : la lumière est triste et sombre, et Mancuso choisit de faire ressortir le grain histoire de « salir » le résultat. Reste la manière de filmer : les scènes d’action d’abord, en suivant de près les personnages caméra à l’épaule, les gros plans ensuite, hors-cadre juste ce qu’il faut pour souligner le côté « fragilité psychologique » des personnages ! Bref, tout au long du film, on a l’étrange impression de déjà-vu…

 

Contre-enquête, le premier essai de Mancuso, appliquait la même recette du succès que R.I.F et tous les autres. Pourtant, ce film est réussi, certainement parce qu’il y a un excellent scénario, des rebondissements qui rythment le film et une fin à vous couper le souffle, alors que R.I.F. , en plus de souffrir de l’impression de déjà-vu, manque de tout. Car, si le réalisateur reconstruit, avec une certaine pertinence, le processus d’une enquête avec le souci de montrer tous les aléas qu’on peut rencontrer dans la recherche de disparu (R.I.F. étant l’anagramme de Recherches dans l’Intérêt des Familles, ndlr), il tombe dans le travers du réalisme (il faut dire qu’ici ses 20 années dans la police ne l’ont pas aidé). À vouloir absolument montrer comment cela se déroule « en vrai », le film stagne : l’enquête n’avance pas, les rebondissements se font extrêmement rares d’où un manque de rythme, le dénouement de l’histoire est expédié de façon grotesque laissant en plan certaines énigmes soulevées plus tôt dans le film et pointant de fait les incohérences du scénario…

Pour toutes ces raisons, R.I.F., malgré un casting de « cinéma » reste au stade de la pâle copie de 36, quai des orfèvres, comme nombreux films du même genre. Il serait donc grand temps que le polar français arrête de se reposer sur la recette du succès pour se réinventer et surprendre le spectateur.

Titre original : R.I.F. (Recherches dans l'Intérêt des Familles)

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Durée : 90 mn


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