Ma vie n’est pas une comédie romantique

Article écrit par

Gros sabots et petites émotions. Copie conforme des comédies sentimentales
hollywoodiennes. Sans saveur !

C’est avec de belles intentions que Marc Gibaja s’est attelé à la réalisation de son premier long métrage : redonner de l’originalité au genre très fréquenté de la comédie romantique. Avec pour seul bagage les sketches de La minute blonde sur Canal+, l’homme a de l’expérience côté humour. Côté romantique, en revanche, il avait encore beaucoup à prouver.

Dès les premières minutes, Marc Gibaja cite les classiques américains, avec un extrait plein cadre de Quand Harry rencontre Sally. Manifestement sous influence du film de Rob Reiner, le réalisateur va par la suite ponctuer son histoire de clins d’oeils, et même reprendre des idées de scènes, comme la ballade automnale dans le parc, immortalisée sur l’affiche du film.

Le cheminement de Ma vie n’est pas une comédie romantique est en outre identique : Florence et Thomas, lorsqu’ils se rencontrent, n’ont, comme Harry et Sally, rien en commun. L’une est mal mariée et avec deux enfants sur les bras. L’autre est retourné à 35 ans chez sa mère après une rupture. Comme les deux New-Yorkais, ces deux-là vont parler d’amour, d’amitié, avant de comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Bref, côté suspense, c’est le désert. Mais ce n’est pas forcément le plus important dans ce type de films.

Leur petite histoire devrait nous toucher, nous faire rire, et c’est là que le bât blesse. Filmé sans génie, dans le plus pur style « téléfilm du mercredi soir » (absence de direction artistique, décors tristes et banals, éclairage grisâtre et plans moyens en pagaille), Ma vie n’est pas une comédie romantique ne sort jamais vraiment des sentiers battus, comme son titre voudrait le laisser croire.

Pourtant, les acteurs se démènent pour y croire, à commencer par l’omniprésent Gilles Lellouche (onze films en trois ans !), qui tire son épingle du jeu en « looser » charmeur. Mais son air débonnaire et de rares bons gags ne suffisent pas à faire de ce film un nouveau classique. On est même tenter de ne plus rire lorsque Marc Gibaja et son co-scénariste Laurent Sarfati tentent de justifier une improbable idylle entre la fille de 15 ans de Florence, et l’ami de Thomas, un puceau trentenaire et enrobé. Un soupçon d’originalité qui pour le coup tombe un peu à l’eau.

Titre original : Ma vie n'est pas une comédie romantique

Réalisateur :

Acteurs : , , , , , ,

Année :

Genre :

Durée : 93 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

L’Odyssée

L’Odyssée

Le film de Christopher Nolan décrit les aventures d’Ulysse, de la prise de Troie à son retour victorieux à Ithaque où il retrouve sa femme, Pénélope, et son fils Télémaque. L’adaptation est très conventionnelle sans aucune inventivité formelle, et reflète plutôt les fantasmes de notre époque que ce qui pouvait animer les personnages homériques.

Pâques sanglantes : entre tragédie antique et western conventionnel

Pâques sanglantes : entre tragédie antique et western conventionnel

Le cinéma néo-réaliste de Giuseppe de Santis exalte la choralité et le lien cosmique entre les paysages ruraux du Latium et leur population vivant en complète autarcie et dans un enracinement profond à une terre inhospitalière. D’amples travellings et mouvements d’appareil à la grue assument cette transition entre le décor naturel agreste et les protagonistes en proie à des luttes intestines ou des rixes claniques. Dernier volet de la trilogie paysanne de Giuseppe de Santis, Pâques sanglantes est une tragédie grecque au dénouement cathartique. Relecture ..