Drunken noodles

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Drôle de drame mêlant l’art, la tapisserie et l’homosexualité dans un New York presque campagnard…

Un film déjanté et branché

Jeune réalisateur et professeur de cinéma pour le deuxième cycle à la NYU Tisch School of the Arts, Lucio Castro est né à Buenos Aires et a obtenu un BFA au Center for Film Experimentation de Buenos Aires avant de s’installer à New York pour étudier à The New School. Son premier long métrage, Fin de siècle (Fin de siglo), a été présenté en première à la section New Directors/New Films au Museum of Modern Art en 2019 puis il a remporté le prix du meilleur film dans la compétition nationale. Son deuxième long métrage, After This Death, basé sur un scénario original qu’il a écrit, a été présenté en première au festival de Berlin en 2025. Drunken Noodles est son troisième long métrage, il a été présenté en première mondiale au Festival de Cannes 2025, dans la sélection de l’ACID.

Souvenirs de la Factory

Pour ce troisième long-métrage pour lequel Barton Cortright a été directeur de la photographie, Lucio Castro fait preuve d’une originalité incroyable, même si on peut lui trouver un air de parenté avec certains films de la Factory d’Andy Warhol. En effet, ce film, mine de rien, parle d’art, de solitude, de recherche de l’amour, d’homosexualité mais avec l’air de rien. Le sujet du film, écrit par Lucio Castro lui-même, est assez simple mais ouvre des perspectives presque infinies de rencontres, de déception et de beauté dans un monde bancal pas toujours accueillant et sensible. Adnan, un jeune étudiant en art, arrive à New York pour y passer l’été dans l’appartement de son oncle qui est absent et dont il doit s’occuper du chat. Il effectue un stage dans une galerie où est exposé un artiste atypique et plus âgé qu’il a croisé par le passé. Alors que des moments de son passé et de son présent s’entrelacent, une série de rencontres, à la fois artistiques et érotiques, ouvrent des brèches dans sa réalité quotidienne. L’arrivée du jeune homme Adnan dans cette ville un jour d’été est bien rendue, de même que ses rencontres inattendues et sexuelles qui se passent presque le plus naturellement du monde. En revanche, le flash-back de sa rencontre avec l’artiste qui est exposé dans la galerie où il effectue son stage est un peu moins réussi. Mais l’ensemble donne un film assez poétique, parfois à la limite du surréalisme et toujours bien interprété, bien photographié et souvent à la limite du naturalisme.

Faire de la tapisserie

Et surtout, l’art de la tapisserie, celui d’un homme ce qui est assez rare pour être souligné et qui a inspiré en fait le travail du cinéaste ainsi qu’il le raconte lui-même dans le dossier de presse pour un film au plus près des corps et du désir : « À l’été 2021, un ami m’a fait découvrir le travail de Sal Sa- landra, un artiste d’une soixantaine d’années qui venait de se mettre à créer des œuvres explicites au point de croix, une technique généralement associée à des sujets plus sages, comme des chatons jouant avec des pelotes de laine. J’ai été immédiatement fasciné. Je suis allé l’interviewer chez lui, à Long Island, en pensant en tirer un documentaire. Mais je suis reparti avec le sentiment que ce qui m’attirait dans son travail restait insaisissable. J’ai compris que ce que je voulais explorer ne pouvait pas s’exprimer à travers un documentaire : cela devait passer par la fiction. C’est ainsi que Drunken Noodles est né. »

Titre original : Drunken noodles

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Durée : 81 mn


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