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Palmarès Ciné 2020

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A l’aune d’une année 2020 très particulière, voici le palmarès cinématographique de notre rédaction – moins riche qu’à l’accoutumée, mais dans le contexte actuel il nous paraissait essentiel d’être au rendez-vous de ce bilan rituel.

L’heure est venue du traditionnel bilan cinématographique de l’année. Or comme chacun sait, 2020 s’est avérée tout sauf traditionnelle. Notre palmarès s’en ressent. La fermeture prolongée des salles obscures a réduit le nombre de films vus par les uns et les autres. Conséquence logique : une mobilisation en net retrait de nos rédacteurs, et des tops parfois réduits à peau de chagrin. Que l’on compare seulement à l’exercice fait fin 2019, où le bilan de l’année écoulée avait été complété d’un regard rétrospectif sur la décennie.

Nous avons tout de même décidé de publier notre palmarès 2020. Pour marquer le coup. Faire acte de présence. Nous convaincre que 2020 n’aura été qu’une parenthèse. Son ombre risque cependant de porter loin (2021 et au-delà). Le dilemme récurrent du visionnage en salles ou sur plateformes de streaming a clairement été tranché – à titre provisoire – au bénéfice de ces dernières. Les récentes décisions de Disney et Warner sur la sortie en ligne de leurs superproductions semblent annonciatrices d’une tendance lourde. Sera-t-elle durable ? Une fois la tempête passée, le besoin individuel et social de se retrouver dans les salles obscures, d’y faire l’expérience collective du visionnage, dans des conditions autrement plus immersives que chez soi, reprendra-t-il le dessus ? Pour notre part, nous en sommes convaincus. D’autant que la manne financière d’une sortie en salles n’est en aucune façon compensée par une sortie exclusive en ligne (en témoigne l’exemple récent de Wonder Woman 1984). La question reste de savoir quand se fera le retour à la normale. Suivant quel rythme et quelles modalités. Et comment accompagner et aider au mieux les distributeurs et les exploitants d’ici là.

Au-delà du volet économique, crucial tant il charrie aussi d’enjeux humains, quid de la création cinématographique ? Le contexte que nous traversons, même provisoire, ne pourra pas rester sans traces à l’avenir – à la fois sur les manières de voir les films mais aussi de les penser, les réaliser, chaque nouveau canal (salle, TV, plateforme de streaming…) impliquant une refonte de la forme et du fond de ses contenus. Ce ne sera pas la première fois, loin de là, que les cartes de la création cinématographique auront été rebattues (un seul exemple : dans les années 1950, la création du format du cinémascope pour faire face à la concurrence de la TV s’est accompagnée d’une nouvelle approche de la mise en scène et des thématiques traitées). L’actuel manque de visibilité accentue les inquiétudes naturelles. Se pose alors, plus brûlante que jamais, la question de la place dans nos vies et dans nos sociétés des véritables œuvres cinématographiques, c’est-à-dire des films participant à l’histoire du cinéma (passé, présent et futur), singuliers dans leur diversité, et à rebours du babil télévisé et du formatage mercantile qui fut certes de tous temps, mais trouve aujourd’hui plus que jamais matière à se déployer. A ce titre, peut-être n’est-il pas inutile de méditer cette citation de Franck Pierson : « Les films sont à notre civilisation ce que les rêves sont à nos vies individuelles : ils en expriment le mystère et aident à définir la nature de ce que nous sommes et de ce que nous devenons. ». Puissent les films de demain, comme ceux d’hier, continuer à jouer ce rôle essentiel au cœur de nos existences individuelles et collectives : c’est au fond notre vœu le plus cher.

Place désormais à notre top. Le contexte pandémique n’a pas empêché quelques beaux films d’atteindre les salles françaises ; on regrettera qu’ils n’aient pas touché un public plus large. En découle un top peut-être moins révélateur que jamais, où figurent les douze films ayant recueilli le plus de voix.

 

Top des films 2020 de la rédaction :

1) 1917 (de Sam Mendes)

2) Madre (de Rodrigo Sorogoyen)

3) ex aequo : Eté 85 (de François Ozon)

3) ex aequo : Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait (de Emmanuel Mouret)

5) ex aequo : Adolescentes (de Sébastien Lifschitz)

5) ex aequo : Adieu les cons (de Albert Dupontel)

7) ex aequo : Enorme (de Sophie Letourneur)

7) ex aequo : Drunk (de Thomas Vinterberg)

7) ex aequo : Le cas Richard Jewell (de Clint Eastwood)

7) ex aequo : Dark Waters (de Todd Haynes)

7) ex aequo : The Crossing (de Baie Xue)

7) ex aequo : The King of Staten Island (de Judd Apatow)

 

Les tops individuels :

 

Antoine Benderitter
1) Deux, de Filippo Meneghetti
2) La Femme des steppes, le flic et l’oeuf, de Wang Quan’an
3) Fin de siècle, de Lucio Castro
4) Madre, de Rodrigo Sorogoyen
5) Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, de Emmanuel Mouret
6) Enorme, de Sophie Letourneur
7) 1917, de Sam Mendes
8) Adieu les cons, de Albert Dupontel
9) Eté 85, de François Ozon
10) Dark Waters, de Todd Haynes

Mention spéciale : Le Jeu de la dame, mini-série de Scott Franck et Allan Scott

 

Jean-Max Méjean
« Je n’ai pas vu grand-chose et voici ce qui m’a illuminé. Je te propose 11 films sans ordre prioritaire, je les ai tous aimés mais je ne peux les classer, c’est impossible car les raisons de mes choix sont différentes et variables. Aucun film de Netflix bien sûr, je ne regarde jamais sauf rares exceptions. »

1917 de Sam Mendes
Adolescentes de Sébastien Lifshitz
Drunk de Thomas Vinterberg
Eté 85 de François Ozon
Ala Changso de Sonthar Gyal
Né à Jérusalem de Yossi Atia et David Ofek
Park de Sofia Exarchou
Le Défi du champion de Leonardo d’Agostini
The crossing de Bai Xue
L’ombre de Staline d’Agnieszka Holland
Le cas Richard Jewell de Clint Eastwood

 

Jean-Michel Pignol
1)      The Haunting Of Bly Manor (Série de Mike Flanagan)
2)      Mank ((David Fincher)
3)      Madre (Rodrigo Sorogoyen)
4)      Chained (Yaron Shani)
5)      Les Parfums (Grégory Magne)
6)      Ondine (Chistian Petzold)
7)      Eté 85 ( François Ozon)
8)      Dark Waters (Todd Haynes)
9)      Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait (Emmanuel Mouret)
10)   1917 ( Sam Mendes)

 

Justin Kwedi
1) Séjour dans les monts Fuchung de Gu Xiaogang
2) Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret
3) Eva en août deJonas Trueba
4) Ema de Pablo Larrain
5) La Communion de Jan Komasa
6) Queen and Slim de Melina Matsoukas
7) The Crossing de Bai Xue
8) ex aequo Tenet de Christopher Nolan /Drunk de Thomas Vinterberg
9) ex aequo Mignonnes de Maimouna Doucouré/ Madre de Rodrigo Sorogoyen
10) The King of Staten Island de Judd Apatow

Mention spéciale : Kaguya-sama saison 2

 

Marion Roset
« Ceci n’est pas un Top 10, à peine pourrait-on appeler ça un top. Il n’y a pas de classement, juste une énumération des films vus et aimés cette année, cette année où je n’ai pas beaucoup fréquenté les salles de cinéma. »

Un pays qui se tient sage, David Dufresne
1917, Sam Mendes
Invisible Man, Leigh Whannell
Circus of books, Rachel Mason
En avant, Dan Scanlon
The Vigil, Keith Thomas

 

Mathieu Victor-Pujebet
1) Antidisturbios de Rodrigo Sorogoyen et Isabel Pena
2) Uncut Gems des frères Safdie
3) Un Pays qui se tient sage de David Dufresne
4) Pompei d’Anna Falguère et John Shank
5) Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène
6) Adolescentes de Sébastien Lifshitz
7) Madre de Rodrigo Sorogoyen
8) Devs d’Alex Garland
9) Adieu les Cons d’Albert Dupontel
10) Ema de Pablo Larrain

 

Matthias Turcaud
1) « Adieu les cons« , Albert Dupontel
2) « Play« , Anthony Marciano
3) « The King of Staten Island« , Judd Apatow
4) « Le Bonnet de Modibo« , Boubakar Diallo
5) « La Dernière Vie de Simon« , Léo Karmann

 

Maxime Lerolle
« Comme beaucoup d’autres cinéphiles, j’aurai vécu 2020 comme une année maigre. Pour ma part, passée une flopée de poignantes expériences filmiques en début d’année, je n’ai plus remis les pieds dans une salle de cinéma depuis janvier… et, depuis, les quelques sorties en VOD ou streaming ne m’ont guère intéressé. D’où ce classement plus restreint qu’à l’ordinaire ».

1) Les Filles du docteur March (Greta Gerwig) : un film des plus solaires, qui propose un autre regard – tendre mais sans érotisme – sur les corps et les rôles des jeunes filles.
2) 1917 (Sam Mendes) : jamais on n’avait ainsi plongé dans l’enfer des tranchées. Au milieu du chaos, le plan-séquence trouve son sens.
3) Le Cas Richard Jewell (Clint Eastwood) : un Eastwood certes mineur, mais qui démontre sciemment les processus médiatiques de fabrication de la vérité.

 

Paul Courbin
1)  ex æquo. Énorme – Sophie Letourneur
Adolescentes – Sébastien Lifshitz
3) Lux Aeterna – Gaspar Noé
4) Honeyland – Tamara Kotevska, Ljubomir Stefanov
5) Uncut gems – frères Safdie
6) La communion – Boże Ciało
7) Madame – Stéphane Riethauser
8) Si c’était de l’amour – Patrick Chiha
9) La Cravate – Mathias Théry, Étienne Chaillou
10) Adieu les cons – Albert Dupontel

 

L’équipe de notre webzine vous adresse tous ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

 

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