Select Page

Stanley Kubrick

Article écrit par

A l´occasion de la rétrospective qui lui est consacrée à la Cinémathèque, ce Coin du cinéphile est dédié Stanley Kubrick.

Stanley Kubrick, en réalisant le rêve d’autonomie qu’ont souhaité tant de brisés du système studio (Orson Welles en tête), a fini par incarner une figure quasi mythologique du créateur obsessionnel et maître absolu de son œuvre. A l’opposé de cette image de contrôle maniaque, sa filmographie n’a de cesse finalement de montrer le déraillement de personnages et de cadres rigoureux et contrôlés.

Kubrick aura, avec une œuvre finalement assez restreinte (en cinéastes de cette aura, il n’y a guère qu’un Sergio Leone qui aura fait moins de films), illustré ce désir de maîtrise par une diversité cherchant à imprimer le film définitif dans chacun des genres abordés. Cette dichotomie s’exprime sans doute déjà dans la profession première de Kubrick puisqu’en tant que photographe, l’intérêt est autant dans la volonté de capturer l’instantanéité d’un moment que de le provoquer.

Tout Kubrick est là, des environnements les plus froids et aseptisés peuvent surgir une divine poésie (le fœtus spatial à la fin de 2001), une émotion bouleversante (l’ultime récit des exploits de Barry Lyndon à son fils mourrant), la folie (Shining, Dr. Folamour) et tout une gamme d’émotions qui ne serait pas si intense sans cette maîtrise lorsqu’elle daigne se relâcher. La distance et la froideur dont on a pu qualifier le réalisateur n’est ainsi qu’une vision partielle et superficielle de l’homme et de ses œuvres.

Pour ce Coin du cinéphile nous nous promènerons à travers les époques et les espaces où se sera posé l’œil kubrickien. Le XIXe siècle de l’ambition avortée d’un Barry Lyndon, le futur rêvé de 2001, l’antiquité brutale de Spartacus pour les époques. L’intimité d’un couple en crise de Eyes Wide Shut, le terrifiant puzzle mental de Shining, la société ultra violente d’Orange Mécanique, le regard du désir coupable de Lolita et la robotisation militaire de Full Metal Jacket  ou l’enfer urbain de L’Ultime Razzia pour les espaces, mentaux le plus souvent. Enfin, nous évoquerons les projets avortés du cinéaste, aussi passionnants dans leurs démarches que ses réalisations elles-mêmes et prétextes aux fantasmes de cinéphile.

Bonne lecture avant un prochain Coin du cinéphile qui, à l’occasion de la sortie de Detective Dee de Tsui Hark, sera consacré à la glorieuse époque du Hong Kong des années 80/90.

Réalisateur :


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Les chemins de la haute ville

Les chemins de la haute ville

Styliste jusque dans le détail flamboyant de l’adaptation, Jack Clayton circonscrit les fourvoiements d’un rastignac provincial dérouté sur « les chemins de la haute ville ». Soixante ans après sa sortie fracassante, le film marque encore les esprits par le prurit des désirs inassouvis qu’il déclenche en nous. Un soap opéra férocement jouissif en version restaurée 4K.

Camille

Camille

Voir ce film est comme ouvrir le journal : reportage en une dizaine de pages du conflit en Centrafrique avec photos exclusives de Camille Lepage.

Joker

Joker

Amas d’abîme sur lequel tente de danser un corps ravagé, « Joker » repose tout entier sur la composition démentielle de son acteur.

Gemini man

Gemini man

De retour sur les écrans, Will Smith s’impose un rôle dans la continuité logique de sa carrière dans le nouveau projet de Ang Lee, réalisateur et producteur taïwanais notamment reconnu pour sa capacité d’adaptation au fond et à la forme.