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Réédition en DVD/ Blu-Ray de « Peggy Sue s’est Mariée » et « Jardins de pierre »

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Très dissociables par leur enveloppe : comédie-dramatique de remariage pour « Peggy Sue s’est mariée », drame de guerre pour « Jardins de Pierre », ces deux oeuvres de Francis Ford Coppola de la fin des années quatre-vingt se rejoignent intimement.

Le canevas de Peggy sue s’est mariée s’apparente à s’y méprendre à celui de Retour vers le futur, le spectaculaire succès de RobertZemeckis. Suite à un malaise Peggy (Kathleen Turner) se réveille trente ans plus tôt, dans sa prime jeunesse, temps béni de l’American Way of Life. Belle occasion d’emprunter un nouveau chemin de vie plus heureux, en ne cédant plus aux chimériques sirènes du mariage. L’engagement, les illusions sont également au cœur de Jardin de Pierres. C’est à l’Oncle Sam que le soldat Jackie Willow a fait serment d’allégeance. Un homme au bon endroit peut changer le cours de la guerre, proclame t-il avec ferveur. Retourné de l’enfer, le sergent-instructeur Hazard (James Caan)  va tenter de persuader Jacky que le Vietnam n’est pas une guerre mais un bourbier sans nom. En vain. Invariablement, de l’expérience et de la bienveillance, la jeunesse fougueuse ne saurait avoir cure. De refaire simplement sa vie, pour Peggy Sue, ou de sauver la sienne pour le soldat Willow, il n’en est jamais réellement question.

 

 

La tranchante lucidité des personnages centraux fissure profondément le vernis édulcoré de Peggy sue s’est mariée. Pour Peggy, la joie de retrouver les siens, famille et amis, se mélange à un sentiment de culpabilité. Son prétendant énamouré, Charlie Bodell (Nicolas Cage), ne croit pas à sa bonne étoile, abandonnant ainsi son rêve de grimper au sommet des charts. Dans Jardins de pierre, l’amour, la camaraderie occupent une place encore plus importante dans le récit. Un militaire ne peut survivre sans être solidement épaulé par les siens. Inopérant malgré tout pour le soldat Willow. Point de suspense sur le sort dramatique qui lui est réservé puisque ses funérailles font office d’incipit. Le lieu et les circonstances du drame ne feront que de brèves apparitions, en fond sonore ou sur des postes de télé, pour reléguer hors-champ ces champs de l’horreur déjà trop vus au cinéma.

 

En comparaison avec les projets ambitieux voire fous (échec retentissant de Coup de Coeur en 1982) de l’immense Francis Ford Coppola, l’apparente modestie de ces deux productions ne doit pas occulter leur caractère essentiel. Aussi bien pour comprendre l’auteur que pour saisir le miroir qui nous est tendu. En se recentrant sur l’intime, Coppola aborde avec pudeur et sincérité les doutes, les regrets et les peurs qui l’assaillent face à la fuite du temps. Nous renvoyant ainsi notre impuissance à endiguer l’inévitable. Aucun d’entre nous ne peut prophétiser son bonheur. Le seul don en notre possession, mais faut-il encore en avoir conscience, est celui d’apprécier les instants apparemment anodins mais riches de sens et de sensibilité. Tout au plus pouvons-nous figer les images les plus tendres de notre existence afin de pouvoir les revivre avec une acuité plus forte. La mémoire n’est-elle pas le plus bel écran de cinéma, et réciproquement ?

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