Palm Trees and Power Lines (Sur UniversCiné)

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Dans la « tradition » du cinéma indé US : un premier film coup de poing.

Dans une petite bourgade Californienne,  à la sortie de l’adolescence, Lily (Lily McInerny) traine sa peine en compagnie de camarades de son âge. Sa rencontre avec  Tom (Jonhatan Tucker), un homme bien plus mature, va la conduire sur un terrain accidenté.  Que ce soit le cadre aride et désertique de ce no man’s land américain ou l’ennuie dans lequel se complait une jeunesse en manque de repères (déliquescence de la cellule familiale et rejet des règles), Palm Trees and Power Lines s’annonce prévisible aussi bien dans la forme que dans le fond. Rythme lent, une vacuité des échanges seulement  rehaussée par la  crudité des scènes d’opposition frontale, la lourde empreinte de Sofia Coppola (Virgin Suicides et Somewhere, en l’occurrence ici) a visiblement marqué la réalisatrice, Jamie Dack. L’ombre d’Andrea Arnold (Fish Tank, American Honey) plane également sur ce récit d’émancipation. Mais, cette impression de déjà-vu est cependant progressivement atténuée par la pudeur qui accompagne l’immersion dans l’intimité de la jeune fille. Alors que Lily passe  sans tabou et scrupules du siège arrière de la voiture de son jeune compagnon à la chambre de motel d’un mâle averti, le cadrage et la lumière créent un hors-champ dans le champ.    Cette retenue dans la monstration des corps et des gestes lors des scènes de sexe consenties va décupler l’impact de la suite des évènements.

Sans vouloir tout éventer ici (même si de nombreux petits cailloux dessinent ostensiblement  le chemin),  l’inéluctable et inacceptable  basculement des relations sexuelles  ne peut que susciter l’effroi. D’autant plus que  la rhétorique masculine et la mise en scène de l’acte ne différent pas dans leurs développements. En s’affranchissant des effets chocs habituels, Jamie Dack prend le risque d’être soupçonnée de ne pas ouvertement condamner  les coupables en présence. On aurait tort de se livrer à un tel procès d’intention, ou d’y déceler une simple volonté de provocation. De même, en refusant de s’appesantir sur les souffrances de la victime, le point de vue adopté s’approche de la  neutralité. Le jeu des comédiens, tout en retenue, participe également à la distanciation. Mais il y a des murmures qui résonnent plus forts que des cris, et des silences beaucoup plus obscènes que des paroles. Pour nous laisser sans voix, mais pas sans réactions. Le film s’est vu décerné le Prix du jury au Festival Américain de Deauville 2022 (Ex –æquo avec War Pony). Une compétition durant laquelle le Grand Prix a été attribué à Aftersun, qui présente certaines similitudes avec Palm Trees and Power Lines. N’ayant pas trouvé de distributeur pour rencontrer son public français en salles, saluons le flair et l’initiative d’ UniversCiné de nous permettre de le découvrir à présent sur sa plateforme.

 

Le film est disponible sur la plateforme Universciné depuis le 26 avril

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Durée : 110 mn


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