Opération vol – Intégrale de la série TV – Coffret 19 DVD chez ELEPHANT Films.

Article écrit par

A mi-chemin entre Mission impossible et Amicalement vôtre, une perle des séries télé de la fin des années soixante dont on avait, jusqu’à cette édition, oublié le charme.

En 1968, pour concurrencer des séries comme Mission impossible  et Des agents très spéciaux ; MCA propose à Universal un concept, créée par Roland Kibbee va connaître trois saisons. Tous les épisodes n’ont pas été diffusés en France , que ce soit sur l’O.R.T.F à l’époque ou sur Treizième rue par la suite. Éléphant films a nous permet de (re)découvrir avec beaucoup de plaisir l’intégralité de ce joyau de la télévision.

Permis de dérober.

Mundy, Alexander Mundy (Robert Wagner). Son talent, le vol haut de gamme, deviendra sa mission en tant qu’ agent secret au service de la S.I.A, agence missionnée pour protéger les intérêts des États-Unis. Pour éviter la case prison, Mundy va d’épisode en épisode multiplier les cambriolages les plus insensés. Le pilote de la série, inédit en France jusqu’à cette édition, (sur) joue la carte 007. Rythme effréné, escales dans différents pays, Mundy’s Girls en série, action spectaculaire, de quoi rivaliser avec le grand écran. Une fois lancée la série trouve un rythme de croisière plus singulier. Dans la première saison, le motif de l »espionnage est le plus souvent qu’une rampe de lancement pour des récits rocambolesques. La bienveillance l’emporte sur les manipulations machiavéliques, l’humour sur la violence, sans pour autant négliger une bonne dose d’action. Dans la seconde saison, la tournure devient plus sérieuse dans certains épisodes comme dans l’excellent récit, en deux parties, avec Joseph Cotten. La troisième commence avec un Mundy, plus libre et plus sombre. Avant de nous réserver une belle surprise familiale.

Missions impossibles.

Comme dans Mission impossible, la mythique série de Bruce Geller, dans Opération Vol, le héros est tout simplement le dernier recours, la dernière chance pour résoudre une situation inextricable. Dans les deux premières saisons, Noah Bain (Malachi Throne) responsable de la cellule d’agents secrets, place Mundy face à un ultimatum : dérober un micro-film, un bijou, un document top secret, des composants nucléaires … pour la raison d’état ou retourner en prison. Le dilemme immédiatement tranché, le plus grand des voleurs reprend du service et part le plus souvent sous un nom d’emprunt, et sous un déguisement un tantinet surligné, tenter un coup de poker… gagnant. Comme dans Mission impossible, la série possède le charme d’un exotisme désuet : la deadline, l’exotisme des décors : la Côte d’Azur, les pays exotiques, les dictateurs sud-américains ou africains. Mundy part seul en mission ou simplement accompagné d’une assistante de charme. Une série de ce type ne saurait être orchestré par un score mémorable et percutant à souhait, Mission est devenu inoubliable grâce au thème de Lalo Schrifrin, ici c’est ni plus ni moins qu’un autre grand nom du jazz et de la musique de film : Dave Grusin ( Bobby Derfield, Tootsie…) qui est à l’œuvre.

 

Arme de séduction massive.

It Takes a Thief, le titre original, renvoie spontanément au célèbre thriller romantique d’Hitchcock,  To Catch a Thief (La main au collet, 1955), ou Cary Grant incarne le plus charmant des voleurs, obligé de reprendre du service pour démasquer son imitateur. Dans cette lignée, Robert Wagner, apparait comme un impeccable héritier du flegmatique Cary Grant, cinq avant Opération Vol, il a pu roder son personnage de voleur-séducteur dans La panthère rose. (Blake Edwards). « 

Vous êtes séduisant » s’empressent de murmurer les belles dont le visage s’approchent lascivement vers le gentleman cambrioleur. Arme de séduction massive, le beau Al, costume cintré, cravate ou foulard légèrement desserré n’hésite jamais à user d’un tel compliment quand il s’agit de manipuler celle qui pourrait compromettre sa mission, ou convaincre celle avec laquelle il voudrait poursuivre la soirée dans un cadre plus intime. Al Mundy, cousin germain de Simon Templar (Le Saint), et  père spirituel du duo Brett Sinclair et Danny Wilde d‘Amicalement vôtre (1971-1972).

La plupart du temps interchangeables, les belles d’un épisode, à l’allure et à la coiffure ( le plus souvent blonde) sans un faux pli , servent quasi exclusivement de faire-valoir au sourire irrésistible de l’insatiable dandy. Quelques exceptions cependant, dénommée Chuck, (Susan Saint James)  une cambrioleuse débutante, très drôle, et Susan Pleshette dans la peau d’une diva soprano qui n’aime pas Caruso, ou Senta Berger dans d’autres aventures.

 

Guest-Stars

Si la seule présence de Robert Wagner qui attire le plus souvent tous les projecteurs sur lui est déjà un atout considérable de la série, les meilleurs épisodes  sont ceux où l’on trouve des prestigieux invités de marque. En plus de Joseph Cotten et Susan Pleshette, cités plus haut: Ricardo Montalban (L’île Fantastique), Paul Henreid, Teri Garrr, Ida Lupino, Aldolfo Celi, Bette Davis, le génialissime Peter Sellers. Et surtout, ,le plus élégant des partenaires et des mentors dont on peut rêver: Fred Astaire. Dans le rôle du père d’Al Mundy, pendant cinq épisodes, sa grâce fait une nouvelle fois merveille, dans une série qui ne manquait déjà pas de charme.

Opération vol – Intégrale de la série TV – Coffret 19 DVD chez ÉLÉPHANT Films.

Titre original : It Takes a Thief

Réalisateur :

Acteurs : , , , , ,

Année :

Genre : , ,

Pays :

Durée : 3340 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..