Medianeras

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Pas grand-chose à retenir de cette comédie un peu trop molle.

Dans la grande ville de Buenos Aires, Mariana et Martin, jeunes adultes passablement névrosés, ont tout pour (se) plaire. Lui est agoraphobe et webdesigner. Elle est architecte – mais n’a jamais rien construit – décoratrice de vitrines pour gagner sa vie et plutôt dépressive depuis une relation de quatre ans s’étant conclue de manière absurde et décevante. Problème : si leurs immeubles se touchent presque, le possible vis-à-vis de leurs appartements est empêché par l’interdiction d’en percer les murs mitoyens (medianeras), sur lesquels s’étalent en lieu et place de toute ouverture d’immenses affiches publicitaires. Rendus aveugles l’un à l’autre par ce dispositif, les personnages errent en quête de réponses à leurs angoisses, cherchant l’amour, etc. Finiront-ils par se rencontrer ?

Voilà une comédie romantique qui a tous les défauts d’un court métrage refait en long. Artificiellement étiré à l’aide d’une flopée d’anecdotes peu intéressantes, le film, haché et répétitif, piétine très vite, ce qui est quand même un comble pour un cinéaste qui revendique une certaine légèreté dans la forme comme dans le propos. La première scène laisse pourtant entrevoir les promesses d’un style, entre collage pop et commentaire gentiment ironique. Le temps de ces quelques belles minutes, le film assume totalement son côté carnet de bord avançant joyeusement au rythme de la voix de Pilar Lopez de Ayala (plus bavarde que dans le dernier Oliveira), exposant avec une énergie communicative sa théorie qui rend les architectes responsables de la propagation de la dépression chez les habitants de Buenos Aires.

Puis tout ça s’essouffle très vite par un manque d’originalité que ne viennent pas contredire les quelques tentatives du cinéaste de redonner du rythme par l’utilisation de courtes scènes de dessin animé. Celles-ci passent sans déplaisir, mais justement ne font rien d’autre que passer, à l’image d’un film qui ne décolle jamais et se contente de se tenir à une ambition d’une pauvreté qui devient parfois gênante : adopter un ton résolument anecdotique, se fondre dans l’air du temps (il y a du Klapisch dans Medianeras), trouver sa limite dans la revendication d’une modestie qui laisse advenir la référence (Woody Allen est bien là, image de maître installée en toile de fond), jouer d’une certaine complicité en exorcisant les petits malaises contemporains par le rire. Bref, il n’y a là pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Au final, tout ça n’est pas particulièrement désagréable mais manque sérieusement à la fois de tenue et d’énergie. À force de se contenter d’adopter la posture de l’observateur à la fois sympathique et ironique, Gustavo Taretto se perd en digressions sur le quotidien qui empêchent son histoire de prendre véritablement forme. Son discours sur la solitude urbaine, le repli des individus lié au développement de la technologie – principalement des techniques de communication – et les névroses contemporaines est d’un dilettantisme satisfait qui agace très vite, marque d’un projet sans consistance voué à un oubli rapide.

Titre original : Medianeras

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Durée : 95 mn


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