Maya

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Pour son sixième long-métrage, Mia Hansen-Love se penche avec subtilité et retenue sur la question des traumatismes et de ses séquelles et dépeint le tableau d’un petit coin de paradis salvateur.

Au terme de quatre mois de calvaire dans une Lybie déchirée, Gabriel, un jeune reporter otage des forces rebelles au pouvoir en place, atterrit à Paris, avec l’un de ses confrères et compères de captivité. Il y retrouve sa famille, son ex, Noamie, et y rencontre les plus hauts dirigeants du pays, sous le fracas de la couverture médiatique de l’évènement que représente sa libération. Après une série d’examens et de rendez-vous de façade, il retrouve la monotonie de la vie parisienne qu’il avait décidé de fuir pour l’adrénaline du terrain. Et ses retrouvailles avec Noamie n’y changent rien : Gabriel a plus que jamais besoin d’évasion. Il part en Inde, où vit une mère avec qui il entretient peu de rapports, qu’il retrouve brièvement, puis se met en tête de retaper la maison où il a grandi. Il retrouve aussi son parrain, propriétaire d’un petit coin de paradis, qu’il va bientôt être contraint de vendre au profit de l’expansion des quartiers résidentiels, et y rencontre sa fille, Maya, une jeune étudiante fraichement revenue de Londres. Gabriel va tisser avec Maya un lien salvateur.

 

 

Et c’est tout en demi-mesure et avec intelligence que Mia Hansen-Love parfait sa réalisation ; développant lentement mais profondément la relation qu’unit progressivement les deux personnages principaux ; déjà magnifiée par la beauté de la nature locale. Servie par deux acteurs brillants, ce film est avant toute chose l’histoire d’un sauvetage, d’un nouveau départ auquel Gabriel ne semble lui-même pas considérer comme une convalescence mais comme la seule échappatoire à sa portée. Comment un homme qui toute sa vie a exécré le confort et le confinement des dorures parisiennes peut-il se remettre d’un tel traumatisme sinon en retournant à ses sources, au sein de ces décors de rêve qui peu à peu disparaisse pour répondre aux enjeux démographiques. Maya apparaît être la clef de ce trauma, la chance de Gabriel de faire le deuil de ce qu’il a essuyé. Il n’est pas dans cette œuvre question des habituelles relations passionnelles, rompues de tensions, mais d’abord d’une amitié, d’un soutien mutuel. Maya comprend Gabriel mieux que quiconque, parce qu’elle est la seule locale à ne pas rêver d’une vie occidentale, d’un exil européen, la seule à voir dans ce paradis déjà perdu l’avenir, la pérennité, ce qu’il suffit à la vie pour être belle.

 

 

Hélas, le film souffre également de sa subtilité et finit par se perdre dans la lenteur de cette vie provinciale. L’histoire traine en longueur, et à l’heure où l’écran devient noir, l’on souffle, non sans un accès de culpabilité, de sortir cette œuvre-ordonnance qui bien que convaincante, laisse un goût d’inachevé, sans doute car le scénario ne brille pas à l’aune de la même mise en scène trop léchée (des décors à la bande son, mêlant pop et mélodies traditionnelles indiennes).

 

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Durée : 105 mn


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