Les Vacances de Monsieur Hulot.

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Plus de soixante ans après sa première exploitation, Monsieur Hulot revient poser sa serviette sur la plage de Saint-Marc-sur-mer dans une version totalement restaurée.

L’heure des vacances a sonné. Direction Saint-Marc-sur-mer, quelque part entre Saint-Nazaire et la Baule, pour un séjour en pension complète à l’Hôtel de la plage. Tandis que la gare est prise d’assaut par les futurs vacanciers, un curieux personnage débarque à bord d’une voiture improbable. Nous sommes en 1953. Monsieur Hulot est né. Cette silhouette inoubliable à la pipe et au chapeau léger comme une feuille, fait peau neuve pour venir perturber à nouveau le train-train des parisiens en villégiature.

Les enjeux de la restauration

La copie originale sur support nitrate des Vacances de Monsieur Hulot a inévitablement subi les outrages du temps. Il s’agissait donc pour Jérôme Deschamps et Macha Makaïeff, mais surtout pour le patrimoine cinématographique français, de sauver ce chef-d’oeuvre de la destruction. Tati le tatillon est revenu à plusieurs reprises sur son film afin d’ajouter ou de supprimer des gags. La première version date de 1953 puis, au début des années 60, Tati remonte le film, supprime et rallonge des plans. Il réarrange la musique d’Alain Romans et refait entièrement le mixage sonore. Enfin, inspiré par le film de Steven Spielberg Les Dents de la mer, Tati retourne en 1978 à Saint-Marc-sur-Mer la scène de panique provoquée par l’assimilation de la barque de Hulot fendue en deux, à un requin affichant des crocs menaçants.

 
Toutes ces modifications directement apportées sur le négatif original, ajoutées aux passages répétés en laboratoire, ont contribué à la dégradation du précieux négatif. Bien qu’abîmés, les éléments originaux toujours existants du film sont les seuls véritables garants de la pérennité de l’œuvre (et ceci vaut pour toutes les bobines nitrate). Car l’espérance de vie du support numérique n’est pour l’instant qu’une gageure.

 
   

La restauration des images s’est faite aux Etats-Unis : le Technicolor North Hollywood a effectué les procédés photochimiques traditionnels, éliminant les défauts superficiels des images et protégeant durablement le négatif original, tandis que le laboratoire Technicolor Burbank de Los Angeles a pris en charge la restauration numérique, permettant de travailler image par image. Ces différentes manœuvres ont essentiellement servi à fluidifier les transitions entre les plans du film. Par ailleurs, la restauration a permis de redonner de l’éclat aux nuances de blanc et de noir, à accentuer les contrastes d’un film qui affichait jusque là une teinte à dominante grise.

Le son chez Tati est un mode d’expression très personnel, une marque de fabrique, à la fois subtile et originale. La restauration du son représentait donc un enjeu aussi considérable que celle de l’image. Celle-ci s’est faite à Epinay-sur-Seine, à partir du négatif son de la troisième version. Le résultat sonore de cette nouvelle mouture est à la hauteur de toutes les attentes. Les « teuf teuf »et les « pan ! » du pot d’échappement de la voiture de Hulot sont plus appuyés et donc plus comiques. Les « boings » de la porte de la salle à manger sont encore plus « boiiings ». Bref, le son est tout simplement magnifique. La restauration aura permis de sublimer les qualités rythmiques et la richesse sonore du film, qui y gagne en intelligibilité.

 
Enfin, la restauration des Vacances de Monsieur Hulot a également impliqué un grand travail d’archives afin de ne pas trahir la volonté de l’auteur. Pour ce faire, les carnets de croquis, les courriers, les notes et les photos de Jacques Tati ont été épluchées. La consultation du réalisateur Pierre Etaix a également contribué à définir la touche finale du film : un timbre poste – unique plan couleur du film – vient signifier la fin des vacances et le souvenir de ce drôle d’hurluberlu à jamais tamponné dans nos mémoires.

 


 

Photogrammes avant et après restauration    

 

A lire également la critique du film par Francesco Capurro, et la chronique du livre de Jacques Kermabon par Alexandrine Dhainaut.

Titre original : Les Vacances de Monsieur Hulot

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Durée : 88 mn


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