La Petite chambre

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Filmer la tendresse, ou la rencontre bienfaitrice entre une femme meurtrie et un vieillard en colère.

« Aujourd’hui, l’âge ingrat ne se réfère plus à l’adolescence mais au quatrième âge ! », déclarent avec un humour teinté de gravité les deux réalisatrices Stéphanie Chuat et Véronique Reymond à propos du sujet de leur premier long métrage. Sans être un état des lieux de l’abandon des personnes âgées dans les mouroirs de notre société, La Petite chambre est le modeste récit d’une résistance, du refus de la solitude et de la mort comme seuls horizons.

Edmond est seul, vieux et méchant, tandis que sa nouvelle infirmière, Rose, se remet difficilement de la perte d’un bébé mort-né. D’un argument psychologique assez grotesque – Rose, en mal de maternité, prend sous son aile fragile le vieux monsieur, qui, dans son âge avancé, a régressé dans un état proche de l’enfance –, les réalisatrices parviennent à extraire un joli face à face. Michel Bouquet, pas vu au cinéma depuis Le Promeneur du champ de Mars, semble prendre beaucoup de plaisir à martyriser son fils, tel un tonton Daniel qui lutte avec ses pauvres moyens pour ne pas finir en maison de retraite.

Face à lui, Florence Loiret-Caille donne assez de sécheresse et de dureté à son personnage pour que tout cela ne tourne pas au mélo. Car si le film n’a que peu de qualités de mise en scène, il a au moins le mérite de permettre au jeu quasi magnétique de l’actrice de s’enrichir encore. Sa diction presque gouailleuse et son énergie butée, qui explosaient déjà dans La dame de trèfle de Jérôme Bonnell, trouvent ici un équilibre chez un personnage mû par une tendresse pour son compagnon, et une affection naissante pour un vieil homme. Sans véritable ampleur narrative ni grande ambition formelle, La petite chambre fait quand même honneur à ses comédiens (Eric Caravaca notamment, toujours bon), leur servant quelques belles répliques et se hissant sans chichis au rang de drame intimiste plutôt touchant.

Titre original : La Petite Chambre

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Durée : 87 mn


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