La mutante 1, 2, 3 et 4. Sorties DVD/ BLU RAY chez BQHL

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Une créature de rêve atterrie sur notre planète, le cauchemar va pouvoir commencer.

Hybridation décomplexée

À partir d’un échantillon d’ADN extraterrestre, des scientifiques américains donnent vie à une créature dont ils vont rapidement perdre le contrôle.  Face à la difficulté de faire du neuf sur la base d’un thème aussi vieux que ses genres d’accueil – la science-fiction et l’horreur -,  les quatre opus de cette saga font feu de tout bois sans aucune retenue, avec pour seul objectif : nous en mettre plein la vue. Le premier épisode ne semble pas savoir sur quel terrain se fixer, et tant mieux d’ailleurs. Sous la direction de Roger Donaldson, un baroudeur multicartes de l’Entertainment (Le Bounty, Sens unique, Guet-apens…), les scènes de poursuite et de fusillade sans sommation s’enchaînent dans l’esprit des blockbusters musclés de la fin de la décennie précédente que sont L’arme fatale (Richard Donner, 1987) ou Piège de Cristal (John Mc Tiernan, 1988). Sans oublier de provoquer les rires ; volontairement, à l’instar du numéro d’autodérision du tarantinien Michael Madsen ; ou  involontairement par l’entremise de Forest Whitaker qui croit dur comme fer à la crédibilité de son personnage d’extra-lucide, et de Ben Kinglsley qui écarquille ostensiblement les yeux pour singer le bon docteur Loomis (Donald Pleasance) d’Halloween. Côté S.F : satellites, vaisseaux  spatiaux, laboratoires, scientifiques rien ne résiste à la puissance du monstre. Sur les territoires de l’horreur, sous sa carapace lovecraftienne, en digne épigone d’Alien (Ridley Scott, 1979) et de Predator (John Mc Tiernan, 1988), cette énième hydre venue de l’espace ne se trouve jamais rassasiée de sang frais. Les combats titanesques entre deux versions de la créature – éternelle dualité du Monstre – qui viennent nourrir les épisodes trois et quatre ne manquent pas par ailleurs de tranchant. S’il ne fait aucun doute que les quatre réalisateurs de la saga n’ont pas été choisis pour leur griffe personnelle, on appréciera cependant les efforts de renouvellement. Aussi bien dans la nature des personnages que dans le choix des cadres d’action, voire dans la tonalité des aventures. De quoi amplement justifier l’envie de goûter plusieurs fois au fruit défendu, de se laisser avidement manipuler par la face la plus séduisante de la créature.

Corps célestes

Avant de se transformer en une immonde créature, la mutante se présente d’abord sous la plus séduisante apparence. Une jeune femme aux mensurations idéales obnubilée par une projet précis, multiplier les copulations pour se reproduire et coloniser notre planète. Nul doute que la plastique de rêve de Natasha Henstridge n’ait contribué à lancer la saga sur les rails du succès. Tenues moulantes, décolletés pigeonnant, la belle ne demande jamais son reste quand il s’agit de s’effeuiller. Rien n’est plus efficace que de chauffer le Mâle avant de le trucider. Le bras de la créature faisant office de pic à glace. Habile inversion des sexes de l’adage de Wes Craven : « Pour sortir vivant d’un Slasher mieux vaut ne pas coucher« .  N’oublions pas que Basic instinct a ouvert la voie trois ans auparavant. N’y voyons cependant pas là une quelconque condamnation des relations sexuelles prétendument coupables. Car la censure n’est pas au programme de la franchise, à contrario dans chacun des épisodes, les femmes aussi bien que les hommes  sont pleinement encouragés à assumer leur libido, et cela sans aucune retenue. Comme dans le deuxième opus où les trois martionautes ne pensent qu’à rattraper le temps perdu dès leur retour sur terre.  Après deux premiers épisodes particulièrement dénudés, Natasha Henstridge cède sa place  à une Sunny Mabrey toujours aussi plantureuse, mais beaucoup moins exhibitionniste – visant ainsi un public plus jeune. Puis c’est autour d’Helena Mattsson de prendre le relais dans le dernier volet. La blonde devra alors se mesurer à son alter-ego latino, incarné par Marlene Favela, top-modèle et actrice mexicaine de télénovelas. Énième fantasme porno-chic d’une saga de chair et de sang. Comme pour l’ensemble de la franchise ce baroud d’honneur ne cherche pas à faire dans  la dentelle. Rien que pour cette  raison  ces quatre séries B décomplexées ne manqueront jamais d’aficionados.

Disponibles en DVD/ BLU RAY chez BQHL

Titre original : Species 1,2,3, 4

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