La Maison au toit rouge

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Le charme discret de la bourgeoisie japonaise.

A peu près inconnu en France, Yoji Yamada livre pourtant avec La Maison au toit rouge son quatre vingt-deuxième long métrage. Au Japon, c’est une autre histoire : il y est depuis plus de quarante ans l’un des cinéastes les plus populaires, notamment grâce à sa série en quarante-huit épisodes, Il est dur d’être un homme qui, entre 1969 et 1995, lesquels épisodes mettront tous en scène le personnage de Tora-san, un vagabond aspirant à la marginalité. Yamada a par ailleurs obtenu par quatre fois le prix du meilleur film décerné par l’Académie du Cinéma Japonais. Réalisateur attiré par la représentation à l’écran des petites gens, il redonne goût, avec La Maison au toit rouge, à un certain classicisme lyrique, où la discrétion ne va pas sans un amour tout à fait assumé du drame et de la théâtralité. Nous sommes dans la banlieue de Tokyo en 1936 : Taki, une jeune campagnarde arrive dans une maison bourgeoise pour y servir comme domestique. Alors que la guerre approche à grands pas, elle assiste à l’idylle naissante entre sa patronne et un jeune homme, nouveau collègue de son mari. Soixante ans plus tard, alors que Taki vient de mourir, son neveu retrouve une enveloppe scellée ; un secret éclate.

Construit autour d’allers-retours entre le présent et le passé (bien que l’on suive majoritairement l’intrigue à l’époque), le récit est parfaitement limpide, grâce à une mécanique bien huilée de flash-backs très structurés. La Maison au toit rouge est le film d’un cinéaste placide : rien n’y est sulfureux, c’est davantage l’observation scrupuleuse de la vie comme sous cloche, dans une bâtisse élégante qu’on ne quittera pas, qui l’intéresse avant tout. La photographie, extrêmement travaillée et superbe, permet au mélo de se déployer progressivement, laissant couver la tragédie. Là encore, élégance et discrétion n’empêchent pas le drame d’éclater dans l’intime, tout en tenant la violence à l’écart : de la guerre, on ne verra rien, si ce n’est ses possibles répercussions sur les personnages. L’ensemble est parfois un rien empesé, ce qui n’enlève rien au charme subtil qui se dégage du film, qui cultive un amour de l’humilité qu’on ne peut qu’apprécier.

 

Titre original : Chiisai ouchi

Réalisateur :

Acteurs : ,

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Durée : 136 mn


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