Deuxième édition du Festival CinéBaltique, du 5 au 8 février au cinéma l’Arlequin.

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Six longs métrages et trois programmes de courts métrages au programme de cette deuxième édition.

Peu connus du grand public – et pas seulement – les  cinémas estonien, letton et lituanien sont mis en valeur durant ce festival qui, fort d’une première organisation réussie, revient cette année pendant quatre jours au cinéma l’Arlequin. Des avant-premières, un hommage, l’occasion de découvrir des œuvres au caractère singulier, et de se plonger dans un bain culturel dépaysant. 

Voici les titres qui ont retenu notre attention parmi les films de la sélection que nous avons pu découvrir.

JEUX D’ENFANTS, Leida Laius, Arvo Ilho (1985).

Programmé dans le cadre de l’hommage à la réalisatrice Estonienne Leida Laius,ce coming-of-age adopte une démarche entre le documentaire et la fiction. Naturalisme du portrait de ces enfants et adolescents dont les parents ne veulent  ou ne peuvent plus s’occuper, et qui sont placés dans un foyer de la dernière chance. Violences, harcèlemenst, qui semblent ne pas être mise en scène ni minimisés dans leur intensité. La fiction ou le romanesque, dans le récit d’affirmation lente de sa jeune héroïne : Mari et sa découverte de l’altérité. Jamais poseur ni misérabiliste, Jeux d’enfants trouve sa place dans un cinéma qui ne prend pas de gants avec l’enfance et l’adolescence, sans pour cela épargner les adultes. Sans rougir de la comparaison, Jeux d’enfants trouve sa place aux côtés de L’enfance nue de Maurice Pialat, et L’argent de poche de Truffault.

ROLLING PAPERS (PIKAD PABERID) de Meel Paliale ( Estonie).

Le parcours et rencontres de Sébastien, employé d’un convenience-store, dessinent en creux le portrait d’une certaine jeunesse Estonienne qui se cherche. Résigné au départ à suivre une voie toute tracée, paisible mais sans relief, il est encouragé par Silo, à lâcher prise, et à rêver, si ce n’est plus grand, mais du moins avec son propre regard. Même si, à priori, le dessein du réalisateur est assez prévisible et ses portraits plus bruyants que captivants dans le lancement du trip et des fêtes trop arrosées, progressivement l’humanité et la singularité des caractères nous touchent. Pikad Paberid, qui pour s’adresser aux cinéphiles plus âgés que son public présumé multiple les références : Godard, Le Fanfaron, Easy Rider..,  est visiblement plus à l’aise dans l’intime que dans le social; dans la deuxième partie du film plus apaisée et plus ouverte sur la question sempiternelle de la vie à deux.

FLESH, BLOOD EVEN A HEART, Alise Zarina (Lettonie).

A un moment où elle doute de son avenir professionnel, et surtout pour sa relation de couple sur le désir que peut éprouvé son conjoint, Liv apprend que son père vient de tomber dans le coma. Même si le drame s’ancre dans une réalité sociale et économique peu reluisantes, : la corruption, la pauvreté du système médical,  la réalisatrice s’attache au trouble de sa trentenaire par un prisme parfois à la lisière du fantastique, mélangeant cauchemars, rêves, et souvenirs. Le passé et le présent s’entremêlent avec une douceur qui contrebalance la dureté du drame, grâce notamment à une très belle photographie et un montage fluide. Une quête existentielle poignante portée par une impressionnante comédienne, Ieva Segliņa. Une très belle réussite en provenance de la Lettonie.

                                                                                      FLESH, BLOOD, EVEN A HEART

Rénovation (Gabrielė Urbonaitė, Lituanie). Film de clôture du Festival.

A quelques jours de franchir le cap de la trentaine, Ilona vient d’aménager avec son conjoint dans un appartement  situé dans un immeuble en rénovation. Le cadre du film métaphore d’une existence également en chantier. Se marier, avoir des enfants, continuer sa carrière de traductrice alors que c’est l’écriture de poésies qui la fait vibrer, Ilona se voit poser ses questions par un entourage omniprésent : mère, amis, voisins… dans un immeuble ouvert aux quatre vents. L’apparition d’un séduisant ouvrier Ukrainien vient ajouter un doute aux doutes. Rénovation qui aurait pu s’intituler Cuisine et dépendances, aborde de façon classique mais avec une belle justesse de ton la grande ronde des rapports humains, accélérée dans une situation de quasi confinement.

                                                                                                                                               

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