Select Page

Coffret Marx Brothers (Panique à l’hôtel et La pêche au trésor)

Article écrit par

Un beau coffret. Un beau cadeau. De quoi se faire plaisir en toutes circonstances!

Vacances de la Toussaint. À Paris les décorations commencent à parer avenues et rues, les grands magasins brieffent le vieux Monsieur en-habit-rouge-et-à-la-barbe-blanche, et tout le monde se met à  réfléchir. À quoi me direz-vous? Eh bien aux cadeaux de Noël ! Certes, nul besoin est d’attendre le 25 décembre pour faire plaisir et se faire plaisir, car depuis le 16 octobre dernier est sorti un coffret aussi hilarant qu’indispensable, un coffret qui se compose de deux longs métrages des Marx Brothers : Panique à l’hôtel (1938) et La pêche au trésor (1949… leur dernier film). Deux œuvres  animées par le comique allumé des Marx Brothers, dont la renommée internationale est à son apogée après des films comme Monkey Business (Monnaie de singe, 1931), Horse Feathers (Plumes de cheval, 1933) et bien sûr le célèbre Duck Soup (Soupe au canard, 1933) de Léo Mac Carey.
       

Panique à l’hôtel est le seul film des Marx tourné à la RKO, car ils sont à l’époque en contrat avec la MGM. Tiré de la pièce de théâtre Room Service, d’Allen Boretz et John Murray, qui remporta un grand succès à Broadway, Panique à l’hôtel se déroule principalement dans la chambre occupée par les Marx and Co, conservant ainsi au cinéma la mise en scène théâtrale. L’histoire se rapproche de celle développée dans les comédies musicales des années trente, à savoir la description des difficultés d’un show qui a du mal à se monter faute de moyens financiers. De farce à attrape, les Marx Brothers dénouent les situations les plus cocasses en conservant ce style verbal déjanté qui leur est si cher.

La structure de La pêche au trésor est un peu différente. Groucho Marx joue au détective « style Sherlock Holmes » afin de découvrir où se cache le collier royal des Romanoff. Une rivière de diamants dissimulée au départ dans une boite de sardines, repérable par sa croix malte au verso, qui se balade de mains innocentes en langue de chat (?), pour finir dans les poches de celui qui l’avait découverte. La caméra court dans les rues, dans le théâtre où Harpo et Chico « travaillent » : chaque plan semble se mettre en quête de l’objet. À souligner ici, une belle performance de Harpo le simplet, personnage principal qui détient sans le savoir la clef de l’énigme, mais aussi une des premières apparitions de Marilyn Monroe sur grand écran.

Un trio attachant, inoubliable. Groucho, cet homme-autruche à la silhouette cassée, à la moustache maquillée, qui semble narguer le monde entier avec sa queue de pie et son cigare, est un clown au regard malin (parfois on dirait qu’il cherche sa prochaine victime…). Chico, le petit homme qui longe les murs, maladroit et malin, sourire narquois et regard inquisiteur, ce roublard tranquille n’aurait pu être qu’une ombre ; mais il est Marx, donc imprévisible et décalé… Harpo au trench-coat déformé, fou de service et simplet du coin, tendre et maladroit, attachant et troublant, il sait dévoiler la vérité (la sienne, celle des autres, celle du monde,…) en toute candeur. Des frères d’un autre temps, si loin… inoubliables pourtant. Un temps autre que le cinéma nous rend immortel.

Titre original : Room service

Réalisateur :

Acteurs : , , , , ,

Année :

Genre :

Durée : 78 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Perdrix

Perdrix

Une merveille romantico-burlesque, par un vrai talent en devenir de la comédie française stylisée. Un film que nous avons découvert à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes 2019.

Miss Oyu

Miss Oyu

« Miss O-Yû » est un mélo sublime mais improbable où la relation amoureuse est suspendue à un code marital d’airain d’une autre époque. Son personnage éponyme est une créature onirique, désincarnée, une femme-fantôme vénéneuse et à la fatalité destructrice comme une sorcière jetant ses sortilèges. Mizoguchi recrée l’Eurydice du mythe d’Orphée. Suavement ensorcelant en version restaurée.

La Rue de la honte

La Rue de la honte

Film choral, « la rue de la honte » lève un voile cynique sur les rapports sociaux entre ces travailleuses du sexe formant une micro-société qui serait la métastase d’une société nippone gangrenée par la misère de l’après-guerre préludant à sa reconstruction. Une œuvre testamentaire corrosive et virulente en version restaurée.