Sans plus attendre (The Bucket List)

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Le réalisateur de « Stand by me » et de « Quand Harry rencontre Sally » revient avec une nouvelle comédie, accompagné par deux monstres sacrés du cinéma américain. Si Jack Nicholson et Morgan Freeman paraissent en pleine forme, Rob Reiner, quant à lui, semble plutôt sur la mauvaise pente.

Sans plus attendre raconte l’histoire de deux hommes parvenus au terme de leur vie. Le premier, Edward Cole (Jack Nicholson), est un impétueux multi-millionnaire. Le second, Carter Chambers (Morgan Freeman), un mécanicien particulièrement cultivé. Atteints tous les deux par un cancer incurable, ces personnages se retrouvent dans une même chambre d’hôpital et entreprennent la rédaction d’une « bucket list », une liste qui regroupe les dernières choses à accomplir tant qu’ils le peuvent encore. Désirant réaliser leurs rêves, les protagonistes décident de quitter leur chambre d’hôpital et de se lancer dans l’ultime aventure de leur vie.

Les deux personnages, tout au long du film, prennent du bon temps : ils font du saut en parachute, pilotent des voitures de course, se font faire des tatouages, voyagent aux quatre coins du monde… Si Cole considère ce périple comme un jeu, son acolyte, rapidement, lui fait comprendre que ces choses ne suffisent pas pour être heureux et précise que le bonheur n’est possible qu’à la condition de le procurer à autrui.

L’attrait de Sans plus attendre repose sur la performance des deux acteurs principaux, deux grandes figures du cinéma américain. Si le film parvient à alterner aussi efficacement les scènes émouvantes et humoristiques, c’est avant tout grâce à leur jeu. On découvre en effet à quel point ce duo – inédit jusqu’à ce jour – fonctionne à merveille. Fidèles au style qui les a rendus célèbres – l’excentricité de Nicholson, l’impassibilité de Freeman – les deux acteurs réussissent à combiner leur personnalité propre et donnent au scénario de solides perspectives caustiques et désopilantes.

Que se passerait-il alors si Sans plus attendre affichait un casting différent ? A quoi le film ressemblerait-il ? Pour une bonne partie, à un catalogue d’agence de voyage : les personnages traversent l’Afrique, les Indes et la Chine comme s’il s’agissait de photos – ce qui, techniquement, est le cas dans la mesure où les acteurs sont intégrés numériquement dans les décors exotiques. Si la recette du bonheur consiste à parcourir le monde, cette option revient en réalité à s’imprégner de ces clichés. Qu’on se rassure, les protagonistes ne courent aucun risque, les seuls personnages non américains de tout le film se révèlent être une pauvre vieille népalaise et un couple d’indiens en arrière-plan.

Dans la dernière partie du film, la plus importante vis-à-vis du message qu’il s’efforce de délivrer, Reiner, vraisemblablement fatigué de son voyage autour du monde, semble opter pour les solutions les plus faciles. Après avoir lourdement insisté sur les problèmes familiaux des deux personnages principaux, le cinéaste élude leur retour au foyer en se contentant de quelques plans fixes et d’une musique siropeuse qui couvre les paroles prononcées. L’approche psychologique des protagonistes n’en réchappe pas et c’est dans une trop large distanciation que ces derniers finissent par mourir heureux.

A prendre au pied de la lettre, le message de Sans plus attendre semble se résumer à l’idée que le monde est beau mais que son "chez soi" l’est plus encore. On pouvait espérer mieux de la part de Rob Reiner. En pleine possession de leurs moyens, Nicholson et Freeman sauvent malgré tout les apparences. Profitons-en avant qu’ils ne soient réellement plus là…

Titre original : The Bucket List

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Durée : 96 mn


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