Young hearts

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Une histoire d’amour et d’apprentissage entre deux garçons.

Autobiographie et feel-good movie

Lorsque le réalisateur, dans le cadre du festival Chéries-Chéris à Paris, a présenté son film, il a parlé d’autobiographie et de feel-good movie. Il semblerait que ce soit exactement ça et, si vous vous demandez encore ce que veut dire exactement cet anglicisme, vous le saurez en regardant ce film, et c’est d’ailleurs en même temps sa faiblesse. Titulaire d’un diplôme de l’école des Beaux-Arts de Gand et d’un master en études cinématographiques, Anthony Schatteman, dont c’est ici le premier long-métrage, s’était fait connaître en 2012 par Kiss Me Softly qui a remporté de nombreux prix à travers les festivals du monde entier. Plusieurs autres courts suivront : Follow me (2015), Hello, Stranger (2016), Petit Ami (2017), LHomme inconnu (2021). Il s’est d’ailleurs fait une spécialité de la mise en images des angoisses notamment sexuelles des jeunes adultes, en insistant sur ces sentiments qui sont souvent très difficiles à exprimer. Il le confie dans le dossier de presse de son film : « Quand jai commencé à écrire cette histoire, elle sarticulait autour de deux garçons de 14 ans. Mais par la suite, jai plutôt pensé à mettre en scène des jeunes garçons de 12 ans parce qu’à cet âge-là, la sexualité nest pas le sujet central. Quand javais moi-même entre 11 et 13 ans, je ne savais pas vraiment ce que c’était. Elias et Alexander ne songent pas au sexe mais à leurs sentiments naissants. »

Amoureux transi

C’est vraiment le cas ici puisqu’il s’agit d’une sorte de film d’apprentissage dans lequel un jeune homme de 13 ans, Elias, fait le difficile parcours de l’amoureux transi d’un jeune homme qui lui paraît plus libre et plus ouvertement homosexuel. Décidément, la source n’est pas tarie mais, malgré quelques maladresses ou insistances un peu naïves, le film fait mouche et touche au cœur. Il faut dire qu’au festival Chéries-Chéris, le public est acquis, mais on apprend en plus que Young Hearts a obtenu de nombreuses récompenses : couronné en février 2024, lors de sa projection au Festival International du Film de Berlin, section Generation KPlus, de la Mention Spéciale du Jury Jeunesse, il a été projeté en mai 2024 en sélection officielle à Cannes Écrans Juniors.

Casting d’enfer

À partir d’une base toute simple, pour ne pas dire simpliste, Anthony Schatteman est parvenu à créer tout un univers en se basant surtout sur un énorme travail de sélection et de direction d’acteurs qui sont proprement magnifiques. Après un casting auprès de 1500 jeunes (sic), ilest arrivé à trouver deux pépites : Lou Goossens dans le rôle d’Elias et Marius de Saeger dans celui d’Alexander qui sont proprement incroyables de véracité et d’audace. Il faut le souligner. De plus, le scénario a été écrit entièrement par le réalisateur, mais avec des conseils notamment de Mieke de Jong et NathalieTeirlinck, mais surtout de Lukas Dhont, ami et proche du réalisateur, et auteur notamment du très beau Close, Grand Prix du festival de Cannes 2022 et qui semblerait la référence même du récent Young Hearts. Il faut dire aussi que ce film est servi par la très belle photo de Pieter Van Campe, mais desservi peut-être par un peu trop, non pas de pathos, mais de mièvrerie dans la mesure où, milieu aisé et cultivé aidant, les choses semblent s’arranger d’elle-même. Qui aura un jour le courage de traiter ce sujet dans un milieu socio-culturel bien moins favorisé. Du coup, même s’il s’agit d’un film autobiographique, ce que le réalisateur ne cesse de marteler, il est à regretter une fin aussi rapide et idyllique, comme si le film niait qu’il y ait encore de nos jours des jeunes gens qui souffrent dans leur corps, et dans leurs sentiments de préjugés et, surtout, de violences. Dommage.

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Durée : 97 mn


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