Willy 1er

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Un quinquagénaire tente de construire sa vie, un hymne au courage et à la liberté.

À la mort de son frère jumeau, Willy (Daniel Vannet), cinquante ans, quitte pour la première fois ses parents pour s’installer dans le village le plus proche, Caudebec-en-Caux. Afin d’acquérir son indépendance et de réaliser ses rêves (avoir un scooter et des amis…), l’homme va devoir s’imposer dans un environnement jusque-là inconnu. Réalisé par quatre anciens élèves de l’Ecole de la Cité de Luc Besson : Ludovic et Zoran Boukherma, Marielle Gauthier, Hugo P. Thomas, Willy 1er se présente comme un hommage à l’héroïsme singulier de son acteur principal. Du parcours de Vannet qui, à quarante-cinq ans, exploité par son patron, décide de reprendre sa vie en main, réapprend à lire et se met au théâtre, les réalisateurs n’ont souhaité conserver que quelques anecdotes, laissant ainsi le champ libre à la fantaisie et à l’onirisme pour nous offrir une fable moderne où s’entremêlent le rire et l’émotion, la douleur et l’espoir.
 
 

La soif de vivre

« Je suis vivant, moi », hurle Willy à ses parents, lorsqu’il découvre que ces derniers ont mis son portrait sur la pierre tombale de son frère, faute de photo du défunt. Cette scène cocasse illustre parfaitement la fonction de catalyseur que le récit octroie à la mort. À différents moments, lorsque Willy s’interroge sur son parcours, l’oeuvre convoque l’image évanescente du jumeau pour opposer les seules alternatives possibles : se battre ou mourir. La mort, l’angoisse de la solitude innervent le film mais ne confinent jamais au pathos, une réplique impromptue ou une situation loufoque allégeant l’atmosphère. Vivre, c’est accepter la magie de l’inattendu ; au ralentit, un tourbillon improbable ramène les feuilles que Willy vient de dégager pour lui constituer un manteau automnal. La beauté est dans l’œil de l’admirateur, « Caudebec, c’est beau » clame Willy, alors qu’un long plan d’ensemble dévoile une campagne sans relief et un ciel nuageux. Des vastes étendues du Pays de Caux, au quartier populaire du centre ville, en passant par les parkings du supermarché, le parcours de Willy nous permet de mesurer le manque d’attractivité de cette partie du territoire, mais il ne s’agit pas cependant d’un constat de désolation. La relative douceur de l’éclairage, les légères nuances de couleurs évitent de sombrer dans un esthétisme glauque, caricaturalement associé à ce type de représentation.

 

Un héros pas ordinaire

Tel un héros de western, Willy ne sera définitivement intégré dans sa nouvelle communauté qu’après avoir su défier les autorités en présence. Dans les rayons du supermarché où il est embauché, l’homme, perché sur son autolaveuse, n’entend pas céder le moindre centimètre de terrain à son collègue, Willy II (Romain Léger), qui cherche à lui imposer sa loi. Dans un contest de bikers, lors d’un champ contre-champ digne d’un road-movie hollywoodien, Willy, en scooter, toise sans ciller la horde locale des motards. Le héros qui découvre subitement l’étendue de sa force devra apprendre à la canaliser pour ne pas tomber dans la violence. Contrarié, Willy n’hésitera pas à bousculer brutalement sa tutrice, Catherine (Noémie Lvovsky) qui refuse de l’héberger quelques jours de plus. Impulsif, incontrôlable, tel peut être Daniel Vannet dans son quotidien ; les réalisateurs ont souhaité retranscrire ici toute l’imprévisibilité de ce personnage hors-norme. Le héros sait reconnaître ses erreurs, après avoir molesté Willy II qui lui a abimé son scooter, Willy va se fendre en excuses et multiplier les gestes d’amitiés pour se racheter. Cette rédemption se révèle comme le point faible du récit, trop soulignée par l’accumulation de scènes qui manquent d’imagination et de corrosion ; à cela s’ajoute un message moralisateur suranné : le vivre ensemble repose sur l’acceptation des différences. Même si le périple se termine sur une impression de déception, il serait injuste d’oublier le plaisir que cette œuvre sait nous procurer par moments.

Titre original : Willy 1er

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Durée : 82 mn


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