Un roman policier

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Description réaliste d´un commissariat de banlieue minimisée par une dramatisation pleine de pathos et des thèmes uniquement effleurés.

Simple affront à l’anglicisme ambiant ou concordance exacte avec le sujet et la forme du film ? D’emblée le titre de ce premier long-métrage interpelle. Il n’est pas rare que le cinéma puise dans la littérature et même s’attribue le nom d’un genre mais Un roman policier brouille les pistes par ce titre, très loin de l’expression employée.

Complétant l’idée principale de la construction romanesque, Stéphanie Duvivier prend appui sur ses personnages pour développer son film. Emilie Carange, lieutenant de police en proie à des frustrations, voit débarquer Jamil Messaouden, aux méthodes radicales et contraires à l’orthodoxie du service de force publique. Le commissariat, situé dans une banlieue, est informé d’un trafic de drogue par une grand-mère arabe. Alors que l’affaire devrait être menée par Viard, flic de la brigade des stups, il faillit à son devoir, « ayant la tête et le cœur ailleurs ». Tous ces personnages vont se croiser pour déceler l’affaire de drogue et se côtoyer dans des retranchements plus intimes.

Loin du film choral dans la structure mais possédant la même amplitude de personnages, la réalisatrice ne laisse pas suffisamment de temps ni d’espace pour se familiariser avec eux. Au contraire, elle leur attribue des caractéristiques banales et archétypales qui entravent leur épanouissement au cours du film. Certes, mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver mais encore faut-il savoir insuffler une force au personnage pour qu’il puisse jongler et rompre avec le schéma initial. Soutenu par Olivier Marchal, qui vient de livrer MR 73, Un roman policier n’échappe pas au flic alcoolique, éreinté par la vie. Bien interprété par ce même réalisateur-acteur, son incursion est cependant inutile, rehaussant malheureusement le degré de pathos.

Alors que l’entremêlement des rencontres et le scénario ancré dans un contexte social (banlieue et immigration) auraient été une alternative pour proposer une réflexion sur un discours sclérosé par le politiquement correct, Un roman policier l’effleure et s’éloigne d’un intérêt évident du film. Tout comme la mise en perspective de la vie privée des protagonistes, dans des séquences qui finissent par interpeller par leur incongruité, il est dommage que les thèmes exposés soient si succincts. C’est par ce biais que ce premier long-métrage brouille entièrement les pistes. Introduisant polar, enquête sociale et drame personnel, Stéphanie Duvivier multiple les intrigues sans en satisfaire aucune.

Se concluant sur un happy end musical et larmoyant, évoquant des thèmes de façon sommaire et peu développée, Un roman policier se dérobe sous les traits d’un roman de gare.

Titre original : Un roman policier

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Durée : 97 mn


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