Trois amigos. Sortie Blu-Ray/ DVD chez Carlotta.

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Trois drôles mercenaires sortent de l’écran pour venir au secours d’un petit village mexicain. Une comédie bon enfant signée John Landis.

Croyant être embauché pour faire leur numéro filmique de justiciers au grand cœur, un trio de stars sur le déclin va devoir affronter une bande de hors-la loi mexicains qui terrorisent tout un village. « We can be the tree amigos for real », clame fièrement Ned Nederlander (Martin short). Une phrase à double sens par homonymie, dans la langue originale. Real, comme réel : dans leurs costumes clinquants,  revolvers de fête foraine en main, les trois hommes vont cependant réellement braver la mort. Reel, synonyme de film lors des premiers temps des studios (Split Reel désignant par exemple un film court). Autre double sens, si Magnificent signifie magnifique dans l’esprit de l’admiratrice qui a recruté ces héros de fortune, pour les cinéphiles que nous sommes tous, l’expression renvoi bien évidemment au cultissime The Magnificent Seven (Les sept Mercenaires, John Sturges, 1960), dont le scénario de John Landis va reprendre la trame principale. Si le film flirte avec la parodie de genre sans forcément faire souvent mouche, c’est que son esprit est plus respectueux que farceur. Hommage aux stars comiques du muet, slapstick, Vaudeville, on danse et on chante avec une fière maladresse. Les trois amigos étant de dignes héritiers des Trois Stooges -célèbre troupe comique apparue dans les années 1920.

Plus encore, c’est la magie du cinéma que Landis célébre dans son ensemble. Une croyance toute Spielbergienne dans sa capacité à transformer le rêve en réalité -animés par la même foi les deux compères se sont associés dans La quatrième dimension, film à sketches de 1984. Merveilleux refuge, la salle de spectacle est le lieu de tous les possibles. Pour le contrebandier allemand, c’est en imitant le personnage de Ned qu’il a appris à dégainer plus vite que son ombre. Tandis que pour Carmen et son fils, le grand écran va leur permettre de découvrir leurs sauveurs. Et, comme dans La rose pourpre du Caire (Woody Allen, 1985), il suffit d’appeler de ses vœux les héros pour qu’ils franchissent l’écran. Commence alors une aventure bricolée à l’ancienne. John Landis nous plonge sans complexe dans des décors en toc et en stuc. Osant même un épisode  cartoonesque lors de la scène de bivouac en compagnie de la faune locale. Bien évidemment, l’amour, l’amitié et les bons sentiments finiront par triompher, dans une bonne humeur partagée également par « les méchants ».

Pour les nombreux fans des trois trublions placés en tête d’affiche, le programme peut s’avérer déceptif. L’esprit Saturday Night Live se décline ici en version light pour ces habitués des excès en tout genre. Steve Martin ayant laissé son insupportable caractère -et conséquemment une grande partie de ses mimiques- en coulisse. Chevy Chase préfère sourire malicieusement que de mettre en marche sa machine à gaffes, et Martin Short surfe sur sa gentillesse présumée. Le disruptif n’est manifestement pas au programme. On a également connu un John Landis plus déjanté -notamment dans The Blues Brothers (1980), son grandissime  hommage à l’univers du spectacle. Mais, dans Trois amigos ses intentions sont toutes autres, et restent tout à fait louables par ailleurs : offrir un divertissement nostalgique et enlevé. Un Pop-Corn Movie des plus réussis, pour passer un agréable moment en famille.

 

Trois Amigos, Carlotta, sortie le 5 juillet 2023.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Titre original : ¡Three Amigos!

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Durée : 103 mn


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