Terrifier 2

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Art the Clown revient et ça va saigner…

Du gore, et de l’horreur, interdit aux moins de 16 ans

Le film qui a fait vomir de peur l’Amérique entière arrive en France. Les Titane, Nope et autres Clown et Joker peuvent presque aller se rhabiller. Ici, on a peur carrément et on le manifeste haut et fort. Certains vont sortir du cinéma, d’autres vont hurler de terreur, d’où ce titre bien trouvé qui ne trompe pas sur la marchandise car vous en aurez pour votre argent, ce qui n’est pas du luxe vu le prix d’une place de cinéma de nos jours… Surtout que le réalisateur ne vous lâche pas une seule minute et vous êtes happé dans un tourbillon infernal avec de super effets même si les acteurs, et surtout les actrices, ne sont pas vraiment de très grands comédiens. Quant au scénario, il est archi-rebattu pour ne pas dire un peu faiblard : un soir de Halloween comme par hasard, un méchant clown grotesque et terrifiant rôde alors que frère et soeur doivent sortir danser déguisés de façon quelque peu morbide. A ceux qui seraient inquiets, qu’ils se rassurent : il n’est pas nécessaire d’avoir vu Terrifier 1 pour comprendre le 2. C’est gore et puis voilà. Les spectateurs qui se précipiteront pour le voir savent bien sûr que le film est interdit aux moins de 16 ans et qu’il faut avoir le coeur bien accroché pour supporter certains passages. On ne vous aura jamais assez prévenus. 

 

Une panoplie terrifiante

Bon après toutes ces précautions sans doute pas inutiles, de quoi s’agit-il ? Ce deuxième opus commence où le premier s’était arrêté : Art the Clown, allongé sur la table d’un médecin légiste, ressuscite de façon brutale, prêt à terroriser à nouveau la petite ville de Miles County. C’est parfois proche du bric-à-brac de la panoplie gore et d’épouvante genre Frankenstein, Dracula, folie, terreur, psychopathie, tout un mélange détonnant et sans complexe, sans oublier bien sûr le Grand Guignol très en vogue à la fin du XIXème et début du XXème siècles à Paris notamment. Ce méchant clown est très laid, il doit faire peur et le metteur en scène a demandé à ses maquilleurs et costumiers de s’inspirer des tableaux impressionnants de James Ensor, ce peintre belge né à Ostende en Belgique en 1860 et qui a su créer des personnages de clowns et de pierrots inquiétants et morbides, un peu à la manière de la tradition mexicaine du culte des morts qui a inspiré la foire mercantile de notre moderne Halloween, tradition maintenant américaine un peu dégénérée et ridicule. Elle est pourtant à l’honneur tout au long du film car le scénariste et réalisateur, Damien Leone, s’est sans doute dit que cette fête des morts servirait parfaitement d’écrin à pareille débauche de sang et d’assassinats.

Préparez-vous au pire

Le scénario un peu poussif ainsi que nous venons de le dire n’est utile que pour préparer les différentes entrées en scène de l’horrible Art et d’une énigmatique petite fille diabolique, grimée en clown façon Chucky. « Un personnage symbolise bien cette problématique : il s’agit de la petite fille également grimée en clown, que seuls Art, Sienna et son jeune frère peuvent voir et qui apparaît de façon aléatoire, écrit Marc Poquet dans aVoir-aLire.com. Si le personnage est en lui-même assez terrifiant (beau travail de maquillage), on se demande quelle est sa justification et, jusqu’à la fin, le spectateur ne comprendra pas vraiment pourquoi il est là. » C’est rassurant, donc évitez de vous prendre la tête. L’histoire est très simple : une maman seule parce que veuve cache le secret de la mort de son mari et vit avec son jeune garçon et sa fille un peu plus âgée. Ils sont tous excités par la préparation d’Halloween sans se rendre compte qu’ils vont en être surtout les principales victimes. Minutées et préparées, les arrivées des méchants donnent lieu à des carnages gore de grande qualité et réellement épouvantables. Il faut dire au passage que souvent c’est très réussi et pas seulement sur le plan technique : l’essayage des lunettes d’Art the Clown dans le magasin de farces et attrapes et la séquence finale qui se déroule dans un labyrinthe des horreurs d’une fête foraine sont des moments forts d’un film que ne renierait pas un James Ensor ni même un Dario Argento.

Titre original : Terrifier 2

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Durée : 138 mn


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