Sick Of Myself (Disponible sur Univers Ciné)

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Peux-tu faire tout pour exister ?

Dans Sick of Myself, on observe un couple – Signe et Thomas – qui vit une relation malsaine et toxique. Récemment, cette relation est devenue encore plus compétitive à mesure que Thomas devient connu en tant qu’artiste. Signe est prête à tout pour attirer l’attention et la sympathie de Thomas comme du reste du monde.

D’abord, elle exagère les événements qui lui sont arrivés et les raconte à plusieurs reprises à ses amis, puis elle fait tout pour saboter l’attention que reçoit son petit-ami, qui a réussi dans la société avec son exposition. Les choses deviennent sérieuses un jour lorsqu’elle découvre sur internet qu’un médicament provoque de graves troubles cutanés. Elle provoque alors, en prenant le médicament, des dégâts irréversibles sur l’ensemble de son corps afin d’être le centre de l’attention de son entourage, notamment de Thomas.

Signe est quelqu’un de mentalement instable et on se demande alors pourquoi Thomas est toujours avec elle. Ils sont toujours ensemble parce que Thomas n’est pas tout à fait normal non plus. Même si Thomas recourt à l’art pour exister, il le fait de manière anormale. Toutes les œuvres qu’il crée sont réalisées à partir de meubles qu’il vole dans différents magasins. Voler n’est pas seulement le but de la création artistique ; comme nous le voyons dans la scène d’ouverture du film, Thomas « existe » également dans sa vie quotidienne en volant.

Avec ce film, nous voyons non seulement un personnage psychopathe mais l’humanité toute entière comme névrosée. Parce que chacun de nous fait tout son possible tout au long de sa vie pour « exister ». Puisque les humains sont des animaux sociaux – comme le disait Aristote- , notre existence ne peut se réaliser que grâce à la reconnaissance des autres. Et si nous ne pouvons pas nous sentir visibles de manière saine, nous pouvons nous transformer en n’importe quoi pour être visible et aimé.

Dans le film, au fur et à mesure, on apprend que Signe est une enfant mal-aimée, avec des parents divorcés. À mesure que son état s’aggrave, on commence à voir des scènes de songe. Elle veut être à l’ordre du jour avec ce qui lui est arrivé, écrire un livre à ce sujet et devenir célèbre. Le titre du livre est Jeune fille malade. Au fond, Signe est consciente que sa situation est morbide, mais elle ne peut l’empêcher. Parce qu’elle est prête à tout pour être remarquée et aimée. Alors pourquoi se révèle-t-elle en se faisant du mal au lieu de créer quelque chose comme Thomas ? Bien sûr, quelques années de thérapie sont nécessaires pour répondre à cette question, mais brièvement, on peut supposer que c’est par son manque d’amour-propre et son manque de conviction qu’elle est incapable de créer.

Le film ne nous fait pas seulement ressentir son état d’esprit avec un personnage bien écrit, mais il reflète aussi l’absurdité de la situation avec son esthétique. Avec les gros plans utilisés au début, on entre dans une atmosphère tendue sans connaître les personnages ni voir les événements qui les entourent. Tout au long du film, les plans larges avec de zooms avant et arrière soulignent cette tension. La bande sonore augmente encore ce sentiment chez le public.

La meilleure scène de Sick of Myself est la scène de sexe. C’est l’une des rares séquences dans laquelle on voit Signe et Thomas dans le même plan. On peut aussi dire que c’est l’une des scènes de sexe les plus intéressantes de l’histoire du cinéma contemporain. Même si elle a un côté humoristique, elle montre très bien que les besoins physiques humains sont en réalité une extension des besoins psychologiques et émotionnels. Leur dirty talking est hors du commun. Signe demande Thomas de montrer sa tendresse à travers les mots en lui faisant raconter son enterrement à elle… D’entendre que les gens se soucient d’elle lui donne un orgasme…

Les caméras et les écrans jouent également un rôle important tout au long du film. Signe fait des photos pour publier et attirer l’attention des autres. De nos jours, nous créons chacun notre propre persona grâce aux réseaux sociaux, notamment Instagram. Et grâce au pouvoir fourni par les médias sociaux, nous pouvons parfois nous déconnecter complètement de la réalité, et parfois c’est le chemin le plus court pour répondre à nos besoins émotionnels.

Le film nous le montre à travers le personnage de Signe, qui vit cette tendance actuelle de façon exagérée. Mais ce qu’il veut vraiment montrer, c’est le besoin d’attention qui attend d’être satisfait quelque part en chacun de nous. Bien entendu, nous n’exprimons pas tous ce besoin de la même manière. Par exemple, dans le film Swallow, le personnage de Hunter tente de satisfaire son besoin d’existence en avalant des objets pointus qui lui font du mal. Bien qu’ils semblent contradictoires, ces deux films sont très intéressants pour montrer le parcours psychologique des personnages et faire réfléchir le public sur lui-même.

Restée seule après tous les événements qu’elle a vécus, Signe se rend compte que la seule chose qu’elle peut faire est de retourner vers elle-même. Elle tente de se soigner avec un groupe de thérapie, et à la fin, on entend Signe prononcer en larmes la phrase suivante : « J’aime vivre ». Nous réalisons que même si elle s’est physiquement détruite de ses propres mains, psychologiquement, elle a encore l’espoir de vivre.

Disponible à la demande sur la plateforme Univers Ciné

Titre original : Sick of myself

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Durée : 97 mn mn


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