Sage Femme

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Bel hommage à un métier magnifique, ce film est aussi une manière de mettre en valeur d´excellents comédiens.

Casting d’enfer

Malgré son titre sévère et peu engageant, ce film pourrait bien devenir la comédie dramatique de l’année. Ne boudons donc pas notre plaisir devant Sage femme, film à la fois populaire dans le bon sens du terme et profond, au casting parfait, ce qui ne gâte rien. En effet, le réalisateur Martin Provost qui nous avait habitués à un genre plus dramatique, revient ici à une comédie douce-amère dont le scénario est écrit sur mesure, en pensant aux trois interprètes principaux : Catherine Frot, Catherine Deneuve et Olivier Gourmet. Tous les trois lui ont spontanément dit "oui" et on sent qu’ils éprouvent un immense plaisir à jouer devant la caméra de Martin Provost. Pour est la première rencontre des deux Catherine, on peut dire que c’est une immense réussite. En créant deux personnages antinomiques (l’un rigide et l’autre extraverti) mais finalement complémentaires, Martin Provost a réussi à leur faire exprimer toutes les palettes de leurs talents : Catherine Frot, également actrice de théâtre, interprète ici le rôle de Claire, sage femme intègre, dévouée, mais un peu psychorigide. Sa vie va se transformer par le retour inattendu dans sa vie de Béatrice, interprétée par une Catherine Deneuve au sommet de son art, époustouflante de vérité, d’émotion et d’humour. A ce duo, s’ajoute le personnage d’Olivier Gourmet en homme libre qui préfère conduire des semi-remorques sur les routes du monde plutôt que de se sentir prisonnier. Sa touche personnelle, d’une toujours grande véracité, apporte un grain de fantaisie à l’univers, un peu trop rigide, de Claire. C’est la première fois qu’il rencontre Catherine Deneuve sur un plateau et l’alchimie a bien  fonctionné.  

Hommage à la vie

Ce film doit son titre au fait que Martin Provost ait voulu rendre hommage à Yvonne André, la sage-femme qui l’a sauvé à sa naissance en lui donnant son propre sang. Pour éviter les faux-semblants, Catherine Frot a dû faire un stage auprès d’un centre de formation afin de pratiquer elle-même les sept accouchements en direct que l’on voit dans le film. Compte-tenu de la la loi française qui interdit de filmer les bébés avant qu’ils aient trois mois, ces accouchements ont été filmés en Belgique avec, bien sur, l’accord des parents, d’où, sans doute, la coproduction du film. Cela s’appelle en fait pousser le réalisme jusque dans ses derniers retranchements.

La morale de l’histoire

Le film est un peu construit comme une fable, par exemple La cigale et la fourmi, de La Fontaine, avec une fin moins impitoyable. Une fourmi acharnée qui a élevé seule son enfant trouve un jour sur son chemin une cigale en fin de vie qui vient lui demander, non pas seulement l’aumône, mais un soutien car il se trouve qu’elle est très malade et qu’elle a besoin tout autant de réconfort que de se faire pardonner. C’est ce qu’on appelle, de nos jours, la résilience, en tout cas une forme. Depuis le début de ce texte, nous tentons par tous les moyens de ne pas pitcher le film ce qui, en la circonstance, réduirait bien l’attrait de cette histoire à la fois tendre, mélancolique et finalement pleine d’humour, ne serait-ce que par certaines situations et les interprétations de Catherine Deneuve et d’Olivier Gourmet. Comme nous l’avons dit, nous ne bouderons pas notre plaisir même si certains détails peuvent paraître un peu invraisemblables comme la cité de Mantes-la-Jolie où habite Claire ou encore certaines situations un peu abracadabrantes. Mais c’est un parti pris de narration qu’il faut accepter d’emblée pour se laisser emporter par cette splendide comédie. Nous laisserons le soin à Catherine Deneuve de donner le mot de la fin : « J’ai tout de suite aimé ce personnage, dès la lecture du scénario. J’ai ensuite rencontré Martin Provost qui parlait très bien de son film. Il y a chez lui une bienveillance qui m’a immédiatement séduite. », déclare-t-elle dans le dossier de presse. Vous aussi vous serez séduits par ce film surprenant et inattendu dans le paysage actuel du cinéma français.

Titre original : Sage Femme

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Durée : 117 mn


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