Quelques jours de répit

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Après La maison jaune, Amor Hakkar nous revient maintenant avec un autre thème et presque autant de puissance narrative. Difficile toutefois de donner un sens univoque à ce film tendre et modeste qui salue le retour de Marina Vlady au cinéma.

Outre le fait qu’il permet à Marina Vlady de reparaître à l’écran, le nouveau film d’Amor Hakkar est un petit bijou de modestie et de tendresse. On avait adoré ici même son film de 2007, La maison jaune  ; le cinéaste nous revient maintenant avec un autre thème mais presque autant de puissance narrative. Le sujet de Quelques jours de répit pourrait être les sans-papiers, qui ne sont pourtant pas l’épicentre du film. Ce pourrait être aussi un énième film sur l’homosexualité et pourtant, sans être un épiphénomène, le choix amoureux des deux protagonistes iraniens venus en France pour s’aimer librement ne donne pas non plus lieu à une plaidoirie – la relation entre les deux hommes est cependant tendue suite à leur fuite d’Iran et leur aventure française va les séparer pour finalement les unir encore plus profondément. Ce pourrait être aussi un film sur la solitude de la femme de plus de cinquante ans dans une petite ville française – en l’occurrence Saint-Claude, connue pour être la ville de la pipe –, qui découvre brusquement l’amour alors que rien ne l’y préparait, quitte à devenir finalement « héroïque » presque malgré elle.

Quelques jours de répit est en fait un film discret, abordant tous ces sujets l’air de ne pas y toucher, donnant à chaque personnage une épaisseur assez rare dans le cinéma contemporain. Ce pourrait être aussi bien un hommage à Jules et Jim, à travers en l’occurrence Hassan et Moshen qui s’aiment et se voient séparés par une femme solitaire et amoureuse, et finiront enfin par se retrouver au dernier moment pour aller mourir en Iran, lorsque les autorités françaises auront décidé de les extrader. Peut-être la force de persuasion de Yolande parviendra-t-elle à l’empêcher, peut-être que quelqu’un mourra, on ne sait pas. Le film se termine à la manière d’une vie dont personne n’est maître ni ne connait par avance l’issue. C’est tout cela qui donne à Quelques jours de répit un caractère intimiste, assez proche de la Nouvelle Vague, mais avec une forme narrative inventive et modeste, jouant avec les mots, les objets, les situations. Cependant, une petite maladresse empêche l’adhésion totale, surtout au début, du fait que les deux protagonistes iraniens parlent français entre eux. S’il est possible d’en saisir les raisons sur le plan technique, ce détail reste problématique sur le plan de la cohérence vis-à-vis de la situation.

Un film à voir en tout cas, asseyant durablement Amor Hakkar parmi les réalisateurs talentueux de notre époque, que l’on redécouvre ici en tant qu’acteur (il interprétait déjà le rôle de Mouloud, le père, dans La Maison jaune), aux côtés d’un Samir Guesmi à contre emploi des nombreux rôles clichés que le cinéma français commercial lui a offerts jusqu’à présent. L’acteur, qui a obtenu le Prix Michel Simon en 1996 au festival « Les acteurs à l’Écran » de Saint-Denis, déploie ici une nouvelle facette de son indéniable talent.  Belle prestation dans un film dont il contribuera , avec Marina Vlady, à asurer la nécessaire promotion.

Titre original : Quelques jours de répit

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Durée : 80 mn


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