Select Page

Quand Cannes fait son 64e Festival

Article écrit par

Rendez-vous est donc pris à Cannes, du 11 au 22 mai, boulevard de la Croisette.

Le festival de Cannes, pour la 64ème année consécutive, accueille un marché du film et des centaines de professionnels du cinéma. Réalisateurs, journalistes, acteurs, photographes, touristes, producteurs, fans, distributeurs, tous se réunissent autour de cet événement devenu le plus médiatisé au monde en matière de cinéma. Quelles seront les surprises de cette année ? Les principales attentes du festival ? Les nouveautés ? Focus sur la ville palmée, Yes we Cannes !

Euphorie cannoise

L’hiver est rude, à Cannes. Seules les petites mamies accompagnées de leur caniche se baladant dans les rues aux enseignes luxueuses, croisant à la sauvette des Russes ou des Chinois, nouveaux grands propriétaires des appartements en bord de mer. Et voilà que le mois de mai pointe le bout de son nez : tout se bouleverse. Le Palais des Festivals et des Congrès, à deux pas de la mer, commence son installation de titan. Tout doit être parfait. Du tapis rouge sur lequel les plus fameuses stars du grand-écran vont monter les marches aux salles dédiées aux projections, les organisateurs du Festival se préparent à l’événement cinématographique le plus médiatisé au monde. En chiffres, Cannes c’est plus de 25 000 professionnels accrédités, un budget colossal de 20 millions d’euros, presque 1 000 films présentés dans les différentes sections qui composent le festival… Bref, une hallucination numérique à la hauteur des attentes internationales autour de l’événement. Ce qui n’est pas pour déplaire aux commerçants, hôteliers, festivaliers et Cannois qui, pendant ces dix jours, profitent d’une activité en très forte hausse. Amateurs de calme et de tranquillité, s’abstenir !

« Révéler et mettre en valeur des œuvres pour servir l’évolution du cinéma, favoriser le développement de l’industrie du film dans le monde et célébrer le 7ème art à l’international. »


On pourrait se demander à quoi sert le festival ?
Divisés en plusieurs sections, le festival est avant tout un marché et une compétition. La « Sélection officielle » – c’est-à-dire les films présentés au moment du festival – met en compétition 19 films cette année, tout en s’étendant à la désormais incontournable section « Un Certain Regard », où des films originaux dans leur propos et leur esthétique sont montrés aux professionnels et journalistes du 7e Art. C’est aussi des films Hors Compétition : « Cannes Classics », projetant des chefs-d’œuvre en copies restaurées, cette année des hommages à Jean-Paul Belmondo, à l’Egypte – une première à Cannes – et une mise en relief de l’actualité récente. S’ajoutent à ces grandes sections la Cinéfondation de films d’école et une série de séances spéciales et de séances de minuit. A côté de la « Sélection officielle », la « Quinzaine des Réalisateurs » propose quant à elle une sélection de films de jeunes auteurs tou en saluant des œuvres de réalisateurs reconnus.

Vidéo Quinzaine des réalisateurs : http://vimeo.com/11519701

Impatience

Un des films les plus attendus cette année est The Tree of Life, de Terrence Malick. Sous la forme d’une odyssée de l’espèce, avec un casting haut de gamme (Sean Penn, Brad Pitt…), l’humanité est racontée de la Préhistoire au 20ème siècle, avec en trame de fond la quête perpétuelle d’un « Arbre de vie ». Brad Pitt, en bon père de famille, devra affronter cette année Le gamin au vélo des frères Dardenne, rarement repartis bredouilles du festival. Agé de 12 ans, Cyril recherche désespérément son père et finit par être accueilli par Samantha, personnage interprété par Cécile de France.

Face à la Belgique, l’Espagne, avec l’excellent Pédro Almodóvar, qui vient présenter en compétition La Piel que Habito. La Palme d’Or est peut-être pour cette année… Ça parle de chirurgie esthétique et de nouvelle peau, testée sur un cobaye. Suspense. Sont tout autant attendus Pater d’Alain Cavalier, avec Vincent Lindon, toute une série de questions sur le cinéma, la vie, le réel. Habemus Papam de l’indispensable Nanni Moretti s’inspire de l’actualité pour un film sur le Vatican et la responsabilité, la peur d’être pape, tandis que Melancholia de Lars von Trier célèbre le mariage et l’espace avec Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst.

A côté de ces grands réalisateurs, on note également en compétition officielle des petits nouveaux, tels que Maïwenn, qui vient présenter Polisse. Avec Karin Viard, Joeystarr ou encore Marina Foïs, la jeune cinéaste explore les coulisses de la police et use de son talent pour mêler histoires réalistes et préoccupations adolescentes. Sensible. Julia Leigh, réalisatrice australienne, vient présenter Sleeping beauty, qui, contrairement à ce qu’annonce son titre, promet de ne pas de nous endormir… Le Danois Nicolas Winding Refn (Le Guerrier silencieux) entre quant à lui en compétition avec son film Drive. Course poursuite et mafia, tout un programme…


THE TREE OF LIFE par Terrence MALICK

Des films, un jury

Comment sont sélectionnés les films présentés à Cannes ? Deux comités sont formés avant Cannes. Composé d’un journaliste, d’un réalisateur, d’un cinéphile et du président du festival, l’un fait d’une part une sélection de films étrangers, tandis que l’autre, similaire, se charge de la sélection française. Véritable travail d’experts, où chaque membre regarde plus de cinq films des jours, des semaines avant que la liste finale soit officiellement présentée. Quelques critères sont essentiels : le film ne doit pas avoir été présenté dans un autre festival et se doit d’avoir été fini au moins un an avant l’événement. La sélection, présentée un mois avant le jour J, peut s’agrandir. Cette année, le film The Artist de Michel Hazanavicieus avec Jean Dujardin, qui parie sur le muet, a été annoncé en compétition quelques jours seulement avant le début du festival.

Des décisions impartiales ? Les membres du jury – composé d’hommes et de femmes issus du 7ème art, mais aussi d’autres personnalités du monde culturel – après avoir vu les films, se doivent de garder leur opinion et coups cœurs secrets, pour délibérer ensuite de manière collective. De nombreuses controverses ont depuis toujours secoué le jury de Cannes, composé cette année encore de grands noms. Sur le banc des juges sont donc attendus auprès du Président Robert De Niro les actrices Uma Thurman et Martina Gusman, la productrice Nansun Shi, la critique littéraire Linn Ullman, le (charmant) acteur Jude Law et les réalisateurs Olivier Assayas, Mahamat Saleh Haroun et Johnnie To. Affaire à suivre…

La rédaction d’’Il était une fois le cinéma vous propose dès jeudi une couverture quotidienne du festival, où l’on tentera, c’est promis, de braver les foules de groupies, les 5 000 journalistes présents pour l’occasion, les centaines de photographes… Bonne lecture !

Les films en compétition officielle :

BIR ZAMANLAR ANADOLU’DA réalisé par Nuri Bilge CEYLAN
DRIVE réalisé par Nicolas WINDING REFN
HABEMUS PAPAM réalisé par Nanni MORETTI
HANEZU NO TSUKI réalisé par Naomi KAWASE
HEARAT SHULAYIM réalisé par Joseph CEDAR
ICHIMEI réalisé par Takashi MIIKE
L’APOLLONIDE – SOUVENIRS DE LA MAISON CLOSE réalisé par Bertrand BONELLO
LA PIEL QUE HABITO réalisé par Pedro ALMODÓVAR
LA SOURCE DES FEMMES réalisé par Radu MIHAILEANU
LE GAMIN AU VÉLO réalisé par Jean-Pierre et Luc DARDENNE
LE HAVRE réalisé par Aki KAURISMÄKI
MELANCHOLIA réalisé par Lars VON TRIER
MICHAEL réalisé par Markus SCHLEINZER
PATER réalisé par Alain CAVALIER
POLISSE réalisé par MAÏWENN
SLEEPING BEAUTY réalisé par Julia LEIGH
THE ARTIST réalisé par Michel HAZANAVICIUS
THE TREE OF LIFE réalisé par Terrence MALICK
THIS MUST BE THE PLACE réalisé par Paolo SORRENTINO
WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN réalisé par Lynne RAMSAY

Plus d’informations sur le festival

– Le site internet du 64ème Festival de Cannes.
– Le site de la Quinzaine des réalisateurs.
– Les bandes-annonces des films.


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Outrage

Outrage

Les six films d’auteur réalisés par Ida Lupino entre 1949 et 1966 traduisent l’état de « victimisation » dans lequel est maintenue
la femme américaine face aux défis de la reconstruction sociale de l’après-guerre. « Outrage » formalise, à travers l’esthétique du film noir, le trauma existentiel d’une jeune fille sauvagement violée. Poignant en version restaurée.