PUSH

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Comment profiter de la vague des films de super-héros tout en se démarquant des autres surfeurs…

L’histoire : depuis la seconde guerre mondiale et les progrès scientifiques (malheureusement) qui l’ont accompagnée, on assiste, chez une minuscule partie de la population mondiale, à l’émergence de facultés psychiques hors du commun. Télékinésie, voyance, don d’invisibilité… ces personnes aux pouvoirs surnaturels se dissimulent parmi nous en tentant de vivre une vie “normale”. Vous l’aurez remarqué, rien de très original pour le moment : Harry Potter, Heroes, et autres X-Men sont depuis longtemps passés par là. D’autant plus que depuis cinquante ans, une unité du gouvernement américain, appelée la Division, traque ces êtres “mutants” en vue d’expérimenter leurs pouvoirs (aucun n’est encore ressorti vivant du laboratoire), et de voir s’il ne serait pas possible de les utiliser à des fins militaires, diplomatiques et/ou politiques. Toujours rien d’incroyable là-dedans : le coup de la méchante armée désireuse d’exploiter les pouvoirs d’un gentil héros non belliqueux, on l’a vu cent fois. En l’occurence, le gentil héros s’appelle Nick, et il aurait bien voulu qu’on le laisse tranquille ; mais avec Cassie, c’est une armée de problèmes qui se présente à sa porte.

L’intérêt de Push ne réside pas dans ce point de départ narratif qui, vous l’aurez compris, semble plus ou moins téléphoné – la suite s’avèrera pourtant assez intelligente, mais bien plutôt dans le traitement du récit. Car le synopsis, on s’en rend vite compte, n’est au fond qu’une vague excuse, un prétexte, pour raconter, divertir en somme, prendre le cinéma comme fenêtre ouverte sur le rêve, l’évasion… et ce n’est pas un hasard si le film se passe à Hong-Kong. Comment ne pas penser à Blade Runner en voyant ces rues hyperactives, pleines de couleurs, de mouvements, de bruits, de vie…? Après Danny Boyle revisitant à l’indienne le polar occidental, voici un autre anglais, Paul McGuigan, qui transpose en Chine – avec tout l’exotisme que cela suppose – le film d’action fantastique.
Et cela fonctionne ! Car on sent bien que Push a été fait avec plaisir, avec un souci de s’amuser, d’amuser, même, et de le faire bien. Le talent de McGuigan se déploie avec brio lorsqu’il adopte, via le son et l’image, le tempo ultra-rapide de la vie hong-kongaise, trouant ça et là son patchwork filmique de trouvailles stylistiques excitantes, à l’instar de ces plans en super 8 (ajouts puissants d’authenticité, d’énergie…), ou les ralentis cinégéniques dont il est difficile de décrire ici l’effet onirico-poétique qui s’en dégage, tant ils surprennent dans le contexte.
De tout ce capharnaüm ne peut naître qu’une histoire compliquée, enchevêtrée, qui s’amuse à perdre le spectateur avec ses personnages. Les retournements de situation font penser au film noir, la complexité du récit (une fois qu’il a dépassé les clichés) rappelle les puzzles de Philip K. Dick. Les acteurs, là-dedans, s’en donnent à coeur joie, eux à qui l’on a confié des peronnages bien construits et très vraisemblables – car voilà l’une des forces du film : son envie d’ancrer le fantastique dans un monde très proche du nôtre. Le quotidien est fortement présent, les personnages sont humains, ils font des erreurs, prennent vite peur, et la frontière manichéenne d’Hollywood ne semble plus si stable, les gentils flirtant dangereusement avec le côté obscur, et réciproquement.

Push est un bon divertissement, prenant, excitant et rapide, dont les seuls défauts seraient peut-être la séquence du début, inutile, et la fin, trop rapide.

Titre original : Push

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Durée : 110 mn


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