Select Page

Pas très normales activités

Article écrit par

Premier film de Norman Thavaud, qui nous plonge dans des activités pas très Norman. Ou plutôt normales. Enfin on ne sait plus…

Paranormal Activity, c’est une saga américaine où de jeunes gens passent leur temps à filmer des phénomènes paranormaux dont ils se croient victimes. Pas très normales activités, c’est la parodie française de Paranormal Activity où un couple de jeunes gens passe son temps à filmer des phénomènes  paranormaux… pas très normaux, dont ils se croient victimes.

Phénomènes paranormaux « pas très normaux », qu’est-ce à dire ? Eh bien le paranormal, c’est un label qualité qui se mérite. Il y a comme des limites normatives qui bornent la qualification de paranormal. Dès qu’on franchit ces limites, on n’est plus dans le paranormal. Dès qu’on prend en dérision ces limites, on est dans la parodie. Exemples précis : un couple qui raconte l’histoire d’une maison hantée par ses défunts occupants : pas paranormal. Un couple dont la maison est hantée par ses défunts occupants : paranormal (parnormal normal pourrait-on préciser). Un couple dont la maison est hantée par un troupeau de cochons décimé lors de la crise de la grippe porcine : paranormal pas très normal. Besoin de faire Normale Sup pour comprendre ça ? Équilibre précaire entre paranormal, non paranormal, et paranormal pas très normal. Mises en abyme d’un genre qui puise sa richesse dans des peurs anthropologiques ancestrales.

C’est donc l’histoire d’Octave et Karine, un jeune couple normal qui décide de s’installer à la campagne. Ils sont assez vite troublés par des phénomènes étranges (le voisin muet au physique inquisiteur qui rôde chez eux, cette infâme odeur qui encercle la maison, ces boites de gâteaux mystérieusement englouties, et cætera).  Le récit les confrontera à une ubuesque vérité. Pour interpréter le héros, Norman Thavaud. « Le » Norman, celui d’Internet. Il est partout Norman, il cabotine allégrement, il frétille comme un jeune premier, il se démène pour faire vivre son personnage. C’est normal, c’est Norman. Pour lui donner la réplique, Séfi Celma, jeune actrice pas très connue et dont le personnage manque de souffle. C’est la nana un peu chiante en fait ; on n’a qu’une envie : lui mettre une paire de claques pour la détendre quelque peu. Mais ça aussi c’est normal.

La complicité entre les deux acteurs est le point le plus positif du film. Quelques scènes de comédie sont plutôt réussies et donnent un ton enjoué au récit. Malheureusement, on ne retiendra pas grand-chose d’autre. Le film ne trouve pas son rythme et la mise sous tension de l’histoire est complètement ratée. Pas très normales activités pèche essentiellement parce qu’il ne parvient pas à trouver sa voie, se perd quelque part entre comédie (voire comédie romantique), film de genre, parodie du film de genre et parodie de la parodie du film de genre. Au final, pas vraiment de rire, pas vraiment de suspense, pas vraiment de frisson, mais de l’ennui.

Dommage donc, l’idée n’était pas mauvaise, les comédiens plutôt en forme et la caméra de Maurice Barthélémy pas si maladroite. Bref, on évite le super nanar. Mais pour la grande comédie parodique, faudra repasser.

Titre original : Pas très normales activités

Réalisateur :

Acteurs : ,

Année :

Genre :

Durée : 90 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

Chronique d’un amour

Chronique d’un amour

Sortie en Blu-Ray et DVD le 5juillet. Premier long métrage de fiction de Michelangelo Antonioni, « Chronique d’un amour » renaît littéralement de ses cendres tel le phénix ; le négatif original ayant été détruit dans un incendie. Film mythique et embryonnaire, il amorce le thème essentiel de la
geste antonionienne : l’ennui engendré par l’inaptitude au bonheur. En version restaurée.

Le Désert rouge

Le Désert rouge

Sortie en Blu-Ray et DVD le 5juillet. Avec “Le désert rouge”, Michelangelo Antonioni décrit le symptôme d’un monde en mutation à travers l’aliénation de Giuliana, femme au bord de la crise de nerfs, qui ne l’appréhende plus que par le prisme des couleurs d’une névrose compulsive autant qu’obsessionnelle. Un premier opus en couleurs superbement remasterisées dans sa version restaurée 4K.

Bandits à Orgosolo

Bandits à Orgosolo

S’il est un chef d’œuvre à découvrir promptement, c’est bien « Bandits à Orgosolo » honoré en 1961 du prix de la meilleure première œuvre à la Mostra de Venise. Oeuvre circonstancielle, directe, poignante, tournée avec des non-acteurs dans leur propre rôle de composition de bergers mutiques. Western sarde, le film dégage cette authenticité palpable et palpitante
qui ne tombe jamais dans le mélo sentimental ou compassionnel. Distribué par Carlotta en version restaurée…