Ma Louisiane (Louisiana story)

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Louisiana Story, un film réalisé en 1948 qui, dans le contexte de l’époque, a du être un ovni, où la narration s’incline devant une esthétique contemplative et une célébration de la beauté du monde… Il s’agit de la commande d’une compagnie pétrolière. Le film raconte la cohabitation, dans un grand marais de Louisiane, entre une […]

Louisiana Story, un film réalisé en 1948 qui, dans le contexte de l’époque, a du être un ovni, où la narration s’incline devant une esthétique contemplative et une célébration de la beauté du monde…

Il s’agit de la commande d’une compagnie pétrolière. Le film raconte la cohabitation, dans un grand marais de Louisiane, entre une barge de forage pétrolière avec son personnel ouvrier, et des autochtones acadiens (parlant un français campagnard) qui vivent au bord. Les premiers sont des produits de la civilisation, ils travaillent pour une entreprise moderne et vivent de salaires, ils maîtrisent le fonctionnement d’une machine ; les seconds font partie de l’écosystème du marais et vivent de la pêche, de la chasse, de la vente de peaux crocodiles, ils connaissent parfaitement leur environnement.

Directeur de la photo, Richard Leacock nous offre des images brillantes. Chatoiement des lumières et des ombres sous les feuillages, reflets, ondulations de l’eau, la nature y est filmée comme un émerveillement visuel, l’œil vibre. On se régale aussi des images de la barge, où le travail des ouvriers est un véritable poème visuel.

La barge de forage, ses nuages de fumée, ses bruits de moteur, sa haute silhouette industrieuse d’acier, au beau milieu d’un marais sauvage, baigné de silence, où la faune et la flore rivalisent de beauté… choque. Du moins, un Homme du 21ème siècle est normalement choqué, tant les deux entités diffèrent et s’opposent dans notre pensée contemporaine. Dans l’inconscient collectif actuel, le pétrole est un symbole de la domination de l’Homme sur la nature, et de sa destruction : voitures, autoroutes, gaz à effet de serre, marée noire, etc. Tandis qu’en 1948, les machines vivent toujours leur heure de gloire par leur participation à la libération de l’Homme, et le pétrole est l’énergie qui les fait fonctionner. Louisiana Story est l’histoire de la relation enthousiaste et harmonieuse qui se tisse entre deux mondes : autochtone et nature – ouvriers et machine à forer le pétrole.

En cela, on peut estimer que le film a vieilli sur le plan des valeurs. On apprend ainsi que des milliers de tonnes de pétrole et de sel se sont déversés dans le marais pendant dix jours avant que les ouvriers ne colmatent victorieusement la brèche, mais … le marais, sa faune, sa flore, n’en subissent aucune conséquence, les crocodiles continuent à jouer les troncs d’arbre, les papillons volent, seule la barge est salie. Aujourd’hui on est plus renseigné sur une telle interaction, sur les méfaits potentiels d’une catastrophe pétrolière de cette ampleur sur écosystème.

Cependant, Louisiana Story souffre également d’un problème cinématographique lié au montage, pour deux raisons. Le rythme : les plans ne durent pas suffisamment, comme si on coupait une respiration en plein essor, ce qui est particulièrement pénalisant dans un film de célébration visuelle, de contemplation. Et la structure narrative des séquences : des plans redondants, ainsi qu’un enchaînement souvent brouillon des plans font qu’on se perd dans le fil des séquences.

Titre original : Louisiana story

Réalisateur :

Acteurs : ,

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Genre :

Durée : 77 mn


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