Lumière pâle sur les collines

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Une histoire précise et efficace du Japon depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale à travers la terrible blessure de Nagasaki.

Adapté du roman de Kazuo Ishiguro

Adapté du roman éponyme paru en 1982 de Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature en 2017, le nouveau film de Kei Ishikawa magnifiquement interprété par des actrices, Suzu Hirose et Fumi Nikaido auxquelles on peut adjoindre Yō Yoshida et Camilla Aiko, dignes de Mizoguchi, dans une lumière et une photographie impériales dues à Piotr Niemyjski fait mouche. Moins étrange que son précédent long-métrage sorti en 2022, A Man, Lumière pâle sur les collines, de facture presque académique, propose une histoire précise et efficace du Japon depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale à travers la terrible blessure de Nagasaki d’où viennent les personnages féminins du film. Un terrible choc pour ce pays allié jusqu’au bout des nazis, irradié par les Américains, et obligé de survivre à travers tradition et modernité.

Lendemain de guerre à Nagasaki

Le film raconte la saga d’un couple au lendemain de la guerre, à Nagasaki, lorsque la bombe a tragiquement détruit sa ville et son avenir, alors que la jeune femme était enceinte. Ce récit à plusieurs strates, qui englobe à la fois le mari difficile de la jeune et belle Etsuko, son beau-père s’incrustant dans leur intimité et son amitié pour une farouche et indépendante voisine, Sachiko, élevant seule sa fillette, et rêvant de fuir le Japon pour l’Amérique avec son amant Franck. Sous l’apparente simplicité de ce récit se cache un drame familial qu’on devine peu à peu derrière les strates du récit et c’est ici que le film rejoint quelque peu l’ambiance du film précédent, A Man.

A la recherche du passé

Se situant sur deux lieux complètement différents, le Japon et l’Angleterre, et à des époques complètement différentes, les années 1950 et les années 1980, le film dresse un portrait en demi-teinte et labyrinthique de deux femmes, Etsuko et sa fille Niki laquelle, patiemment, en fouillant dans le passé, les lettres et les photos de sa mère, parviendra à dénouer le fil d’Ariane qui la conduit à son histoire et à celle de sa sœur Keiko récemment suicidée. Un magnifique film qui laisse des traces longtemps après l’avoir vu ne serait-ce que pour, à son tour, dénouer tous ces nœuds enchevêtrés.

 

Titre original : Tōi Yama-nami No Hikari

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Durée : 123 mn


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