Les U.S.A. contre John Lennon (The U.S. vs. John Lennon)

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All we are saying is give peace a chance.

« Let me tell you now
Everybody’s talking about
Revolution, evolution, masturbation,
flagellation, regulation, integrations,
meditations, United Nations,
Congratulations.
All we are saying is give peace a chance.
»

Paroles et musique de John Lennon, pour un refrain qui, en plus de rythmer, bercer et porter le film, reflète le combat qu’a mené l’artiste, sujet central de ce documentaire. Documentaire à la forme assez peu révolutionnaire, si l’on s’en réfère à son propos ; l’alternance entre interviews figées et images d’archives souvent illustratives n’a, en effet, guère d’intérêt cinématographique. Pourtant Lennon, la musique, la révolte prennent le pouvoir, comme ils l’avaient pris jadis.
 
Riches d’interviews passionnantes et passionnées, les réalisateurs ont rencontré les acteurs et les témoins de la lutte de John Lennon contre la guerre au Viet Nam. Les détails, les anecdotes, les jugements des intervenants (citons entre autres Yoko Ono, John Sinclair, David Peel, Angela Davis, Robin Blackburn, Noam Chomsky…) se succèdent un peu vite. Si l’on savait que Lennon était « l’intellectuel » des Beatles et qu’il était un artiste engagé, c’est sans se douter de quelle manière, et des conséquences sur sa vie. Comment imaginer être en danger de mort, alors que l’on mène un combat pacifique contre une guerre absurde ? Lennon, avec ses chansons et ses discours, que beaucoup taxaient d’utopistes et de naïfs, a pourtant fait trembler les autorités américaines. Il semble qu’aucun artiste n’ait suscité autant d’engouement pour une cause aussi tragique et politique. Notons aussi que les témoins interrogés, qui étaient pour la majeure partie partisans de la paix, sont toujours engagés ; l’un d’entre eux dira « Lennon c’est la vie. Nixon et… Bush c’est la mort », il semble en effet important de le rappeler.
 
En plus de l’intérêt historique que propose le film, les images de Lennon fortes de nostalgie de par leur qualité et leur sujet, dégagent un personnage tout à fait intrigant. Elles ne nous révèlent pas qui était Lennon, mais elles font toutefois la lumière sur les facettes un peu méconnues ou oubliées du chanteur ; il se révèle en effet drôle, cynique, auto-critique, amoureux. Yoko Ono est, dans chaque plan, aux côtés de Lennon, discrète et attentive ; les auteurs ont d’ailleurs jugé bon de rappeler quelle artiste reste la dite muse du musicien.

Le film va chronologique, le drame conclut donc l’affaire ; après s’être battu pour obtenir la « carte verte », et avoir vécu 5 ans la paternité, son assassinat sonne comme l’avant dernière note. La dernière restant, à jamais, celle de ses chansons pour la paix.

« De tous les documentaires qui ont été faits sur Lennon c’est celui qu’il aurait préféré » dixit Yoko Ono. Même si la forme un peu douteuse du film freine l’enthousiasme qu’il aurait pu susciter, il est important de rappeler qu’un artiste quel qu’il soit est, de toutes les façons, engagé. Reste à savoir pour qu’elle cause. John Lennon, lui, le savait.

Titre original : The U.S. vs. John Lennon

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Durée : 100 mn


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