Les Ailes Pourpres (The Crimson Wing)

Article écrit par

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les flamands sans oser le demander est enfin révélé ! Un documentaire animalier surprenant et saisissant, qu’il faut prendre le temps de savourer avec délectation…

Dans la série « trooop mignoon ! », Disneynature nous réserve, en cette fin d’année, un joli cadeau de Noël tout doux, tout rose, tout chou. Les ailes pourpres, le mystère des flamands est un documentaire animalier tourné au nord de la Tanzanie, et plus précisément au lac Natron, berceau d’un million de flamands. C’est dans cet univers hostile et particulièrement isolé que les petits naîtront et feront leurs premiers pas. Il fallait la passion de toute une équipe et le talent des réalisateurs Matthew Aeberhard et Leander Ward pour mettre en images ce spectacle hors du commun, qui couvre l’étendue des nuances de pourpre. De la discrétion aussi, afin de laisser la nature faire son travail, et de ne pas perturber l’évolution logique des choses : les plus faibles des petits flamands ne peuvent survivre, c’est ainsi, ils seront dévorés sauvagement par un prédateur, ou privés de leurs forces par manque de nourriture. Cruauté du monde…

Partant de la rencontre des parents jusqu’à l’indépendance du petit flamand, Les ailes pourpres, le mystère des flamands invite au voyage et offre le plaisir de la découverte. Les images, somptueuses, mettent en immersion dès les premières secondes, tant et si bien qu’il est facile de sentir la douceur des pelages et la dureté du lac salé. Les flamands, acteurs malgré eux, marquent par leur grâce naturelle. Le ballet ne cesse jamais totalement : chaque mouvement est une arabesque, chaque cri est un chant. Dans un décor tantôt martien (les teintes chaudes du sol et de l’atmosphère font immédiatement penser aux quelques images connues de la planète rouge…), tantôt lunaire (les nids de sel ressemblent à de petits cratères), la danse des flamands se pare de magie et d’irréalité. La nature façonne ses chefs-d’œuvre, discrètement, dans des lieux reculés du monde, comme pour les préserver des regards trop voyeurs des êtres humains.

   

Le scénario s’écrit au fil de la vie, l’histoire se dessine avec chaque bec et se modifie après de nouvelles envolées. Quelques commentaires en off (dits par Zabou Breitman dans la version française), agrémentent de temps à autres les images, ni trop, ni trop peu… Mais la grande prouesse sonore de ce documentaire réside dans la musique originale, créée par le Cinematic Orchestra, entre jazz et classique, entre contemporain et électronique. Collant avec perfection à chaque battement d’ailes, les notes semblent sortir de terre, comme les petits flamands lorsqu’ils viennent au monde. Les ailes pourpres, le mystère des flamands est un documentaire éducatif, instructif, touchant, qu’il est aisé de conseiller aux enfants… mais aussi à leurs parents !

Titre original : The Crimson Wing

Réalisateur :

Acteurs :

Année :

Genre :

Durée : 75 mn


Partager:

Twitter Facebook

Lire aussi

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

La ragazza di Bube : une leçon d’humanité

Dans l’arrière-pays toscan à peine libéré du joug fasciste, un lien indéfectible se noue entre le jeune partisan Arturo dit  » Bube » , le vengeur, et Mara, jeune sauvageonne en mal d’amour. Dans les convulsions et les remous politiques de l’ immédiat après-guerre, Luigi Comencini filme le passage à l’âge adulte de la jeune paysanne immature. Ballotée par des événements qui la dépassent, elle prend brusquement conscience de sa nature profonde. C’est aux côtés du maquisard qu’elle va forger une expérience désabusée de la vie. Relecture actualisée..

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

Nuit et Brouillard ou comment convoquer l’indicible

A revoir « Nuit et brouillard », le documentaire d’Alain Resnais nous plonge dans une sidération honteuse. Les images de déshumanisation génocidaire hantent sans répit notre mémoire et convoquent notre mauvaise conscience collective. Elles sont le contrepoint du plaidoyer élégiaque en faveur d’une paix universelle que sous-tend la sublime prose littéraire de Jean Cayrol, écrivain-poète et résistant déporté à Mauthausen en 1942. Le présent des ruines et de désolation est le pendant d’un passé tragique qu’il s’agit de raviver douloureusement pour le tirer de l’oubli terminal. Dix ans après la découverte de l’ampleur victimaire de la « solution finale » sciemment élaborée par les dignitaires nazis, la mobilité contemplative des travellings parcourant les vestiges de la machine concentrationnaire vient contrebalancer la stase des charniers de cadavres amoncelés ad nauseam et déblayés par les bulldozers dans un précipité hallucinant. Relecture de ce documentaire fondateur à l’aune de notre regard rétrospectif contemporain..