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L’envolée

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Filmer au plus près une jeune gymnaste quand sa vie chavire vers la liberté.

Les incertitudes de l’adolescence

Quand on demande à Eva Riley, présente d’ailleurs au festival du Premier Film à Annonay en février, pourquoi elle a choisi de réaliser L’envolée comme premier film, elle répond : « Je voulais faire un film qui puise dans l’énergie de la jeunesse. Les nouvelles expériences, les incertitudes et la ténacité de l’adolescence sont les idées et les émotions qui ont guidé mon envie de premier long métrage. » C’est d’ailleurs bien ce qui ressort de ce premier long-métrage en effet, mais avec toutefois une impression de déjà-vu même si les deux acteurs principaux du film, notamment la jeune gymnaste Frankie Box, sont épatants. Il faut dire que le sujet de la gymnastique en salle, les jeunes corps et la beauté de l’image dans des cadres parfois bucoliques font beaucoup pour l’esthétique du film qui rappelle souvent Billy Elliot de Stephen Daldry (2000) et même parfois l’atmosphère propre à Ken Loach, entre désespoir et joie de survivre.

 

Comprendre la confiance intérieure

Ici point de danse, mais la gymnastique en salle pour laquelle la réalisatrice avoue avoir une sorte de passion jusqu’à la placer au coeur de son film et non comme décor ou anecdote. En effet, les jeunes gymnastes sont obligés de s’entraîner beaucoup et ce sport devient presque une nécessité de survie et il se trouve que, au moment où commence son film, la jeune Leigh est sur le point d’abandonner au moment où un demi-frère qu’elle ne connaissait pas est entré dans sa famille et, du coup, dans sa vie en la déstabilisant. « J’ai cherché à comprendre plus en profondeur la confiance intérieure dont une gymnaste a besoin pour faire chanter sa chorégraphie avec émotion et expression, déclare Eva Riley dans le dossier de presse du film. J’ai visité de nombreux clubs de gymnastique, assisté à beaucoup de compétitions. J’ai discuté avec des dizaines de jeunes gymnastes de leur relation à leur sport. »

 

 

Choisir de s’envoler

Mais en fait, il s’agit plus d’un film sur l’amour et le désir au finale que sur ce sport difficile à filmer puisque, à la fin, la jeune Leigh semble choisir plutôt la liberté symbolisée par cette escapade en moto avec son demi-frère dont elle s’est finalement éprise, d’où le titre du film très évocateur. Mention spéciale aussi au jeune Alfie Deegan qui campe un magnifique Joe et qui n’est pas non plus un acteur professionnel. Il était menuisier au moment du film et est entré dans le casting lorsqu’il a découvert une annonce dans le club de boxe de sa petite amie. C’est un joli premier film, même s’il n’a pas trouvé vraiment sa voie, et même s’il demeure encore un peu timoré. Mais on peut espérer qu’Eva Riley trouvera maintenant d’autres sources d’inspiration qui exploiteront mieux ses capacités de cinéaste. Elle travaille en effet sur la préparation de son deuxième long-métrage The Circle dont le tournage commencera bientôt sous l’égide de 45 Years production.

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Durée : 83 mn


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