La Communauté du feu rouge

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Premier film raté sur les marginaux de Bogota

On n’hésiterait pas à qualifier La Sociedad del Semaforo de pénible, au mieux de déplaisant et d’ennuyeux, s’il ne s‘agissait pas du premier long métrage d’un jeune réalisateur – le Colombien Ruben Mendoza -, sûrement très sympathique et qui a encore tout le temps devant lui pour faire ses preuves. Pourtant cette communauté du feu rouge est une belle idée sur le papier, un scénario dans une veine naturaliste et qui plus est se déroule dans la capitale d’un des pays les plus violents au monde (la Colombie) – pays dont nous connaissons, ici en Europe, très peu la production cinématographique. Mendoza part d’une habitude de marginaux de Bogota de se rassembler durant les quelques secondes que dure le feu rouge à un carrefour pour assurer leur survie en mendiant, chacun déployant ses dons qui de jongleur, qui de cracheur de feu – d’autres quêtant, tout simplement. Raul, principal personnage du film, est un paysan déplacé par violence dans la ville. Il s’entête à vouloir contrôler la durée du feu pour que ses amis aient le temps de mendier.

C’est une belle idée donc, ce désir de prolonger de quelques secondes la durée du feu rouge ; ce feu, synonyme de la vie même de tous ces marginaux. On voit bien l’intention que Mendoza poursuit dans ce film. Montrer la très grande misère urbaine de Bogota à travers une petite communauté d’individus, d’amis, qui s’accrochent à ce carrefour comme à une bouée de sauvetage. Pourtant, à aucun moment le film ne transmet une quelconque émotion, ni même d’idée convaincante du délire, de l’anarchie dont le réalisateur voulait imprégner certaines séquences. Aucune émotion ne passe. Mendoza s’attache à décrire le monde du recyclage et son versant mortifère : le Bazuco, drogue bon marché qui fait des ravages. Le réalisateur déclare avoir trouvé de la joie, lors de la préparation du film, là où il ne pensait trouver que de la tristesse, et là ou il pensait trouver de la peur et de la soumission, avoir vu du courage et de la révolte. Cette découverte n’apparaît cependant jamais à l’écran. Les caractères ne sont jamais bouleversants et ce malgré des acteurs tous non professionnels qui vivent dans la rue. Un faux rythme lent et une mise en scène médiocre gâchent aussi un sujet qui aurait pu devenir un bon film et surtout un magnifique documentaire.

Titre original : La Sociedad del Semaforo

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Durée : 104 mn


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