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Festival de cinéma « A hauteur d’enfant »

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C´est beau parfois de s´adonner à certaines nostalgies, de s´aventurer dans les recoins de notre mémoire et de tenter de se remémorer toutes ces oeuvres qui surent nous regarder. A hauteur d´enfant, c´est un peu cela et c´est déjà beaucoup.

Du 16 février au 01er mars, dans la ville de Sevran, quelques films assez merveilleux seront projetés. Des bouts de pellicule qui continuent depuis des décennies à donner un peu de sensation à des regards nouveaux ou anciens. Dessiner une sensation, c’est une belle idée. Les films sont là pour nous convaincre que tout n’est pas encore perdu, même si les victoires se font de plus en plus rares. Une œuvre telle que L’enfance nue est là pour nous rappeler que Pialat avait raison. Sur quoi ? Sur la notion d’art. Pialat était simplement un être humain qui avait la fâcheuse tendance d’avoir la gueule ouverte là où l’on s’y attendait le moins. Ses films eurent le mérite de montrer en toute simplicité un monde ordinaire dans lequel évoluaient des personnages extraordinaires. Ses images résumaient en quelques titres tous les éléments de contradiction, toutes ces petites tâches de réalisme qui venaient heurter nos regards vierges ainsi que tous ces instants de vie qui se font et se défont tel une valse à mille temps.

Plus loin, un Truffaut et non des moindres : Les 400 coups. Envie de le montrer. A qui ? D’abord à des enfants, les vôtres, les nôtres. Puis insister sur le jeune Léaud, sur cette course effrénée de la séquence finale et qui apporte un peu de poésie dans ce paysage triste et sombre que représente souvent la période de l’enfance. Oui, pleurer et rire, telles sont les armes des cinéastes pour filmer sans artefact le bonheur des quotidiens rêvés. Entre Libero (fraîcheur exquise qui nous provient d’une Italie sensible) et Jesus Camp (documentaire tragique et édifiant sur les extrémistes religieux américains), c’est le petiot qui se retrouve emballé, émerveillé et évidemment enregistré.

Toute une liste de preuves visuelles qui nous rappellent, cinéphiles et néophytes confondus, qu’il est toujours temps de se lâcher et de rêver. Caresser des souvenirs sans sombrer dans une psychologie de bazar, (re)découvrir un homme, un artiste et poser la question : "c’est qui ?" Alors, la réponse sera longue, mais belle : ce petit homme trapu, bourru comme pas deux, qui rouspétait sans cesse pour la beauté de son art, qui s’enflammait pour une brindille de magnificence picturale, qui virevoltait pour effleurer le réel par petites touches ludiques, ce mastodonte du cinéma avait un cœur simple. Il a fermé les yeux. Il est reparti pour un autre monde, plus onirique et sans doute plus sain.

Révérence !

Au programme des longs métrages : Libéro (Italie), Kamchatka (Argentine), L’enfance nue (France), Mon ami Machuca (Chili), L’Italien (Russie), Comment j’ai fêté la fin du monde (Roumanie), Viva Cuba (Cuba), Jesus Camp (Etats-Unis), Camera Kids (Etats-Unis), Le Ballon Rouge + Crin Blan (France), Les quatre cent coups (France), On dirait que… (France).

Les courts métrages : Lune (France), Le jeu (Mauritanie), C’était pas la guerre (France), Petite lumière (France), La petite fille en colère (France), L’exposé (France), Les éléphants n’oublient jamais (Vénézuela), A bras le corps (France), Graine au vent (France), Amal (Maroc), Lis-moi ma lettre (Philippines), sans oublier les 4 courts métrages sélectionnés par les participants de l’atelier programmation qui rejoindront la programmation officielle !

 


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